L'islam, modèle extrême du totalitarisme religieux

La conjoncture, à savoir le triomphe de l'islam en Afghanistan et le procès du Bataclan, m'oblige à examiner à nouveau le totalitarisme religieux que constitue l'islam dans son fond. Mais il n'est que le forme extrême et actuelle d'un totalitarisme qui a affecté toutes les religions dans le passé. Sauf qu'elles se sont adoucies politiquement, ce qui n'est pas le cas de l'islam!

                                              L’islam, modèle extrême du totalitarisme religieux

Je m’étais promis de ne plus intervenir sur la question de l’islam, pour ne pas me répéter et susciter à nouveau des réaction hostiles, sinon agressives, liées à l’incompréhension ou à l’aveuglement, voire à des calculs politiciens à gauche. Mais ce qui se passe ces temps-ci m’oblige à y revenir, j’espère une dernière fois. Deux choses, donc.

D’abord l’abominable restauration d’un islam intégriste, sinon intégral, tout simplement, en Afghanistan : application de la charia pour l’essentiel, qui supprime la souveraineté du peuple, dogmatisme religieux intransigeant, refus du pluralisme idéologique et donc de la laïcité, violences faites aux incroyants et, pire si l’on peut dire, domination sur les femmes par les hommes au prix même de violences là aussi, et refus de leur accorder des droits élémentaires sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme, que notre République proclame.

 Ensuite, il y a le procès des auteurs des attentats du Bataclan : près de 300 morts tout de même, plus les victimes indirectes : blessés, deuils familiaux, traumatismes psychologiques. Or lors du premier jour de ce procès, on a entendu la premier accusé non pas plaider en quoi que ce soit coupable ou tenter de trouver des excuses « subjectives » à sa responsabilité « objective », mais assumer totalement ses actes de cruauté au nom de l’islam lui-même, le vanter absolument sans le moindre signe d’un regret que la bonté humaine aurait pu lui inspirer.

Or, je dois le dire sous peine de manquer à mes devoirs d’intellectuel de gauche, de conviction communiste au surplus, il y a là un plaidoyer qui non seulement n’avait pas sa place dans cette situation, mais qui est le témoignage d’une double aliénation :  1 Aliénation   idéologique, en priorité, liée à son appartenance à un courant religieux omniprésent dans des pays arriérés, bien que dominés par des oligarchies aujourd’hui économiques et financières, et qui est inconsciente d’elle-même, par définition (je renvoie ceux qui ne comprennent pas cela à la définition théorique de l’idéologie ; 2 Mais il y là aussi, je me résous à le dire, quitte à déplaire, une aliénation proprement psychologique qui permet à des pulsions mortifères et névrotiques, sinon psychotiques, de s’expriment sous la forme de croyances religieuses littéralement délirantes. Pour ceux qui ne seraient convaincus par ce diagnostic, je les renvoie à l’analyse que Freud à faite des illusions religieuses dans L’Avenir d’une illusion en les rapportant à un psychisme immature et, tout autant, celle qu’il a faite de certains rituels maniaques dans lesquels il décèle des symptômes obsessionnels. Où est le dogmatisme ou la malveillance théorique ici ? Il s’agit de comprendre et de faire comprendre que nombre de croyances et de comportements religieux ne sont pas normaux, ils sont maladifs et font le malheur de leurs auteurs…sans compter celui de ceux à qui ils veulent les imposer. Et il s’agit de les aider à en sortir, par simple humanisme.

Disant cela, j’ai aussi avec moi, même si c’est sur un autre mode théorique, toute la grande philosophie des Lumières, et il se trouve alors que je parle des religions en général. C’est l’occasion de replacer ma critique de l’islam dans le contexte d’une critique globale des religions qui a donc caractérisé la grande philosophie rationaliste et progressiste du passé. Cela me permet d’insister sur ce que le titre de ce billet indique : le totalitarisme islamique (et pas simplement islamiste) n’est que la forme extrême (oui : extrême) d’un totalitarisme qui a caractérisé toutes les religions dans le passé – j’entends donc les deux autres religions du Livre, comme on dit : chrétienne, avec ses variantes et ses sectes, et judaïque. Je ne veux pas entrer dans une analyse anthropologique des religions que j’ai livrée ailleurs dans un livre, mais revenir sur le dogmatisme insupportable dont elles ont fait preuve dans l’histoire – dans l’histoire passée il est vrai, contrairement à l’islam actuel : elle se sont apaisées et humanisées (si je puis dire) aujourd’hui – ainsi que sur les violences,  souvent meurtrières, dont elle ont été les actrices.

