L'accent, de haut en bas

Je voudrais revenir sur des propos récents que je trouve totalement inacceptables de la part d'un commentateur qui sévit sur une radio publique, un parfait exemple de la droitisation identitaire qui a désormais le vent en poupe. Il s'agit de propos émis par un multi-récidiviste que l'on peut trouver immortalisés ici en bonne compagnie.

C'est sidérant en effet, pour reprendre le terme utilisé. Maurras n'aurait pas fait pire.

Car un accent, dans l'esprit de celui qui le déplore, se définit comme déviant par rapport à une norme, norme qui n'est pas du tout arbitraire mais en réalité pour le coup l'idéal proto-fasciste et réactionnaire du bien parler dans les salons, la référence ultime du parvenu mondain qui par sa maitrise de la langue jusqu'à son intonation tient à se démarquer du bas peuple voire de ses origines, bas peuple d'autant plus méprisable qu'il incorpore des tonalités repoussantes, venues d'ailleurs menacer ce bel idéal républicain qu'est la manière de parler du Roi de France…Ah ce beau pays qui est le notre à l'histoire si riche menacée par des Mohométans…

Cela fait de Finkie non seulement un raciste viscéral (qui au mieux fait du racisme sans le savoir comme Mr Jourdain faisait de la prose), mais aussi un collabo de première avec la bourgeoisie la plus réactionnaire, celle qui tient absolument par esprit de classe à se démarquer du petit peuple qu'elle méprise de sa morgue hautaine et qu'elle destine aux confins des banlieues, la larme à l'oeil de voir un enfant du terroir (un innocent j'imagine) attraper un accent arabe.

Ses propos sont à vomir et je trouve absolument scandaleux qu'ils puissent etre prononcés et tolérés sur une chaine publique aux frais du contribuable : payer des impots pour entendre ça est tout simplement intolérable et inacceptable, d'autant plus qu'en ce qui concerne Dieudonné l'arsenal répressif a été immédiat (alors que ceux qui l'entendaient payaient pour, dans ce cas-ci on paie d'office).

Maintenant, peut-etre un mot sur un article remarquabe passé inaperçu, ici, qui donne des analyses autrement plus pertinentes que celles à laquelle je m'attaque ci-dessus.

 

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