Debout, debout, vieux révolutionnaires!

Je ne voudrais pas être désagréable, mais je me le demande si souvent que je dois vous en faire part : Qu’est-ce nous foutons ? Qu’attendons-nous ? Que faudra-t-il faire, dire, hurler, pour qu’enfin, le bon sens l’emporte ? Ne sommes-nous pas assez nombreux pour faire sauter tout ce gouvernement ?

Je fais partie de ceux qui fustigent les erreurs et les manquements de la Gauche, mais que diront de nous nos descendants ? Seront-ils fiers de nos actions de résistance ou auront-ils le sentiment que nous les avons trahis ? Tout dépendra de notre capacité à imaginer et entreprendre de nouvelles formes de désobéissance et surtout à convaincre amis, familles, collègues, voisins, d’y participer. Les initiatives sont nombreuses, mais si peu relayées par les médias officiels, qu’il nous faut en assurer nous-mêmes la communication. Quelle meilleure façon que d’y inviter son prochain ?

Au temps de la Résistance, que tous saluent aujourd’hui, les journaux autorisés n’étaient pas plus prolixes au sujet des réseaux en formation, sauf à les qualifier d’organisations terroristes. De nombreuses feuilles de chou étaient imprimées en clandestinité, ralliant au fur et à mesure de nouveaux engagés dans la lutte contre l’ennemi. Déjà, l’État rallié à l’adversaire devenait ainsi traître à la Nation. À l’issue de la guerre, les rescapés de la Résistance et des vétérans de 36 ont œuvré pour rendre les lois plus justes, sur le travail, la santé, les droits du citoyen…

Il nous faut tenir. Le temps est long, la tâche est rude, mais nous devons maintenir le cap, car ensuite, la partie sera loin d’être gagnée. À en croire la propagande, nous n’aurions le choix, en 2022, qu’entre la peste et le choléra ! Il ne faut pas nous résigner, nous contenter du peu. Oui, nous voulons tout, et tout de suite de surcroît. Se satisfaire d’un referendum contre la réforme des retraites, vaudrait validation du reste et nous ne signons pas. Ni les réformes successives de toute l’organisation sociale du pays ni sa vente aux plus offrants des destructeurs de l’emploi, de l’environnement, de la santé, de l’humain.

Gloire à celles et ceux qui envahissent les sièges des multinationales, occupent les dépôts de bus ou de pétrole, interviennent dans les meetings ou décorent les permanences des collaborateurs de ce gouvernement qui n’a honte de rien. Gloire bien sûr à tous les Gilets jaunes qui ont ouvert le bal et aux grévistes d’avoir enfin uni leurs forces. Gloire aux égoutiers, éboueurs, femmes de chambre, soignants, pompiers, profs, étudiants, avocats, et même au Conseil d’État ! Mais pourquoi, avec tout ce monde, ne sommes-nous pas plus nombreux à mener plus loin notre courage, le courage de l’action ? Si manifester compte, déranger, perturber, saboter est essentiel. La réinformation face à la propagande fait également partie de la panoplie du résistant et nous devons en abuser, quelles que soient la surveillance et la censure en vigueur.

Nous sommes le nombre et nous gagnerons, il n’est plus de doute, mais il faut que toi aussi, tu ailles au front. Nous ne pouvons nous contenter d’un million d’activistes plus ou moins engagés, maintenant, il te faut sortir de ton fauteuil, de ton écran, de ton lieu de vie ou de travail. Résiste avec ce que tu peux, mais fais-le. Les résistances sont désormais mondiales et je suis certaine que dans l’Histoire, tu ne voudrais pas être de ceux qui abdiquèrent.

Le triomphe de l'anarchie - Marc Ogeret © Charles d'Avray, 1901

 © Ralph Hosea Chaplin (1887–1961) © Ralph Hosea Chaplin (1887–1961)

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