S’agissant du dogmatisme et de la violence il suffit de se souvenir de la manière dont les savants, et donc la science à travers eux, ont été condamnés : non seulement intellectuellement mais concrètement : Bruno brûlé en public à Rome pour avoir contesté l’idée catholique d’un « monde clos » imposée par le dogme officiel ; Galilée ensuite, maintenu en vie, lui, mais « soumis à la question » et interdit de publication pour avoir assumé la thèse copernicienne et antichrétienne   de l’hélio-centrisme  ; Darwin enfin, dont la théorie de l’évolution, contraire à la Bible, fut refusée jusqu’à la fin du 20ème siècle et ne fut acceptée qu’en en excluant l’esprit humain ! Et plus largement, quand la tolérance fut préconisée par John Locke en Angleterre, au 18ème siècle, pour mettre fin aux innombrables sectarismes interreligieux qui rongeaient son pays, et ce dans son Traité de la tolérance, il faut savoir que cet appel courageux à la tolérance tous azimuts s’arrêtait à la porte de… l’athéisme, qui devait être interdit, comme dans le Coran ! Qui ose rappeler cela ?

On laissera de côté les guerres de religions, atroces, à la sortie du Moyen-Âge et qui contredisaient à la fois le précepte évangélique » Tu ne tueras point ! » et la définition de la religion censée « relier » les hommes entre eux, alors qu’elle n’a cessé de les opposer, sans compter son appui aux pires régimes politiques dictatoriaux du 20ème siècle ! Mais pour terminer ce bref rappel qui interdira, je l’espère, qu’on m’accuse de me focaliser sur l’islam (actuel), je voudrais seulement indiquer à quel point la religion catholique a pu être, elle aussi, politiquement totalitaire, en France même et, en l’occurrence au 19ème siècle, avant l’instauration de la 2ème République. Eh bien, tout simplement, dans l’enseignement secondaire et à l’Université, sous Victor Duruy et avec la complicité du philosophe spiritualiste Jules Lagneau, le matérialisme était interdit d’enseignement et il n’y avait donc pas de philosophes matérialistes dans les lycées et à l’Université – ce dont les autorités politiques se félicitaient publiquement ![1] A quoi on ajoutera, pour faire un saut « anecdotique » dans le temps, mais qui est symptomatique de notre époque économiquement libérale,,  les dérives autoritaires, sinon liberticides, du gouvernement polonais actuel, sous la domination d’une droite quasi-fascisante et influencée par un Eglise très à droite, hostile à la liberté des mœurs ! Mais on pourrait en trouver d’autres exemples ailleurs en Occident. Comme quoi l’islam n’a rien inventé, mais il a du mal, lui, à intégrer le normes de la laïcité et de la libre pensée, rationnelle et raisonnable, et il demeure enfermé dans son atrocité doctrinale et pratique, même si ses adeptes ne la partagent et ne l’exercent pas, dans leur grande majorité, en tous cas dans nos nations occidentales..

C’est ce que je voulais faire entendre alors qu’une large partie de la gauche est coupable d’une inexcusable complaisance à l’égard des religions, islam compris donc. Comment (re)construire un avenir de progrès humain sur la base d’une pareille complaisance ?

                                                                 Yvon Quiniou

[1] Voir sur ce point l’ouvrage très documenté du regretté Lucien Sève, La philosophie française et sa genèse de 1789 à nos jours (Editions sociales) et ce que j’en dis dans mon récent livre Critique de l’idéalisme philosophique (L’Harmattan).

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