3 conceptions différentes du rapport sexe / genre et des utérus à transplanter

Petite réflexion personnelle sur 3 façons d’envisager les rapports sexe/ genre avec une question subsidiaire : Mais depuis quand la divergence d’opinion est devenu un crime de haine ?

Pour ce que j’en ai compris, voici trois conceptions de la relation sexe -  genre qui se croisent, s’opposent, s’annulent et se complètent à la fois.

 

1. La vision conservatrice et le féminisme traditionnel

Le sexe est biologique et fait référence aux capacités de reproduction de chaque individu (humain, animal ou végétal possédant une reproduction sexuée). On détermine le sexe biologique d’un individu vivant en observant ou mesurant plusieurs facteurs : chromosome ; production d’hormone ; partie génitale et, surtout, capacité de production de gamète mâle (spermatozoïdes) ou femelle (ovule).

Chez certaines espèces, un seul individu est porteur des deux capacités (escargot), chez d’autres la gestation se fait chez le mâle (hippocampe), chez d’autre encore, la production de gamète peut changer chez un individu (poisson clown) en fonction des besoins de survie de l’espèce mais dans la grande majorité des cas, un seul individu est porteur d’une seule capacité de reproduction et dans tous les cas c’est la rencontre des deux gamètes qui permet la pérennisation de l’espèce. 

L’humain a une reproduction vivipare : la gestation se fait à l’intérieur de l’utérus de la femelle et à la naissance le petit est en tout point identique à l’adulte. C’est aussi un mammifère parce que pour le nourrir, la femelle utilise ses mamelles pour l’allaiter.

Le sexe est binaire.

Les individus humains mâles sont appelés homme et les individus humains femelle sont appelé femme.

Le genre est binaire aussi.

Le genre fait référence à tout, sur le plan culturel, social ou politique, ce qui se rapporte de près ou de loin à ce qui fait qu’on considère comme relevant de l’homme, du masculin ou de la femme, du féminin.  

Il y a une culture d’expression du genre homme et du genre femme repérable, distincte et assez stéréotypée.

Les caractéristiques sexuelles secondaires sont bien mises en avant ou exacerbées pour marquer son appartenance à un seul genre.

Il y a des vêtements d’homme, des vêtements de femme, des métiers d’homme, des métiers de femme, des activités d’homme et des activités de femme, des attitudes et des goûts d’homme et des attitudes et des goûts de femme. 

On met du bleu pour les garçons et du rose pour les filles. 

Même si les vêtements sont en grande partie conçus pour se conformer au corps et à ses particularités anatomiques, ils servent aussi à passer un certain nombre de messages. Les femmes portent des soutiens gorge pour le maintien de leur poitrine mais ça sert aussi d’outil de séduction. Les dessous des hommes sont étudiés pour le confort, le maintien, la protection mais aussi la mise en valeur de leur partie génitale (voir les coquilles rouges et énormes utilisés dans les cours royales Européenne dans le passé).

Les personnes intersexués sont des personnes avec des anomalies à corriger (sur le plan anatomique et/ ou hormonal) de manière à se conformer à un seul et unique genre.

L’hétérosexualité est la norme et l’orientation sexuelle est définie par l'attirance pour une personne avec des parties génitales spécifiques.    

Hétérosexuel= attiré par l’autre sexe.

Homosexuel= attiré par le même sexe.

 

D’ailleurs tout ce qui n’a pas une sexualité, des caractéristiques sexuelles secondaires ou une expression de genre conforme est hors norme ou différent. Sans que ce soit forcément péjoratif.  

Le féminisme défend les femmes exclusivement et vise à réguler et réduire les inégalités homme- femme, à compenser la domination physique, culturelle et politique masculine… à protéger, aussi, autant que faire se peut, les femmes de la violence des hommes. La séparation des sexes dans les lieux intimes en est un des moyens.   

 

2. L’idéologie du genre et le féminisme libéral.

Le sexe biologique n’existe pas.

Parce qu’au niveau des éléments biologiques pris en compte pour différencier les hommes des femmes, à savoir chromosomes, hormones, partie génitales et production de gamète, il y a des différences et des particularités qui disqualifient ces données comme éléments probants.

Exemple :

  • Il existe des individus nés avec une vulve qui ont une production d’hormone semblable à celle des « hommes ».
  • Il existe ou a existé des individus qui sont nés avec des chromosomes XX et qui ont produit des spermatozoïdes.
  • Il existe des individus qui sont nés avec une vulve et qui ont de la pilosité au niveau du visage à l’adolescence.
  • Il existe des individus qui sont nés avec un pénis et qui n’auront jamais de voix grave en tant qu’adulte.

