Le plus dur dans le confinement, c’est la 1re année !

Encore quatre mois et nous aurons passé le cap, alors un peu de patience, les angoissés de l’enfermement, au réveil, vous n’aurez plus rien à défendre. Anéantis durant cette année pandémique, il en restera tout juste une autre au président pour terminer le boulot.

Quand bien même le confinement s’arrêterait le 1er décembre pour permettre la consommation à outrance, l’état d’urgence sanitaire devrait être voté sans trop de difficultés jusqu’au 1er d’avril 2021. Il faut au moins cela pour asservir la plus grande part de la population aux exigences de l’économie des plus fortunés de la planète. Ensuite, il vous faudra relever le défi que le président s’est lancé, à savoir sa réélection. Vous pourrez participer à toutes les manifs, grèves et autres coups de gueule, les gagnants ne sont pas les mauvais joueurs, qui par définition sont les perdants.

Pour gagner, il faut tenter sa chance et à ce jeu-là, le président, qui ne cesse d’inventer de nouvelles règles, est bien parti pour gagner la partie au bout du compte. Regardez comme nous acceptons, avec le concours des élus de l’Assemblée nationale, toutes les contraintes, obligations, interdictions et surveillances que l’on ne cesse de concocter dans les cabinets des hautes instances. Voyez comme la manipulation est grandiose, malgré les tribunes d’alarmes qui se multiplient. Dans la revue Regards : « plus de 300 universitaires, scientifiques, professionnels de la santé, du droit, de l’éducation et du social, ainsi que des artistes, se déclarent « atterrés » par des discours officiels qui dramatisent indûment la réalité afin de justifier des mesures de confinement. » La quadrature du Net nous prévient de l’horreur qui nous attend avec une loi de « sécurité globale », débattue dès le 4 novembre prochain, destinée à légaliser la surveillance par drone, à modifier l’usage des images enregistrées en manifestation pour une transmission en temps réel. Bientôt, les flics seront chez vous avant que vous ne soyez rentrés de manif, mais c’est à cause des terroristes, alors remerciez notre bienfaiteur de nous protéger contre le mal. Ça faisait longtemps que les soignants alertaient sur les conditions de l’hôpital public, mais Buzyn, Véran, Philippe, Castex, ont fait tout ce qu’il fallait, promis, craché, juré ! Quant au président, qui ne risque rien durant sa mandature, il a suivi à la lettre les recommandations des experts payés par son boss, la finance mondiale. Admirez le tour de com‘ et cessez de vous plaindre, bande de jaloux !

La partie est-elle gagnée d’avance ? Les dés sont-ils pipés ? N’y a-t-il donc plus rien d’autre à faire que d’accepter en silence que l’on nous asphyxie, de tolérer les restrictions de nos libertés pour le bien de tous… voire d’un seul ? En fin d’état d’urgence, si par un concours de circonstances exceptionnel nous en sortions, je crains que nous soyons cuits après une année de confinements et de couvre-feu. Au lieu de nous lamenter, nous ferions mieux de nous reposer, de reprendre des forces, de discuter calmement sans inventer le pire, mais pour prévoir le meilleur.

Imaginez le printemps prochain. Nous serions encore vivants, nous aurions vaincu le virus, enfin celui des labos, et nous n’aurions plus qu’un cas final à traiter, la souche de nos malheurs. L’homme par qui le désastre s’est abattu sur le pays, le pantin des plus grands exterminateurs, le valet des profiteurs, le receleur de nos richesses, le bradeur de nos libertés. Imaginez un retournement de situation, une partie totalement renversée, où les règles auraient changé ! En deuxième année de confinement et dernière du quinquennat, une redistribution des cartes modifierait la partie de façon irréversible et à la fin, c’est nous qu’on va gagner !

Roue de fortune © Tarot de Marseille Roue de fortune © Tarot de Marseille

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