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Billet de blog 22 avr. 2022

Merci de vous sacrifier

Mes enfants pourraient vous raconter le branle-bas de combat qui s’est mis en place à la maison le 21 avril 2002, mais là, ça ne me fait ni chaud ni froid. Vingt ans sont passés et je ne ressens plus rien.

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Si Le Pen gagnait l’élection, ça serait sûrement terrible, mais ça ne me fait ni chaud ni froid. J’hésite entre le vote blanc et l’abstention, mais comme on accorde plus d’importance à l’abstention, j’aurais tendance à opter pour celle-ci. Je crois que je vais hésiter jusqu’au dernier moment.

Je lis bien sûr tout un tas d’avis, de tribunes et autres, et je comprends toutes les raisons qui font que oui, que non, que l’on hésite, etc. Le seul truc qui m’échappe, c’est qu’on puisse croire une seconde aux discours de Le Pen. Certains disent qu’ils n’ont rien à perdre, qu’il faut essayer, comme si les horreurs des cinq dernières années ne leur suffisaient pas et qu’ils voulaient vraiment voir le fond du fond, ce qu’ils ont raté parce qu’ils n’étaient pas nés dans les années trente.

Je commence à être un peu vieille, mais moi non plus, je n’ai pas connu cette période pendant laquelle beaucoup n’ont pas vu venir l’abominable, l’horreur, la dictature, la guerre, les bombes, les morts. On dirait que ça leur manque une bonne vieille dictature. On dirait qu’ils sont tellement abasourdis par les saloperies de Macron qu’ils croient que ça ne peut pas être pire. Quelle grossière erreur !

Malgré tout cela, je ne mettrai pas un bulletin Macron dans l’urne, car nous avons subi suffisamment de violences pour ne pas nous en infliger une supplémentaire, ça serait une véritable auto flagellation. Tendre l’autre joue, donner encore un bras, et pourquoi pas un œil, ça éviterait de voir le résultat de dimanche soir, remarque. Voter Macron, ça serait tirer un trait sur tout ce que j’ai dit, écrit, fait, en particulier depuis 2016, ça commence à faire un bail et je n’ai pas l’intention de lâcher l’affaire.

Je n’ai aucune culpabilité, car combien n’ont pas fait le nécessaire pour que nous n’en arrivions pas là ? Combien ne sont pas descendus dans la rue ? Combien n’ont pas bougé leur petit cul de leur confort à deux balles ? Combien n’ont fait qu’écouter ces gens qui causent dans les postes, à la solde d’un pouvoir totalement décomplexé quant à ses abus de toute sorte ?

Alors voilà les gens, comme dirait Mélenchon, on va vous laisser vous débrouiller avec tout ce que vous n’avez pas fait jusque là, et vous allez pouvoir remercier celles et ceux qui ont payé cher les excès macroniens, mais qui sont encore là pour que le pire ne passe pas. Merci à eux surtout de leur sacrifice. Moi, je suis déjà en campagne pour le troisième tour, celui qu’on va gagner, sinon, on crève !

A très vite ! 

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