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Billet de blog 5 mars 2019

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Résiste, prouve que tu existes!

Comme on le sait, le phénomène des violences policières cru 2018-2019 a mis plusieurs semaines à émerger dans les médias officiels. Aujourd’hui, on fait les comptes presque comme si c’était terminé, comme si les chiffres étaient importants.

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Un seul mort, un seul blessé auraient déjà été de trop, mais quand on les compte par dizaines, centaines, milliers, le chiffre n’est plus la question, le problème c’est la réponse.  Il n’est pas tolérable de voir les vies détruites de ceux qui la voulaient meilleure. Juste ça. Traumatismes physiques ou psychologiques, les dégâts sont énormes, comme le démontre ce doc de 15 minutes signé Le Vent Se Lève où les victimes racontent l’après.

GILETS JAUNES : LES BLESSÉS QUI DÉRANGENT © Le Vent Se Lève

Sous les ordres de nos dirigeants, les CRS, les gendarmes, les « Bacqueux » s’en donnent également à cœur joie dans l’insulte, l’humiliation ou la non-assistance à personne en danger. Les plus virulents sont les célèbres hommes de la BAC, pour brigade anticriminalité, car c’est bien connu, les manifestants sont des criminels.
La BAC a été créée en 1971 par un certain Pierre Bolotte, ex-préfet de Guadeloupe, revenu des colonies après les émeutes de 1967 qui firent plusieurs dizaines de morts. C’est une fois installé comme préfet de Seine Saint-Denis qu’il y forma l’élite de la répression policière. Il s’agit là d’une autre race de représentants de la Nation, celle des hauts fonctionnaires nommés par des élus prétendant incarner la volonté du peuple.

Quand une femme se fait traiter de salope et son mari de petit pédé connard, quand un handicapé en fauteuil roulant se fait asperger de gaz lacrymogène en pleine face à bout portant, quand les rescapés ne dorment plus qu’en cauchemardant, ne se reconnaissent plus dans le miroir, n’ont plus d’odorat et on perdu leur boulot, quand un ministre de l’Intérieur distille sa propagande à des enfants devant des millions de téléspectateurs, quand un président manipule les citoyens avec d’interminables réponses à tout, quand les médias servent la soupe à celui qui sert la soupe de ceux qui leur servent la soupe, la volonté du peuple ne peut pas être celle-là.

Nous n’avons pas besoin de pseudo réponses technocratiques aux problèmes évoqués depuis des mois par le mouvement des Gilets jaunes, nous n’avons plus qu’un seul problème : comment dégager cette clique de « représentants de la Nation » ? Comment nous débarrasser de cette horde sauvage qui déferle sur le pays, rasant tout sur son passage : droits sociaux, droit de manifester, droit d’informer ? Comment anéantir cette meute de loups de la finance à qui tout a été bradé : usines, aéroports, autoroutes ? Je ne connais qu’une réponse : Résistance.

La Résistance, c’est un truc presque invisible auquel un grand nombre participe. Composée de petits actes de sabotage comme ceux que l’on peut voir fleurir autour de quelques ronds-points : accès bloqués aux zones de grande distribution, avec un faible pour la famille Mulliez (Auchan, Boulanger, Kiabi, Decathlon, La Redoute, Saint-Maclou…), sponsor de la macronie, la Résistance grignote du terrain. Dans les ports du pays, de Dunkerque à Nice, aux péages d’autoroutes, aux abords des raffineries, partout les actions s’organisent, et si vous ne le savez pas, c’est que les médias institutionnels ont oublié de vous dire quelque chose.

La Résistance, c’est aussi des médias indépendants qui témoignent et il y en a pléthores, de tout bord, comme de tout temps, et nous sommes aujourd’hui bien mieux servis qu’au temps des précédentes Résistances, alors profitons-en. Consommons sans modération les prises de paroles alternatives aux discours officiels, c’est cela qui donne du courage. Chacun y va de sa contribution, en direct sur le terrain ou en différé après montage et l’étendue est infinie, le soutien est grand. Ça aussi, ça donne du courage et peut-être même de l’espoir. Quand je vois toutes ces femmes déterminées à ne rien lâcher, tous ces Jojo le Gilet jaune se répandre dans les rues de la capitale, hors parcours, hors consignes, toutes ces personnalités qui émergent, défiant les pouvoirs, perso, ça me fait du bien.

Pour finir, je vous suggère de suivre ce long entretien avec François Boulo, avocat Gilet jaune, sur la chaîne Thinkerview, parce que la Résistance, c’est aussi des avocats, des comédiens, des écrivains, des cinéastes, des journalistes qui mouillent le gilet ici ou là.

François Boulo le 25/02/2019 © Thinkerview

Et pour se détendre et parce que je suis aussi une midinette :

Résiste - France Gall © Michel Berger - France Gall

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