En mai, fais ce qu’il te plaît !

Avec toutes ces restrictions, ça commence à bien faire maintenant ! Je ne vais pas me laisser conter ma vie par une bande d’incapables énergumènes. Je me déclare libre arbitre de mes mouvements, de ma parole, de ma santé et j’emmerde le gouvernement.

Samedi après-midi, en me réveillant de ma sieste, j’écoutais la radio (je sais, c’est débile de se réveiller avec les infos, mais c’est une maladie chez moi) et tombais en direct sur la conférence de presse des deux pantins de la macronie, à savoir MM Véran et Castaner. Le premier m’a tout de suite énervée avec ses airs de premier de la classe, le fayot dans toute sa splendeur, même s’il commence à transpirer un peu. Quand il a passé la parole à Castaner, j’ai senti la jouissance extrême du 1er flic de France, les mains plus libres que jamais. Et là, n’y tenant plus, je me suis levée. J’ai fait le tour de la maison en hurlant. Un café. Un deuxième. J’ai pris la grande cisaille, celle qu’on vient d’aiguiser et je suis allée me défouler sur les ronces devant la maison. À chaque coup, je me suis vengée, j’ai libéré le chêne de ces saloperies d’épines qui l’empêche de se développer. Pour finir, j’ai haché menu le tas de lianes piquantes qui s’agrippent partout, empêchant la liberté des mouvements, punissant au moindre faux pas, jusqu’au sang parfois. J’ai pensé, tiens prends ça dans ta gueule, et encore, et encore, je te marche dessus, je te piétine, je te broie.

Nous étions le 2 mai et les vidéos du 1er commençaient à bien circuler sur le Net. À Montreuil, la fin du marché, où avait lieu une distribution de vivres aux plus démunis, avait mal tourné, avec nassages, amendes et tout l’attirail répressif en vigueur. À Lyon, Clermont, Nantes, Paris, Saint-Nazaire ou Marseille de petits groupes avaient osé de timides sorties, en respectant les distances, avec des masques, en bons élèves  responsables. Certains se sont contentés de faire de la musique fenêtres ouvertes depuis leur appartement, mais les milices n’ont pas fait de détail et ont réalisé leur sale boulot sans rechigner, bien au contraire. Ils en redemandent ces voyous ! Ils ont carte blanche pour allumer la moindre mamie en promenade alors ils se lâchent et ça fait mal, surtout au porte-monnaie, enfin, pour le moment. Parce que l’amende n’est rien à côté de ce qui nous attend.

Moi, je suis dans ma campagne, peinarde. Je sors une ou deux fois par semaine avec mon ausweis et je n’ai pas encore été contrôlée une seule fois, même quand j’ai transgressé la règle pour faire 30 km et aller à la ville. Je m’occupe de mon jardin, de ma maison, et je pourrais très bien me contenter de ça en attendant des jours meilleurs et me foutre du reste. Mais voilà, c’est plus fort que moi, j’ai la rage. Je ne peux plus supporter tout ce qui se passe et je sais que nous sommes nombreux, mais nous ne faisons rien ou si peu. Combien commandent encore des produits inutiles via des géants destructeurs ? Combien font encore la queue pour un burger ? Combien écoutent (et croient) encore les médias officiels ? C’est à désespérer.

Il va bien falloir se bouger maintenant, se soulever, agir pour que ce gouvernement arrête de faire n’importe quoi. Il en va de notre responsabilité collective. Mon dernier billet, d’il y a trois jours à peine, espérait encore. J’ai eu une lueur de consensus, comme si on pouvait s’en sortir gentiment, genre en respectant les institutions. Pauvre de moi ! Pauvre naïve ! En boomerang, j’ai reçu le prolongement de l’état d’urgence sanitaire pour deux mois de plus avec la limitation des déplacements à 100 km, les contrôles du respect du confinement par n'importe quel garde champêtre, et à la place de leur appli de merde, un fichier en dur contenant les identités, adresses et numéros de téléphone de tous les Covid+ et des personnes en contact, lequel fichier sera accessible à un nombre dément de personnes non soumises à quelconque secret médical. Trop bien !

Dimanche, je suis retournée au jardin. Et j’ai encore fait la révolution, je ne peux pas m’en empêcher. Au lieu de savourer la nature comme il se doit, je gamberge. Je me repasse en boucle toutes les injustices. Je me fous des orties qui me brûlent les jambes, je les arrache une à une, comme pour supprimer des envahisseurs. Je libère les charmes du gratteron qui les envahit et je rumine. Trois heures à nettoyer, à enlever un peu de cette colère qui m’habite en me vengeant sur la nature. Je me suis défoulée, mais ça ne passe pas. J’ose à peine finir les articles commencés, les vidéos interrompues, je vais finir par avoir une attaque à ce rythme.

Chaque jour, si ce n’est plusieurs fois par jour, de nouvelles menaces s’abattent sur nos libertés. Les ministres, sommés d’agir au plus vite par leur chef suprême, rivalisent de mensonges, incapables qu’ils sont de comprendre la vraie vie. Ils dilapident les emplois, la santé, la nature et vont nous faire payer des dizaines de milliards leur incapacité à prendre les bonnes décisions, aux bons moments. Ils ont dépensé un pognon de dingue pour leurs petits amis, pour équiper les forces de leurs désordres plutôt que d’acheter des masques quand il était encore temps. Ils ont continué à payer des cabinets privés pour gérer les crises et avoir des idées toujours plus répressives, toujours à côté de la plaque.

Et nous les regardons faire en nous insurgeant comme de petits enfants diraient : c’est pas juste ! Nous sommes minables, nous n’avons aucun courage et nous le paierons cher si nous continuons à préférer tous nos petits conforts consommables. La crise économique d’après Covid sera terrible nous dit-on, mais elle ne sera rien à côté de la crise des libertés. Laissons-nous bâillonner et mieux, réalisons nous-mêmes nos bâillons, ils n’en jouiront que davantage. Gardons nos distances pendant que les milices non masquées nous crachent au visage leur haine autant que leur allégeance à un gouvernement sur le déclin.

Oui, le déclin. Car il ne pourra pas en être autrement. Ce gouvernement doit tomber et vite, encore plus vite que cela. Ils essayent de se laisser encore un peu de temps en prolongeant l’état d’urgence, mais il n’est plus sanitaire, il est politique, et leur temps est compté. Dans six mois ou dans deux ans, ils répondront de leurs décisions et de leurs actes. En attendant, ne restons pas à les regarder. Continuons à nourrir cette résistance en ébullition, préparons ce jour où nous les anéantirons, le jour où nous serons enfin capables d’une vraie révolution.

plutotlavie

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