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Billet de blog 30 sept. 2021

Une idée de la liberté

Loin de moi l’idée d’offenser quiconque serait pour ceci ou contre cela, chacun fait comme il le sent, pas taper. J’ai reçu le lien pour regarder ce film il y a un petit moment, mais je n’osais pas. Encore un truc liberté, je me suis dit, ça va comme ça, ras le bol de ce slogan. Et puis le truc est revenu, par un autre canal…

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Faut dire que pas plus tard qu’hier, on m’a encore fait la morale à propos du vaccin et j’étais passablement énervée, donc un peu plus réceptive aux messages négatifs à ce sujet. Oui, je sais, c’est un peu idiot cet esprit de contradiction, une vraie môme, comme dirait ma mère qui fait tout ce qu’elle peut pour me convaincre. Donc, j’ai fini par regarder ce film, sans rien avoir lu dessus avant (ce qui ne sera pas votre cas si vous n’avez pas eu le privilège de recevoir le lien de façon à peu près clandestine, on se demande pourquoi) et je dois l’avouer, un brin dubitative.

L’idée était de sortir ce film pour le 15 septembre, le jour où les soignants seraient obligés de choisir entre leur métier sous vaccin et leur liberté de choisir. Ceux qui me lisent suffisamment souvent le savent, y’a pas photo, y’a même pas moyen une seconde, ni même un quart de seconde, que je ne choisisse pas la liberté, et quand dès le début du film, Sonia, aide-soignante, raconte la pandémie, ça prend aux tripes et ça dure 1h40. Je n’ai pas pleuré autant qu’elle en l’écoutant, je n’ai même pas pleuré du tout tellement m’ont envahi la colère, la rage, le désarroi et la honte de tous ceux qui blâment les soignants qui n’ont pas voulu se faire vacciner. Comment ose-t-on les traiter de la sorte ?

Dans ce film, il y a d’autres soignantes, des chercheurs, des profs, qui parlent, en essayant de n’agresser personne, juste de dire leur point de vue, leur ressenti, leur expérience. On n’y parle pas de chiffres, car on sait qu’ils seront contredits et surtout, on ne cherche pas la polémique, c’est juste pour dire, pour témoigner, poser ça là et chacun en fera ce qu’il en veut, au moins c’est dit.

Je savais bien que vous alliez me demander : mais qui est derrière ce film ? N’y aurait-il pas quelque complotiste aux manettes ? Alors quand j’ai vu que les réalisateurs, Ariakina (20 ans) et Magà Ettori (son père) étaient vegans, j’ai pensé que ça ne serait pas gagné de vous faire admettre qu’il n’y a pas que la bidoche dans la vie ! Bref, Magà Ettori est un journaliste, cinéaste corse avec une quarantaine de films à son actif, et Ariakina a réalisé son premier film à 12 ans et se présente comme avant tout cinéaste, militante de la cause animale, féministe, sociale et environnementale.

Tous les deux ont fait ce film : Liberté. Mais je vous promets que ce n’est pas comme dans les dernières manifs où certains répandaient ce bruit sourd, au son de Liberté, résistance, qui sonnait à mes oreilles tel un bruit de bottes sous-jacent et inquiétant. Non, il s’agit de la liberté telle qu’on la pense, comment on la vit, pourquoi on la choisit, et ça fait du bien d’entendre des gens qui le disent, simplement, pour de vrai.

Liberté © M. et A. Ettori

Lors de leur première enquête pour le film LIBERTE, Ariakina et Magà Ettori ont été sensibilisés par le sujet de l'enfance dans le cadre de la crise sanitaire. Ils ont donc décidé de traiter ce sujet dans un second film : LES ENFANTS DE LA LIBERTÉ. 
Pour les soutenir : https://www.helloasso.com/associations/insave/collectes/les-enfants-de-la-liberte-le-film

Sonia, aide-soignante © M. et A. Ettori

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