L'islam est politique

Le refus de lier la violence meurtrière et ignoble dont a été victime un enseignant apprenant à ses élèves la liberté d'expression, à l'islam lui-même est inadmissible. Il est dû à une complaisance incompréhensible à l'égard de celui-ci, distingué artificiellement de l'islamisme. C'est nier le dogmatisme et la haine des incroyants qu'il recèle et abandonner l'esprit des Lumières.

                                                  L’islam est politique 

L’idée répandue, naïvement ou mensongèrement dans une intention politicienne électoraliste, que l’islamisme serait une trahison ou une déformation de l’islam authentique, est totalement fausse ou, si l’on préfère, d’une rare malhonnêteté intellectuelle, pour qui a lu le Coran sans préjugés et a écrit sur lui, comme c’est mon cas. Je ne développerai pas longuement cet argument, m’étant exprimé déjà ici souvent, malgré l’orientation dominante de Médiapart  qui est incontestablement islamophile et donc aveugle, mais qui a l’honnêteté de laisser une place à ses contradicteurs, dont je suis. La conjoncture actuelle, affreuse  après le meurtre d’un enseignant propageant la liberté d’expression et le sens critique à l’égard des religions, l’impose absolument.

Mon argument, irréfutable je le dis tout de suite, est le suivant, il est double et je le rappelle : 1 La Charia  est le mode d’organisation de la vie collective et individuelle, imposé par le Coran, non susceptible d’être remis en cause puisqu’elle se présente comme la parole de Dieu, inviolable : c’est dans le texte lui-même, que ses thuriféraires auraient intérêt à lire pour ne pas être ridicules intellectuellement. Que des imams qui se veulent progressistes  et entendent adoucir, sinon modifier ce texte, le proclament, je n’y crois absolument pas et je ne comprends pas que des esprits soi-disant éclairés en France, se laissent prendre à cette propagande : comme tous les hommes d’Eglise, ce sont des hommes de pouvoir, n’ayant en vue, en dehors de leurs éventuelles croyances totalement dogmatiques et fanatiques, que leur place au sein de leur institution ecclésiale et la domination qu’ils exercent, du coup, sur leurs « fidèles », à savoir ceux qu’ils ont endoctrinés. C’est pourquoi ils font semblant de réviser leurs dogmes dans une société donnée, dogmes qui ne sont pas susceptibles d’être révisés, par définition, puisqu’ils ne reposent pas sur la raison humaine, universelle et pacifiante, et qui peut progresser, elle, dans ses convictions 2 Justement et malheureusement comme l’actualité tragique du meurtre de Samuel Paty nous l’a démontré, l’islam est une religion de haine l’égard des incroyants, lesquels sont voués à la mort. Que ceux qui ne me croient pas, et m’accusent de partialité, y compris les dirigeants de Médiapart comme Edwy Plenel ou Laurent Mauduit, que je connais personnellement, mais qui refusent de me répondre, je ne sais pourquoi (mes options communistes, peut-être mais hétérodoxes ici, ou à cause de tout ce que j’ai écris et qu’ils  n’ont pas lu?), me prouvent alors, textes à l’appui, que j’ai tort. Ils ne le pourront pas et ne voudront pas l’avouer, parce qu’ils devront se renier. Car la violence meurtrière à l’égard de l’enseignant apprenant à ses élèves à penser librement, est inhérente à l’islam, comme elle l’a été dans le passé au cœur de la religion catholique, à un degré lui aussi inouï, il faut s’en souvenir. Ne pas faire ce travail d’apprentissage rationnel et rationaliste contre les religions, c’est contribuer indignement à la diffusion de l’obscurantisme et de l’inimitié,  responsables de nombre de malheurs de l’humanité, c'est refuser l'héritage incontournable des Lumières et des penseurs qui l'ont incarné. Comme l’a dit un membre de la communauté éducative dans ce contexte désespérant, « enseigner ce n’est pas enseigner à croire mais à savoir ». Ce devrait être aussi le rôle des médias, ici même !

                                                                  Yvon Quiniou

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