Peut-on être trop féministe ?

Si l'écriture inclusive est une avancée certaine quant à la reconnaissance du rôles des citoyennes dans tous les corps de métier de la société, elle reste cependant une avancée timide et silencieuse car souvent non verbale, conduisant par ailleurs à des aberrations et atrocités linguistiques comme « une professeure » ou une « une rapporteure ».

Si l'on commence à voir le terme "une auteure" laisser progressivement la place à "une autrice", l'intérêt est double :

  • d'une part, c'est cohérent au niveau linguistique avec : une actrice, une institutrice, une inspectrice, une rectrice, une directrice, une traductrice, etc.
  • d'autre part, ceci apporte l'avantage d'être perçu à l'oral. Je revendique que nous ne nous cantonnions pas aux seuls non-dits, aux seuls écrits, aux 'e' muets, mais que cette féminisation se porte et à l'écrit et à l'oral : qu’elle se dise, qu'elle se crie, en toute fierté.

 Alors vivent les rapportrices de l'Assemblée nationale, les apportrices d'affaire, vivent les recrutrices, les perquisitrices, les certificatrices !

De même, nous ne dirions plus une professeure, une censeure ou une assesseure mais une professeuse, une censeuse et une assesseuse. Certes, je vous entends d'ici vous écrier : "ça ne sonne pas bien", "c'est moche", etc.

Pourtant déjà, personne d'entre nous ne s'offusque de dire une masseuse, une danseuse, une faiseuse d'affaire ou une régisseuse, par exemples. Est qu'être une « masseuse » est moins valorisant qu'être une « masseure » ? N'existe-t-il pas des danseuses étoiles ? Devrions-nous les appeler des « danseures » étoiles pour que leur titre soit encore plus prestigieux ? Est-ce péjoratif d'être une « régisseuse » plutôt qu’une « regisseure » ?

 Il me semble que c'est juste une question d’habitude, que la valeur associée à ces nouveaux termes viendra avec l’usage que nous en ferons.

Alors écrivons mais aussi crions fièrement l'égalité que nous souhaitons.

 

 

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