Soutien aux femmes victimes de violences policières

Des centaines de femmes ont subi des violences policières en moins de deux ans. Tant que l’État ne donnera pas l’exemple (et c’est mal barré !), la situation générale des femmes subissant des violences de tout ordre n’évoluera pas et les mentalités les plus rétrogrades du pays perdureront.

Depuis le début des manifestations des Gilets jaunes, de très nombreuses femmes ont été mutilées, asphyxiées, traumatisées. Les insultes, les coups reçus, les arrestations, les gardes à vue, les procès ont laissé des traces indélébiles sur celles qui étaient simplement venues dire leur mal de vivre. En manif ou à sa fenêtre, dans le métro ou dans la rue, la femme est en point de mire.

Le 1er décembre 2018 à Marseille, Zineb Redouane, 70 ans, fut la première femme victime des armes de destruction massive du peuple utilisées par le gouvernement Macron 1.  En fermant ses volets, Zineb a reçu une grenade lacrymogène en plein visage et en est morte le lendemain.

Le 23 mars 2019 à Nice, Geneviève Legay, 73 ans, était violentée par les forces de l’ordre lors d’une manifestation où elle portait un drapeau aux couleurs de la paix. Elle est restée hospitalisée plusieurs mois avant de retourner dans la rue.

Le 16 juin 2020, c’est Farida, infirmière, qui a été molestée et arrêtée pour avoir fait un doigt d’honneur et jeté des débris de la manifestation en direction de la police. Si l’on a vu ces images, précédant l’arrestation brutale de Farida, celles de la charge injustifiée provoquant ce geste sont restées très discrètes.

20 minutes précédant l’arrestation de Farida © Rémy Busine Brut


On ne compte plus les blessées, comme si les femmes étaient devenues les cibles privilégiées de la répression policière. Comme s’il ne leur suffisait pas de subir les violences sociales imposées par la précarité et les emplois sous-payés, quand ce ne sont pas celles de leur compagnon.

Beaucoup de femmes ont vu leurs cycles perturbés à la suite d’intoxications par les gaz lacrymogènes.  Les armes de guerre utilisées par le gouvernement ne servent pas qu’à défigurer, elles laissent des séquelles psychologiques et physiologiques tout aussi graves. Certaines ne pourront plus avoir d’enfant, d’autres ne le voudront plus, faute de leur proposer un monde de libertés. Quelles seront les conséquences de l’utilisation de ces poisons dans les années à venir ?

Il est inhumain de frapper des soignantes qui sauvent des vies tous les jours, des mères de famille venues défendre l’avenir de leurs enfants et réclamer des conditions de vie acceptables, ou des grands-mères, dont certaines doivent faire les poubelles pour se nourrir ! Il est temps d’arrêter le carnage !

Nous n’acceptons pas le sort réservé à nos sœurs, nos filles, nos mères, dans les manifestations, comme au quotidien. Les angoisses et les peurs engendrées les ont parfois éloignées des luttes, mais leur colère est intacte, sinon plus grande encore. Nous les soutenons et sommes là pour elles et pour que cessent ces exactions. La seule réponse aux revendications populaires étant la matraque, nous faisons de notre parole la plus puissante des armes.

Rejoignez-nous le lundi 13 juillet 2020 à Paris de 17h à 20h
Rassemblement de soutien aux femmes victimes de violences policières

Soutien aux femmes victimes de violences policières © Za Zaz

 

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