L'islam, religion de paix et d'amour? Une imposture

L’islam, religion de paix et d’amour ? Une imposture 

Je reviens à nouveau, vu la situation terrible de barbarie que nous connaissons, sur la question des rapports de l’islam avec l’amour du prochain, donc avec la paix. Je ne répondrai pas aux objections, même si j’en souhaite, tant je suis certain de ce que je vais affirmer, et j’aimerais seulement que E. Plenel, islamophile devant l’Eternel, me lise, à défaut de me répondre, et qu’il fasse son autocritique honnête. Ce qui suit a été motivé par une déclaration d’un iman affirmant que l’islam est une religion de paix dans le journal Ouest-France de ma région (journal de grande qualité, au demeurant). Cette affirmation, suivie en général de l’idée qu’elle est aussi une religion d’amour, reprise aveuglement par tous les médias pour ne pas exacerber les tensions culturelles actuelles, prétend s’appuyer sur le verset 32 de la sourate V du Coran  (Ed. La Pléiade) que j’ai lu(e) avec attention – comme j’ai lu avec la même attention bien des sourates et des versets du même Coran où la violence est en question (voir l’un de mes précédents billets, qui m’a valu  injustement beaucoup d’injures).

Eh bien, cette affirmation est totalement fausse et son énonciation relève de la plus totale hypocrisie, dont la motivation est purement tactique et politique. Le verset en question est, il est vrai, magnifique en lui-même, affirmant que (je cite) « celui qui a tué un homme, qui lui-même n’a pas tué ou qui n’a pas commis de violence sur la terre, est considéré comme s’il avait tué tous les hommes ». Enoncé moral impeccable donc, qui rejoint la morale universaliste telle que Kant l’a formulée, sauf qu’il admet implicitement la mise à mort des criminels ou des auteurs de violences (voir la sourate 33 qui suit, parfaitement explicite). Mais surtout, cet impératif moral n’a rien ici, comme ailleurs (j’y reviendrai) et contrairement aux apparences, d’universel, à l’inverse de l’amour chrétien du Nouveau Testament : il ne concerne, dit le préambule du verset, que les « fils d’Israël », et l’on sait que l’islam ne prétend dépasser la religion juive qu’en l’intégrant comme une partie de son patrimoine spirituel – ce qui  fait qu’il ne considère pas les juifs comme de véritables étrangers. Cela veut dire que cet interdit du meurtre ne vise que ceux qui font partie de l’umma, de la communauté des croyants, entendue ici au sens large.

Conséquence, logiquement impitoyable pour l’islam et que tous les autres textes du Coran confirment : l’amour et la paix qu’il préconise impérativement n’ont de sens qu’au sein de cette même communauté des croyants, de cette même umma, fondamentalement restrictive ou particulière, et non universelle, même si elle prétend à terme le devenir. Et c’est le contraire exact de l’amour ou de la paix qu’il impose à l’encontre de ceux qui n’en font pas partie, à savoir la haine et le meurtre pour, à la fois, les incrédules, les infidèles ou les polythéistes (j’ai déjà cité mes sources à ce propos). L’islam est donc fondamentalement une religion non humaniste, haineuse et guerrière à l’égard du reste de l’humanité et qui préfère Dieu à l’homme, comme beaucoup de religions, il est vrai. Et c’est pourquoi les « fous d’Allah » d’aujourd’hui peuvent idéologiquement s’en réclamer, ne pas trahir sa lettre et y trouver au contraire une justification à leur démence meurtrière. Le nier relève de la malhonnêteté intellectuelle la plus totale comme aussi d’une irresponsabilité grave. Car elle interdit de comprendre que, par-delà ses causes économiques, sociales et politiques fondamentales, l’islamisme radical a aussi des causes idéologiques et religieuses qu’il faut traiter à leur niveau. Par une pédagogie forte de la laïcité, par exemple, mais aussi par l’invitation faite aux musulmans, de France d’abord, de revoir profondément leurs bases doctrinales et donc, leur théologie. Ils sont de plus en plus nombreux à l’admettre, quand ils ont le courage de ne pas mentir à l’opinion publique. Car qui a dit que « qui fait l’ange, fait la bête » et, j’ajoute, « nourrit ainsi la bête immonde, etc. » ? J’aimerais que le gouvernement actuel, hors de tout souci électoraliste, ait ce courage-là, intellectuel et non guerrier.

                                                                   Yvon Quiniou, philosophe.

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