Se rendre à la case 2022 sans passer par 2021

Je me demande à quoi cela sert de changer de numéro si c’est pour revivre la même chose, voire pire. Est-ce au début du siècle que le système a totalement déraillé ? Est-ce un bug collectif des consciences ? À quoi bon l’année 2021 si c’est en vain ?

Je n’ai pas envie de vivre ces mois à venir qui ressembleraient, en pire, à l’année que nous venons de traverser. Je ne veux pas repartir en manif. Je ne veux plus me battre, encore et encore, comme on pisse dans un violon. Je ne veux pas faire les frais de toutes les lois et les décrets pondus pendant que nous regardions ailleurs. Je ne veux pas être encore plus fichée, contrôlée et surveillée. Je ne veux plus entendre le président.

Alors, j’ai pensé que d’aller directement en 2022 nous préserverait de tout ce qu’il pourrait encore détruire, avec la complicité des grands, des gros, des riches et de tous ceux qui font rien qu’à nous vouloir du mal, nos Jean, Didier, Gérald, Marlène, Arnaud, Christine… à nous. Mais oui, ils nous veulent du mal ! Sinon, pourquoi auraient-ils vendu tant d’entreprises, détruisant moult emplois et réduisant dans le même temps les droits des chômeurs victimes de leurs courses aux profits ? C’est pas du mal ça ? Et quand ils ont laissé crever les vieux faute d’avoir été capables d’acheter le matériel ou de payer décemment les soignants qui se battaient depuis des années pour de meilleures conditions de travail, ça s’appelle comment ? Et je ne vous parle pas de tous ceux qui dorment dans la rue, sans compter ceux qui y arrivent, et ceux qui font la queue aux soupes populaires. Moi je dis, c’est clair, ils veulent éliminer les vieux et les pauvres en premier, les improductifs à la suite. Mais non, je ne suis pas complotiste, c’est juste la vérité !

Mais oui, je déconne, je sais bien que ce n’est pas vrai tout cela. C’est comme de voir des violences policières là où il n’y a que barbarie orchestrée depuis l’Élysée avec la complicité du désormais trotskyste préfet Lallement. Ou encore, imaginer un vaccin pour nous protéger, alors qu’on sait bien que tout cela n’est qu’une histoire d’argent, voire une tragique incompétence ou une tuerie organisée. En réalité, c’est un Nouveau Monde qu’ils veulent nous offrir, oui nous offrir, car ils sont bons et ne souhaitent que notre bonheur à tous. Un monde programmé, contrôlé, archivé. Un monde qu’ils maîtriseraient enfin totalement, du matin au soir de nos vies réglées depuis leurs consoles. J’exagère ?

Je ne vais pas vous refaire la liste de tout ce que ce président et ses gouvernements ont réussi à faire passer dans les Codes qui régissent nos lois, droits et devoirs. Nous vivons un cauchemar que le virus n’a fait qu’aggraver. Ne sachant plus qui croire, que faire, où aller, beaucoup s’engouffrent dans les méandres ce que l’on appelle désormais le complotisme, mais moi, pas du tout ! Ce n’est pas tous les jours facile, mais je tiens bon. Je fais beaucoup d’efforts pour ne rien croire des paroles de grands professeurs de médecine qui disent qu’on nage en plein délire, qu’ils ne comprennent rien à la gestion de cette crise. Je bouche mes oreilles quand j’entends que Bill Gates (qui gère mon dataïsme depuis toujours) veut gagner encore plus d’argent avec ce monstre, car je sais bien que lui aussi œuvre pour notre bien. Je vais à la messe tous les jours pour écouter les analyses tous azimuts des commentateurs si proches des pouvoirs qu’ils ne peuvent nous délivrer qu’un discours complaisant et parfois compatissant. Je compatis également, ça ne doit pas être facile tous les jours pour eux non plus.

Franchement, l’année 2021 ne me branche qu’à moitié. Si on passait directement à la suivante, ça ne serait pas pire. Il y aurait (peut-être) des élections qui donneraient un peu d’espoir, genre, on aurait trouvé le ou la candidate idéale pour les faire tomber les uns après les autres. Ah ! parce que tu crois encore à la démocratie ? me titille ma conscience. Et que fais-tu de la Révolution ? insiste-t-elle. Grrr foutue conscience ! Allez, me dis-je, assez de se plaindre, de douter de tout, d’en vouloir au monde entier, il est temps de faire un saut dans le temps…

Bonne Révolution !

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