Un étudiant s’immole devant le Crous

Que faudra-t-il de plus pour nous soulever ? Nos enfants s’immolent et nous les regarderions faire sans réagir ? Ils crèvent sous nos yeux et nous continuerions à peser le pour et le contre de tel ou tel décret ? Il n’est plus supportable de regarder passer les victimes de toutes les violences sans réagir. Debout camarade !

Le texte laissé sur Facebook par ce jeune de 22 ans, mon fils, ton fils, ton frère, brûlé à 90°

 

"Bonjour

Aujourd'hui, je vais commettre l'irréparable, si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n'est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l'enseignement supérieur et la recherche et par extension, le gouvernement.

Cette année, faisant une troisième L2, je n'avais pas de bourses, et même quand j'en avais, 450€/mois, est-ce suffisant pour vivre ?
J'ai eu de la chance d'avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd'hui ?
Et après ces études, combien, combien de temps devront-nous travailler, cotiser, pour une retraite décente ? Pourrons-nous cotiser avec un chômage de masse ?

Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicats aujourd'hui, avec le salaire étudiant et d'une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu'on ne perde pas notre vie à la gagner.
Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne plus avoir d'incertitudes vis à vis du chômage, qui conduit des centaines de personnes comme mois chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.

Luttons contre la montée du fascisme; qui ne fait que nous diviser et créer du libéralisme qui crée des inégalités.
J'accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE de m'avoir tué, en créant des incertitudes sur l'avenir de tous-tes, j'accuse aussi le Pen et les éditorialistes d'avoir créé des peurs plus que secondaires.

Mon dernier souhait, c'est aussi que mes camarades continuent de lutter pour en finir définitivement avec tout ça.

Vive le socialisme, vive l'autogestion, vive la sécu.

Et désolé pour l'épreuve que c'est.
Au revoir."

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