La dérive pro-Islam de l'UNEF, en particulier

Décidément rien ne va plus à gauche s'agissant de la laïcité. Le port du voile par la vice-présidente de l'UNEF dans ses fonctions officielles, traduit chez elle une incompréhension forte des graves défauts de l'Islam dont elle se réclame. Tout autant, elle contredit l'idéal laïque et les valeurs de gauche dont on la croyait animée. C'est désolant!

                                  La dérive pro-islam de l’UNEF, en particulier 

Décidément, rien ne va plus à gauche, y compris aujourd’hui dans la gauche étudiante, s’agissant du rapport à l’Islam. Une nouvelle fois, la vice-présidente de l’UNEF, Maryam Paugetoux, s’est fait remarquer : non seulement elle porte un voile affichant ses convictions religieuses dans le cadre de ses activités syndicales, mais elle l’a porté lors d’une audience au Parlement à l’occasion d’une enquête officielle qui avait besoin de l’auditionner. J’en suis proprement effaré, scandalisé et attristé, d’autant plus que cette acceptation du port du voile est non seulement acceptée, mais valorisée par une grande partie de la gauche, spécialement l’extrême-gauche.

L’argument avancé est d’une irresponsabilité et d’une complaisance rares. Les musulmans ayant été une population opprimée dans le passé par l’Occident, il faudrait accepter qu’ils se réfugient et surtout se consolent dans la pire des religions qui soit, celle qui s’appuie sur le Coran. On oublie alors ou l’on veut oublier que c’est une religion intrinsèquement totalitaire[1], dans sa doctrine, dans ses pratiques et dans sa volonté d’organiser la vie sociale sur la base de la Charia, qui destitue le peuple de sa souveraineté. Sans compter sa haine de l’incroyant, voué littéralement à la mort, de la condamnation de la chair et de l’homosexualité et, ici, de l’inégalité de la femme par rapport à l’homme, fortement proclamée.

Certes, tous les musulmans, de fait, ne pratiquent pas leur religion sur ce mode, spécialement lorsqu’il est violent. Mais ce faisant, et on m’excusera de le dire, surtout sur Médiapart, ils ne sont pas vraiment musulmans, fidèles à leur credo qui ne souffre aucune altération ou interprétation (c’est dans le texte !). Et s’il est vrai que toutes les religions, spécialement la catholique et la protestante, ont dans le passé présenté les mêmes défauts insupportables – pensons aux guerres de religion et au dogmatisme anti-science de leurs doctrines – celles-ci, contraintes et forcées, ont évolué en bien – à leurs risques et périls s’agissant de leur identité. Ce n’est pas le cas de l’Islam qui nous offre depuis plusieurs années un visage carrément sanglant, qu’une République laïque et humaniste ne peut pas accepter. Or Mayiam Paugetoux, ne semble pas se rendre compte de tout cela et elle affiche sans la moindre gêne ou le moindre remords, voire avec fierté, son affiliation à une pareille religion et ce, alors même que dans les pays du Maghreb ou au Moyen-Orient, des féministes progressistes s’opposent précisément à ce qu’elle incarne à travers un signe religieux visible : l’oppression de la femme par l’homme.

Ce qui est grave aussi, dans cette affaire comme après d’autres (voit le cas récent de Mila ou l’apologie plus ancienne par V. Despentes des tueurs de Charlie), c’est la trahison par la gauche – ici un syndicat – de l’idéal de rationalité et de raisonnabilité qu’implique la critique  des religions (distinguées de la foi subjective) qui se déploie depuis l’époque des Lumières, à l’aune d’un idéal d’émancipation qui entend rendre les être humains libres et autonomes. Car si l’argument selon lequel la religion serait l’expression, d’une détresse sociale qui en est la cause est parfaitement exact – nous le savons depuis la magnifique et indépassable analyse qu’en a faite le jeune Marx –, celui-ci est malheureusement transformé chez beaucoup en excuse et, tout autant, trahi dans son autre face : la religion n’est pas seulement un effet de cette détresse, mais une cause en retour de celle-ci au sens où, par la consolation imaginaire qu’elle apporte aux êtres humains, elle les détourne de la combattre et donc les y enfonce : c’est le sens de la formule qui en fait un « opium du peuple » . L’approche dite « de gauche » de la religion musulmane au nom de la « tolérance » et de la pitié pour les « damnés de la terre » est donc d’une hypocrisie totale et, en réalité, il faut malheureusement le dire, elle répond tout simplement à un souci électoraliste : attirer les électeurs croyants.

Ce faisant, la vice-présidente de l’UNEF (syndicat que j’ai pleinement soutenu et animé dans ma jeunesse), confond « éthique de la conviction » et « éthique de la responsabilité », pour reprendre librement les formules de Max Weber. Ses convictions, même si je les trouve indéfendables sur le fond, doivent être tolérées de fait dès lors qu’elles ne portent pas atteinte aux lois de la République, même si on peut et même on doit les critiquer en droit : c’est cela l’esprit de la laïcité, qui n’a rien à voir avec une quelconque « islamophobie » dont on l’accuse, expression injurieuse et malhonnête et à l’abri de laquelle je me suis même fait traiter de « sinistre raciste » ! Par contre, son éthique de la responsabilité devrait lui interdire de les manifester, d’une manière ou d’une autre, dans le cadre de ses fonctions syndicales. Son attitude est la parfaite illustration de la décomposition de l’idéal laïque et de la volonté d’émancipation des femmes dans un certain milieu politique aujourd’hui. Ce n’est pas l’incident sanglant qui vient de se produire à Paris qui me donnera tort dans mon jugement sur l’Islam !

                                                                 Yvon Quiniou

 

NB : 1 Pour élargir mon propos irréligieux et inverser l’objet de l’accusation, on pourrait aussi parler de l’hindouisme dans l’Inde actuelle et de son intolérance inadmissible et même meurtrière à l’égard des musulmans et des chrétiens !

         2 Seule la CGT, via son secrétaire général Philippe Martinez, aura sauvé l'honneur des syndicats en condamnant le comportement anti-laïque de M. Paugetoux.

 

[1] Voir mon bref livre Pour une approche critique de l’islam, H§O.

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