Trocs en stock

Il va bien falloir un jour que le binôme à la tête du pays arrête ses sorties intempestives. Quand ce n’est pas l’un, c’est l’autre, et aujourd’hui, le Premier ministre est content de lui, de sa dernière provocation.

Sa conviction personnelle est que compte tenu de la situation du pays, les bénéficiaires des aides sociales devraient une contrepartie à la société. C’est vrai que ça coûte un pognon de dingue ces gens qui ne font rien qu’à rester toujours sur le même trottoir, sans jamais traverser la rue. La solidarité doit aller dans les deux sens, dit-il. Il sait le sujet explosif, mais il aime ça, surtout en cette période de révoltes sociales, il n’a pas pu s’empêcher.

Pourquoi apporter des réponses consensuelles, modérées, quand on peut mettre de l’huile sur le feu ? La stratégie est bien de diviser pour mieux régner. Après avoir laissé faire les casseurs pendant des semaines,  traité les Gilets jaunes d’extrémistes de tous bords pour justifier les milliers d’arrestations, organisé une violence policière dévastatrice, le Premier ministre désigne aujourd’hui les pauvres qui toucheraient autant, voire plus, que des travailleurs.

Il ne sait pas ce qu’implique de vivre avec un Smic, alors comment pourrait-il imaginer la vie au RSA ? Ce n’est en effet pas concevable, alors les spécialistes additionnent les aides sociales pour tenter de démontrer que les allocataires des minimas ne font aucun effort, ils pourraient au moins participer à l’intérêt général ! Désignons-les comme des coupables, réservons-leur tous les petits boulots de merde pour justifier leurs 550 €/mois, et une fois encore, provoquons la division. Mais, ce n’est pas tout.

Pour mieux former nos enfants à l’Identité, on va imposer les drapeaux français et européen dans les salles de classe et afficher le sang impur de l’étranger. Nous en profiterons pour attiser les tensions en affichant quelques mots bien pensés : Allons, enfants de la Patrie (rappel), entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats (la peur), ils viennent égorger vos fils et vos compagnes (la haine). Des cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers (rebelote), des phalanges mercenaires (les extrêmes) terrasseraient nos fiers guerriers (la police).

Quant à la devise de la République : “Liberté, Égalité, Fraternité”, comment la concilier avec ce qui précède ? Alors, de deux choses l’une, ou on change de devise, ou d’hymne national, et de Premier ministre par la même occasion !

Bon week-end, sortez couverts !

 

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