François Asselineau : la culture en second plan

A l’image de nos voisins européens et de leurs partis centrés sur un discours anti-UE (AfD pour l’Allemagne, Ukip pour l’Angleterre), on peut imaginer que l’UPR développe un propos essentiellement limité à la défense de la souveraineté française par un retour à l’”indépendance”. Dès lors, y-a-t-il une place pour la culture dans le projet de François Asselineau ?

François Asselineau se définit comme “le candidat du Frexit”, expression choisie en référence au “Brexit” qui désigne la sortie de l’Angleterre de l’Union Européenne (UE). Créée en mars 2007, l’Union Populaire Républicaine (UPR) veut “rassembler provisoirement, en dehors du clivage droite-gauche afin de faire sortir au plus vite la France de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN”.

Son projet, assez synthétique, tient en sept points. A l’image de nos voisins européens et de leurs partis centrés sur un discours anti-UE (AfD pour l’Allemagne, Ukip pour l’Angleterre), on peut imaginer que l’UPR développe un propos essentiellement limité à la défense de la souveraineté française par un retour à l’”indépendance”. Dès lors, y-a-t-il une place pour la culture dans le projet de François Asselineau ?

Dans le programme présidentiel, rien n’est annoncé. Deux points nous interpellent cependant, relatifs à notre Appel pour la diversité culturelle et musicale : “La fin de la « Françafrique » et le développement d’une nouvelle ère de coopération égalitaire avec les pays d’Afrique”. Ces deux mesures pourraient éventuellement rejoindre l’axe numéro cinq de la campagne #AuxSons pour des échanges équitables entre le Nord et le Sud.

C’est dans le programme législatif que l’on retrouve enfin une partie relative à la culture. La volonté culturelle de l’UPR est de protéger le patrimoine français en augmentant les budgets destinés à sa sauvegarde. L’enseignement artistique et sportif ainsi que le développement de l’éducation populaire sont de plus mis en avant mais sans réelles mesures concrètes. La section “promouvoir la culture comme moyen d’ouverture sur le monde” semble intéressante au regard de notre Appel pour la diversité culturelle et musicale qui promeut entre autres, les richesses de la diversité, la libre circulation des artistes et une meilleure reconnaissance des musiques du monde. La France doit ainsi “favoriser l’ouverture à toutes les cultures du monde, sur un pied d’égalité”. La principale mesure est l’obligation pour les grandes chaînes de télévision et radios de “diffuser des informations et oeuvres représentants les points de vue d’autres civilisations”. Cette proposition rejoint l’idée de favoriser la diversité des expressions culturelles portée par la campagne #AuxSons et notamment la proposition  d’instaurer un quota de 10% pour les musiques du monde à la télévision et à la radio. Cependant la mesure de François Asselineau reste trop vague pour que l’on puisse affirmer qu’il se positionne en faveur de quotas. L’UPR s’inscrit enfin dans le combat pour l’exception culturelle sans pour autant aller aussi loin que les autres candidats.

Il est à noter que la section du programme concernant la Francophonie est relativement bien développée par rapport aux autres candidats. Ainsi le parti de droite souhaite “Faire de la francophonie une référence culturelle commune mondiale”. Il prévoit une refonte de l’organisation francophone avec l’instauration d’un parlement de la Francophonie, qui serait cependant basé à Paris. La solidarité avec l’espace francophone doit prendre une nouvelle ampleur et les fonds structurels alloués à l’UE doivent être réorientés vers les pays francophones. L’UPR veut donc “donner corps à une véritable communauté francophone fondée sur des liens d’égaux à égaux“. Le poids économique de la France, principal financeur de cette solidarité, serait contrebalancé par la mise en place d’un parlement.

L’UPR développe un programme culturel assez court qui semble  ouvert sur la question de la diversité culturelle, bien que les mesures proposées soient décevantes. L’UPR propose une restructuration de la Francophonie intéressante mais prône une sortie de l’UE qui serait un véritable frein à la liberté de circulation des artistes si cela entrainait une rétablissement des contrôles aux frontières.  L’absence de la culture dans le projet présidentiel nous amène de plus à douter de la volonté du candidat François Asselineau à mettre en place une réelle politique culturelle.

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