Pourquoi je voterai encore, et pour qui

Comme j’en ai un peu marre de tous les débats des autres autour de la prochaine élection présidentielle, j’ai décidé de lancer le mien. Ce n’est pas vraiment un débat puisqu’il est déjà tranché avec ma conscience, mais peut-être que ma parole unanime vous convaincra de ne rien lâcher, va savoir !

Il s’agit donc bien d’une prise de position officielle émanant des plus hautes instances de ma réflexion concernant l’élection à la prochaine présidence de la République. Autant le dire de suite, pour ma part, mon vote sera pour les Insoumis, quant au pourquoi, je vais essayer de vous l’expliquer.

Parce qu’il est temps de mettre à jour le logiciel qui nous gouverne, une nouvelle République s’impose. Personne d’autre que les Insoumis ne propose cette mutation. Personne parmi les prétendants n’envisage de réellement changer le fonctionnement de nos institutions. Chacun y va de sa priorité, écologique, sécuritaire, économique, sans se rendre à l’évidence que ce n’est pas en changeant une ligne de code que l’on transforme une société. Si je prévois de voter pour les Insoumis, c’est que je n’accorde qu’une importance toute relative au futur de Jean-Luc Mélenchon, et c’est précisément parce que les propositions émanent d’un groupe qu’elles me paraissent plus intéressantes que toute autre actuellement sur le marché du bulletin de vote.

En épluchant le programme de la France insoumise, certaines propositions ne me conviennent pas en l’état, mais l’esprit qui anime l’ensemble me fait penser qu’on pourra en discuter, le temps venu. Ce n’est pas comme avec d’autres prétendants qui ont déjà tout décidé et que l’on a déjà vu à l’œuvre en matière de destruction de cette société qu’ils prétendent sauver. Alors, dans le cadre de cette campagne électorale déjà bien entamée, je tenterai dans de prochains billets de détailler, point par point, ce qui me chiffonne, ce qui me séduit, et même parfois ce qui m’inquiète dans cette promesse d’avenir en commun. Parce que je crois qu’il n’y a pour l’instant pas d’autre issue que le vote pour nous sortir de ces crises successives, je vais essayer de faire ça.

D’ici au mois d’avril, je retournerai certainement dans la rue gueuler avec d’autres camarades contre ce que l’on nous impose, ce que l’on nous retire, la gestion de ceci ou la négligence de cela, mais à force, je sais bien que l’on n’est pas entendus. Ce n’est pas avec quelque 100 balles balancés à l’aveuglette qu’on va changer ce système consistant à asphyxier totalement ceux qui n’avaient déjà plus beaucoup d’espoir. Oui, c’est la merde. Non, je ne suis pas pessimiste, juste réaliste. Ce n’est pas en se contentant de miettes aux pauvres ni avec un million de manifestants qu’on leur fera entendre raison, il faut voter, et pour le Grand soir, on verra ça plus tard, là, il y a urgence.

Depuis combien de temps n’avions-nous pas eu des camarades à l’Assemblée ? Des gens qui abattent un boulot de dingue pour tenter de faire passer quelques lois ou amendements pour que notre quotidien soit un peu moins pire. Depuis la petite fenêtre illusoire de 1981-83, je n’ai rien vu de tel, mais cela ne suffit pas, il faut vraiment renverser ces politiques et arrêter de se focaliser sur la tête de Mélenchon. (Re)lire le programme élaboré par les Insoumis (et actualisé) et soutenu par sept millions de votants en 2017 permet de recadrer le propos du vote. Que veut-on ? Crever à petit feu, comme nous le promettent les autres avec leur haine de l’autre, leur mépris de classe et tout le reste ?

L’abstention est l’outil préféré de ces prédateurs qui l’organisent en dégoûtant tout le monde de la parole politique ou de l’action publique, mais la République, c’est toi, c’est moi, c’est nous, et il est de notre responsabilité de la faire avancer. À compter du 10 avril 2022, la version de 1958, devenue totalement obsolète, ne sera plus mise à jour. Il convient donc de préparer votre cerveau à accueillir ce que nous nommerons pour l’instant la 6e République. Je vais m’y employer, comme je peux, avec quelques paroles, quelques écrits, et si je trouve le courage, j’irais sur la place du village, comme je l’ai dit dernièrement, mais toute seule, c’est fatigant aussi à la fin.

Bon, du coup, je vous laisse, j’ai du taf !

Atelier populaire, mai 1968 © Collection BNF Atelier populaire, mai 1968 © Collection BNF

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