Les personnes intersexués, celle qui naissent avec les deux sexes en même temps, sont une preuve que le sexe biologique n’existe pas. Elles ne sont ni des hommes, ni des femmes ou alors les deux à la fois.

Des biologistes ont officiellement reconnus ne pas être tout à fait sûrs de savoir comment différencier un homme d’une femme.

Donc…

Etre un homme ou une femme n’a rien à voir avec son corps mais essentiellement avec les sentiments.

Pourquoi ? Parce que c’est uniquement au niveau de leur ressenti que les personnes intersexués déterminent si elles sont homme, femme, les deux ou aucun. Parce qu’il y a aussi des personnes transgenre qui, après un travail introspectif sur leur ressenti de genre, réalisent qu’elles ne sont pas ce qu’on leur a dit qu’elles sont à la naissance. La médication via l’absorption d’hormones sexuelles croisées et la chirurgie peuvent les sauver du mal être mortel causé par les erreurs commises par la nature sur leur corps.

Un ou plusieurs projets d’utérus artificiel et de transplantation d’utérus (don d’organe) de personnes nées avec un vagin vers les corps de personnes nées avec un pénis sont à l’étude.

 Le genre n’est pas binaire. Loin de là. Mais il n’a rien à voir avec le corps. Uniquement avec le ressenti des gens.

C’est le genre, ressenti donc, qui détermine et défini le sexe d’une personne.

Et comme il se base sur les sentiments, le genre est composé d'un large spectre de possibilités qui peuvent être fluides, changeante et se complexifier.

La ville de New York en reconnaît 31, Facebook 50 mais on en découvre tous les jours. Certains ont été capables d’en répertorier près de 100 et il n’est pas impossible qu’on puisse en trouver autant qu’il y a d’individus sur la planète.

Les personnes cisgenres sont des personnes qui se contentent du sexe qu’on leur a assigné à la naissance et qui n’ont pas eu (peut-être) la curiosité, la capacité intellectuelle ou encore le courage de s’interroger sur leur réelle identité de genre.

Les personnes non binaires son des personnes qui ont ressenti de genre qui ne se limite pas à un seul mais qui ne ressentent pas le besoin d’effectuer de modification corporelle importantes.

Les mots « homme » ou « femme » doivent être utilisés avec prudence et respect. Les pronoms pour s’adresser à quelqu’un aussi.

Tout ce qui se rapporte aux besoins corporels doit être désignés par des termes que les individus ont en commun.

Il y donc d’un côté des individus à vulve mentruateurs possesseurs d’utérus qui peuvent être enceints et allaiter avec leur buste.  De l’autre on a des personnes à testicules éjaculatrices propriétaires de prostate qui doivent veiller à ce que cet organe ne développe pas de cancer.

Il y a une culture spécifique lié au genre qu'on ressent. Et pour évaluer son ressenti de genre, on peut utiliser une échelle de valeur. Elle indique un spectre de possibilités qui part de la plus féminine Barbie et qui va jusqu’au plus masculin GI Joe. Et entre les deux il y a au moins 5 à 6 ressentis possibles et nuancé avec, au centre, le genre intersexué.

   

gender-spectrum

 

 

 

 

 

 

 

 

L’hétérosexualité n’est pas la norme. Mais l’orientation sexuelle L’orientation sexuelle n'est pas définie par l'attirance pour une personne avec des parties génitales spécifiques.   

Hétérosexuel= attiré par le genre différent, peu importe le sexe de son partenaire sexuel.

Homosexuel= attiré par le même genre, peu importe le sexe de son partenaire sexuel.

Le féminisme qui en découle défend toutes les femmes. Celles à qui on a imposé leur sexe et celles qui le ressentent même sans rien modifier. Le symbole qui uni toutes ces femmes qui défendent toutes les femmes c’est le X unique et commun à toutes.

La séparation entre les sexes dans les lieux intimes est à proscrire. La lutte pour des toilettes, des douches et des vestiaires mixtes, le combat pour ne pas prendre en compte le sexe des individus pour les inclure dans les prisons et les sports sont un exemple des combats menés.

Un des objectifs qui peut accompagner ce féminisme est celui qui vise à supprimer les inégalités homme- femme en supprimant l’idée qu’il existe des hommes et les femmes (plus de il, plus de elle, que des eux ou them en anglais).

