Noël est annulé !

Personnellement, ça m’est égal, cela fait déjà des années que j’ai abandonné cette tradition débile qui consiste à consommer plus que de raison, à se torturer à trouver des cadeaux, à manger du homard, à boire du champagne et autres abus, surtout pour mon porte-monnaie. Cette année, nous serons donc tous épargnés et c’est tant mieux !

Nous allons vivre un mois de décembre mémorable. Plus de métros dans la capitale, les trains à l’arrêt, les dépôts de bus bloqués, les routiers en colère, plus d’essence aux pompes, les stocks des magasins dévalisés, plus rien à consommer, plus d’argent, et pour 2020, plus de gouvernement ! C’est ça pour moi Noël, la grosse, grosse teuf ! Quand tous ceux qui se plaignent de ne pas pouvoir se déplacer pour aller travailler feront grève. Quand les commerçants, enfin conscients de leur avenir se joindront au mouvement plutôt que de pleurer leur chiffre d’affaires. Quand les enfants fêteront avec nous la victoire en s’émerveillant des fumigènes, au lieu de croire encore au père Noël.

Macron, c’est comme le père Noël, les gens ont compris et n’y croient plus. Personne ne descend du ciel et les cadeaux par milliers ne seront pas pour eux. Mis à part ses sbires fonçant la tête la première sur les plateaux des télévisions, plus personne n’est dupe, et si nous avons si froid, c’est surtout à cause de lui. Les marchands de gaz ont tenté l’anesthésie générale, mais le jour s’est levé et la distribution de surprises n’était pas ce que nous avions demandé. Pas du tout.

Dans nos souliers, nous avions demandé une augmentation générale et conséquente des salaires, des pensions et des minimas, une répartition équitable des richesses produites, la taxation des produits financiers et des bénéfices de l’automatisation pour financer les droits sociaux et leur évolution au bénéfice de la population. Nous avions aussi réclamé des mesures pour les vieux, les jeunes, les femmes, les précaires, les handicapés, et bien sûr, pour ceux qui ont un travail, de meilleures conditions, plus de sécurité, moins de pressions…

Il paraît que nous n’avons pas été assez sages. N’ayant plus rien à perdre, nous allons donc continuer, jusqu’à ce qu’ils partent, à nous battre pour retrouver de quoi manger, se loger, se vêtir, se déplacer, se cultiver, sans entrave. Noël est mort, que vive la révolution !

Paris le 12 décembre 2019 © Civicio Paris le 12 décembre 2019 © Civicio

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