Merci les gens!

En rentrant de manif jeudi, un rien ironique, j’ai posté quelques messages de remerciements à tous d’avoir enfin soutenu les Gilets jaunes. Le soir même et ce vendredi, partout dans les assemblées générales, hommage leur était rendu. Encore merci, ça fait plaisir toutes ces prises de conscience. Y’a plus qu’à!

C’était beau à voir, tout ce monde, partout. À Rennes, la manifestation était plutôt silencieuse, chacun regardant devant, derrière, l’autre rive du fleuve, n’en croyant pas ses yeux. On n’avait jamais vu ça, depuis au moins 95, disaient les vétérans. Pour ma part, je me rappelle le lendemain du 21 avril 2002, mais les archives de l’INA me disent que nous n’étions que 8 000, alors que la ville était pleine à craquer. Là, certains disaient quinze milles, d’autres vingt, et j’ai même rencontré un compteur montre en main qui m’a prétendu 50 000 ! À la surprise générale, nous étions donc entre 15 et 20 000 personnes à battre le pavé, sans grand enthousiasme, abasourdis d’être si nombreux.

Pour une fois, même si quelques LBD ont été s’écraser sur le visage de manifestants ou de journalistes, on ne retiendra pas la violence de cette journée, mais le nombre. Préférant continuer de passer pour un petit joueur, Macron n’a pas avoué avoir dépassé les deux millions de personnes dans la rue contre sa politique. Cependant, personne ne peut continuer à minimiser le nombre et la bande commence à baliser, le Premier ministre à mettre un peu d’eau dans son vin, des fois qu’il pourrait encore faire du gringue aux dirigeants de la CFDT et autres traîtres.

Dès jeudi soir se tenait la première AG coordinatrice à La Générale, à Paris. Les plus énervés s’y sont réunis pour la suite, celle qu’on attend, la suite pour la victoire, la suite pour faire tomber le gouvernement, la suite pour un autre monde, la suite jusqu’à en crever, mais ne pas se laisser faire. Se battre, jusqu’au bout, parce que nous sommes unis, parce que les Gilets jaunes ont ouvert la voie. Remercions-les, c’est grâce à eux que nous sommes là aujourd’hui, ça fait un an qu’ils tiennent. Merci les Gilets jaunes et le monde de reprendre tous en chœur On est là ! Et si vous ne me croyez pas, c’est là ! (vidéo Cerveaux non disponibles)

L’assemblée interprofessionnelle Ile-de-France qui s’est déroulée vendredi dans une sorte de hangar de la gare Saint-Lazare était un grand moment. Ne serait-ce que par la lumière de cet après-midi glacial traversant à peine la ferraille du bâtiment ouvert à tous les vents. De temps à autre, un train illuminé passait sous les huées des 400 participants aux débats, tandis qu’un cheminot de la sous-traitance dénonçait leurs conditions de travail. Et puis les profs, les instits, plusieurs ont pris la parole pour dire les décisions de leurs AG : grève reconduite jusqu’à mardi dans les écoles, collèges et lycées d’IDF à 90% et en régions, à Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Le Havre.. jusqu’au retrait !

À intervalles réguliers, comme pour se réchauffer, le refrain du désormais hymne national On est là ! était entonné. Merci les Gilets jaunes. Merci la base. Parce que le problème, c’est de ne pas se faire bouffer par les directions syndicales, les empêcher de trahir. S’unir entre les interpros et les fronts de luttes, dans l’action, l’organisation, la revendication. Faire un document commun avec les revendications de tous les secteurs en plus du retrait de la réforme qui reste la base, avant toute discussion. Et c’est un patron présent qui le dit : « Ce n’est plus un problème de retraites, c’est toute cette société qu’il faut faire tomber ! » Woaw ! Vidéo ici (Révolution permanente)

Partout en France il y a eu des AG d’après manif ou des actions de soutien à des grévistes, mais toutes n’ont pas été filmées. C’est pour mieux préparer la riposte finale. La RATP, les cheminots, les Gilets jaunes, les profs, les soignants, les étudiants, les pompiers, les travailleurs sociaux, les avocats, les médias indépendants, les routiers, les chômeurs, les précaires…  Ça risque de faire du monde à satisfaire d’ici à mercredi, quand le Premier ministre annoncera la vraie vérité de comment ils comptent finir de nous asphyxier.

Dans leurs rêves !

 © Rennes DTR © Rennes DTR

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