Rallumer le feu !

J’étais vraiment contente du week-end avec tout ce monde à Rennes pour la journée internationale des droits des femmes. J’avais trop envie de vous raconter, mais ça sera pour plus tard, parce que ce matin, ce n’est plus de la colère ou de l’indignation, c’est la rage, un autre virus, qui s’est emparé de moi.

Ces derniers jours, je me disais que nous avions fait le boulot et que maintenant, c’était à l’Assemblée, aux politiques, de s’y mettre. Un vieux relent à croire que nous sommes encore dans un pays civilisé, certains diraient même une démocratie. Et puis, si on scande On n’est pas fatigués !, en vrai, c’est épuisant de se battre tous les jours, d’aller en manif, d’être asphyxié, blessé, sans que rien ne change. Alors je me disais qu’il y avait encore un espoir que parmi les gens qui nous gouvernent, certains fassent le nécessaire pour changer la donne.

Dimanche matin, avant de partir pour cette grande journée des droits des femmes, j’ai vu les vidéos de la veille au soir. Les femmes violentées à Paris, traînées sur les marches du métro comme de la chair à abattre. Elles étaient si belles, si nombreuses, pour cette manifestation nocturne déclarée, mais le préfet n’a pas du tout apprécié cet élan magistral, il a eu peur. Quoi d’autre aurait pu justifier cet acharnement policier ? Le préfet a raison d’avoir peur de nous, les femmes. Nous ne nous laisserons pas massacrer plus longtemps. Ni par vos lois, ni par vos hommes, ni par vos armes ! Nous nous levons et vous allez tomber ! Vous allez être écrasés par notre puissance de nuisance. Partout où vous irez, nous serons là, nous ne vous lâcherons pas, nous ne lâcherons rien.

Vous avez commencé par amputer nos droits avec vos lois scélérates. Vous avez ensuite amputé nos enfants quand vous ne les avez pas tués, tout comme nos mères, avec vos polices armées jusqu’aux dents. Vous voulez nous faire crever, mais notre colère aura raison de vous tous, préfets, ministres, députés, sénateurs, conseillers de l’ombre, sans oublier bien sûr le président. Vous ne savez pas où vous avez mis les pieds, nous allons vous le montrer et vous allez tomber. Vous paierez aussi. Pour tout le mal que vous avez fait, pour toutes les vies détruites, pour toutes les humiliations, les violences, les morts, vous paierez cher.

Ce dimanche, à Rennes, nous étions 5 000, mais avez-vous oublié que nous représentons une bonne moitié de la population ? Pensez-vous vraiment pouvoir continuer à nous traiter de la sorte, dans la rue, dans vos lois ? Politiques, policières, sociétales, vos dominations ont vécu et vous n’y pouvez rien. Les médias de vos pouvoirs retourneront leur veste et ce sera la fin de votre propagande. Votre temps est compté, il n’y a pas d’autre issue. Dites à vos hommes que nous sommes armées et que nous savons tirer.

 

 

Paris, le 7 mars 2020. Le défilé avant l'attaque. © Cerveaux non disponibles

  

Paris, le 7 mars 2020. Violences policières. © Amar Taoualit et Charles Baudry

 

Nantes, le 8 mars 2020. Gazage des femmes en pleine chorégraphie. © Chloé Beulin

Paris, le 7 mars 2020. Le défilé avant l'attaque. © CND Paris, le 7 mars 2020. Le défilé avant l'attaque. © CND

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