 

3. L’annihilation de la notion de genre et le féminisme radical.

Le sexe est biologique fait référence aux capacités de reproduction de chaque individu. (voir conception du sexe partie 1)

Le sexe est binaire.

Les individus humains mâles sont appelés homme et les individus humains femelle sont appelé femme.

Les personnes intersexués ne sont que des femmes ou des hommes avec des particularités génitales, chromosomiques et ou hormonales particulières. Il n’y a rien à faire modifier chez elles.

La base de référence, c’est la capacité de reproduction. Même quand elle est défaillante, non opérationnelle ou pas utilisée.  

En tout cas, le sexe n’a rien à voir avec le ressenti de genre puisque…

Le genre, n’existe pas.

Le genre, c’est la construction culturelle et sociale qui enferme les individus dans des rôles d’homme ou de femme stéréotypés et rigides pour rien. De toutes les façons ça varie en fonction des époques et des cultures. Il est donc tout à fait possible de le réécrire.

Exemple : le bleu, avant le vingtième siècle et la société de consommation, était attribué aux fille à la naissance. Pour la simple raison que c’était la couleur de la Vierge Marie. Le rose était pour les garçons parce que c’était du rouge pâle. Et avant ça, le rose et le bleu n’étaient pas du tout utilisés pour marquer les différences entre les sexes des enfants.   

Ainsi, une femme à barbe est une femme. Un homme efféminé et qui aime porter des robes est un homme. Un garçon qui aime le rose et les poupées n’est un garçon qui exprime librement ses goûts. Une fille qui n’a pas beaucoup de poitrine et qui aime les camions est une fille qui exprime librement ses goûts. Et les goûts de chacun devraient être libres quelques soit le corps avec lequel ils naissent.

L’hétérosexualité n’est pas la norme. Loin de là. L’orientation sexuelle est définie par l'attirance pour une personne avec des parties génitales spécifiques.  

Hétérosexuel= attiré par l’autre sexe.

Homosexuel= attiré par le même sexe.

Le féminisme qui en découle est radical. Il ne se préoccupe que des femelles de l’être humain.

Parce que ce sont ces capacités de reproduction spécifiques qui en ont fait un objet de convoitise que les hommes ont toujours voulu contrôler où utiliser comme source de réjouissance ou de revenu. 

L’objectif de ce féminisme n’est pas la réduction des inégalités entre homme et femme, le combat pour l’égalité homme – femme ou encore la fin des inégalités homme- femme en supprimant l’idée qu’il existe des hommes ou des femmes.

L’objectif est la destruction du genre et la libération des femmes du patriarcat pour qu’elles arrêtent d’être objectivées, utilisées, soumises et pénalisées. 

Le patriarcat se définit par tout ce qui est conçu, voté, construit, pensé et organisé en faveur des hommes.

La notion même de « féminité », à savoir les éléments qu’on utilise pour dire qu’une femme est féminine ou pas n’a aucune valeur. Parce que cette notion et son application dans la vie des femmes n’a été pensée qu’en faveur des hommes.

Tout ce qui de près ou de loin transforme les femmes en objet de consommation est à bannir et n’a pas à être valoriser : prostitution, pornographie, gestation pour autrui, pratiques sexuelles mutilantes ou dégradantes, vente d’utérus …. Etc.

 

Bilan de mi-parcours: 

Ces trois conceptions du rapport sexe-genre et du féminisme qui en découle ont- elles des différences ?

(Le premier qui dit non copiera le mot sexe dans trois langues différentes, 100 fois...)

Ben…  Oui

Ces trois conceptions du rapport sexe-genre et du féminisme qui en découle ont -elles des divergences ?

Ben… Oui.

Ces trois conceptions du rapport sexe-genre et du féminisme qui en découle ont- elles des convergences ?

Ben… Oui.

 

C’est-à-dire ?

Le sexe biologique est-il pris en compte ?

Féminisme traditionnel : Oui

Féminisme libéral : Non

Féminisme radical : Oui

 

Le genre est-il défini par le sexe ?

Féminisme traditionnel : Oui

Féminisme libéral : Non

Féminisme radical : Non. Le genre n’existe pas. C’est juste un ensemble de convention sociale.

 

La culture liée au genre (homme, femme, entre deux…etc) correspond -t – elle à quelque chose de précis ?

Féminisme traditionnel : Oui

Féminisme libérale : Oui

Féminisme radical : Non. Ça doit être libre.

 

L’hétérosexualité est-elle la norme ?

