Les patronnes

A quoi nous mène cette égalité tant réclamée ? C’est ce que je me demande depuis quelque temps. Il n’y suffisait pas que les mâles au pouvoir en fassent baver à tous leurs subalternes, les femelles ont pris toute leur place dans les horreurs du monde du travail.

C’est vrai qu’il n’y a pas de raison de croire qu’une patronne est moins pire qu’un patron, mais qu’est-ce qui déclenche chez elles le mépris, la haine, la volonté d’abaisser, le désir de dominer, tel que je viens de le lire dans cet article de Mediapart sur les comportements scandaleux d’Esther Benbassa,? C’est d’autant plus troublant de la part d’une spécialiste de l'histoire du peuple juif et de l'histoire des minorités,  élue EELV, genre de gauche, genre grande-gueule, mais c’est aussi pour cela qu’on l’apprécie. Ou pas.

Si j’ai envie de parler de ces femmes de pouvoir, qu’elles soient élues, patronnes ou cheftaines, c’est que cela fait plusieurs fois, ces derniers temps, que l’écho d’attitudes nauséabondes m’atteint, et pour être honnête, ça vient de ma gauche. Et ça ne me plaît pas du tout, je dirais même plus, j’en ai vraiment marre de ces patronnes qui croient détenir le pouvoir grâce à leurs hurlements, leurs insultes, leurs salaires (car elles cumulent bien sûr !) et autres humiliations. Paraître des battantes, au nom de la justice sociale ou de la bataille écologique et faire crever le monde autour de soi. Burn-out, licenciements, suicides, peu leur importe, car tenir le rôle de cheffe est primordial. Elles plongent alors dans ce qu’elles étaient censées combattre.

Le pire, c’est quand elles nient. Certains ou certaines diront qu’elles ne se rendent pas compte, d’autres que c’est le commandement qui veut ça, ou encore leur trouveront des circonstances atténuantes. Mais il n’est aucune circonstance valable pour faire souffrir les gens au prétexte qu’ils seraient nuls, incompétents ou malades. Il n’y a pas de justification à payer un homme plus qu’une femme pour le même travail et il n’y a pas de raison de supporter cela, que l’on soit homme ou femme. Je ne sais pas ce qu’elles ont dans la tête, et elles verront ça avec leur psy, mais ce que je sais, c’est que ça suffit de se faire traiter de la sorte, et il m’est encore plus insupportable de la part de femmes que l’on aurait cru de gauche.

Je ne vais pas nommer celles à qui je pense, car je n’ai pas le pouvoir d’investigation de Mediapart. Je me contenterai de leur dire qu’elles sont la honte des femmes qui se battent sans relâche pour une égalité sociale. Quant à l’égalité hommes/femmes, je crois qu’elles l’ont atteinte dans ce qu’il y a de pire.

 

La fête de la patronne (1878-79) © Edgar Degas La fête de la patronne (1878-79) © Edgar Degas

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