Féminisme traditionnel : Oui

Féminisme libérale : Non

Féminisme radical : Non

 

L’orientation sexuelle a- t- elle un rapport avec l’attirance pour des parties génitales particulières ?

Féminisme traditionnel : Oui

Féminisme libérale : Non

Féminisme radical : Oui

 

Comment sont considérées les femmes transgenres? 

Féminisme traditionnel : Comme des femmes transgenre. 

Féminisme libérale : Comme des femmes comme les autres. Voire plus femme que les autres vu qu'elles, au moins, ont pris le temps de s'interroger sur leur ressenti de genre alors que les autres, les cisgenres, se contentent du genre et du sexe assigné. 

Féminisme radical : Comme des femmes transgenres. Cependant, dans le cas des non- binaires et fluides (des personnes qui ne se sentent pas femme tout le temps), comme des hommes qui se mettent en robe quand ça les arrange. 

 

Lutte- t- on contre le patriarcat ?

Féminisme traditionnel : Oui. Homme = l’homme hétérosexuel.

Féminisme libérale : Oui. Homme= l’homme cisgenre et hétéro.

Féminisme radical : Oui. Homme = version mâle de l’être humain.

 

On fait quoi pour la prostitution (et l’utilisation du sexe comme source de revenu en général)?

Féminisme traditionnel : Il faut aider celles et ceux qui en souffre.

Féminisme libérale : C’est un métier comme un autre et une source de puissance pour les femmes.

Féminisme radical : C’est un outil du patriarcat qui les réduit les femmes à un objet de consommation.

 

Faut-il des lieux intimes, des prisons et des épreuves sportives séparées sur la base du sexe des individus ?

Féminisme traditionnel : Ça dépend du risque que certaines situations ou hommes peuvent présenter (agressions, viols, grossesse carcérales, inégalités physiques pour le sport)…

Féminisme libéral : Non. Le sexe biologique n’existe pas. Donc ça n’a pas à être pris en compte. Et si ça peut paraître injuste (pour le sport) ou potentiellement dangereux (prisons ou toilettes) il faut faire avec et ne surtout pas hésiter à signaler quand il y a un problème.

Féminisme radical : Oui. Les femmes de même sexe ont besoin de se retrouver dans des endroits non mixte pour leur sécurité, et aussi pour leur confort. Et les libérales peuvent dire ce qu’elles veulent, mais, si ça ressemble à un canard, que ça boîte comme un canard, que ça vole comme un canard et que même quand ça essaye de dire « Ouaf ! » on entend «Coinc ! »… C’est un canard. Et, malheureusement, on ne sait jamais quand un homme peut être dangereux. Surtout dans des lieux où on est vulnérable.  C’est oui aussi à la séparation pour le sport. De toutes les façons, si c’est injuste, à quoi ça sert d’avoir des épreuves sportives pour femmes ? Autant faire tout mixte.

 

Accepte- t- on les autres formes de conceptions du genre et du féminisme ?

Féminisme traditionnel : Oui. Ça n’a jamais été uniforme.

Féminisme libéral : Non. Ça peut tuer des gens. Provoquer des suicides, des meurtres ou des génocides. De toute façon, le traditionnel est obsolète et le radical c’est une version fasciste du féminisme qu’il faut détruire vu que c'est un repère de TERF et de SWERF (voir 1000 et une façon d'être transphobe sans le savoir). 

Féminisme radical : Oui. Le féminisme n’est pas un uniforme. Il n’a pas de couleur politique particulière. Ce féminisme est une vision et un avis parmi d'autre sur les combats à mener pour les femmes. Que les autres fassent ce qu'ils veulent. Y'a pas de raison d'y renoncer même sous la contrainte ou la menace. 

 

Bilan de fin: 

Est-il possible d'imaginer que ces trois conception du rapport sexe - genre puissent, non pas collaborer, il y a trop de divergences, mais Co- exister?

Comme par exemple dans une société régit par des règles telles que la liberté de croyance et d'opinion inscrite dans la constitution? Même si certains point de vue peuvent choquer les valeurs des autres?

Après tout, les chrétiens n'essaient plus de trucider les athés sous prétexte qu'ils déclarent des choses qui pourraient, potentiellement, invalider l'existence d'un certain nombre de bâtiments, de biens, de métiers, de fêtes et de revenus en prononçant la phrase: DIEU N'EXISTE PAS !!!

 

Oui?

Non? 

La divergence d'opinion doit- elle vraiment être considérée comme un crime de haine dans une société démocratique?  

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