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Une école sans grilles, sans portail d'entrée, sans surveillants ni carnet de correspondance... Reportage-photo
Un reportage photo sur un groupe scolaire comprenant une école primaire, et ce qui correspond à un collège, sans murs ni portail d'entrée, sans grilles, un collège sans surveillants ni carnet de correspondances. Tous peuvent entrer et sortir librement.
Voici les photos que je suis allée prendre aujourd'hui, dimanche 3 octobre 2010, dans le groupe scolaire près de chez moi.
Tout d'abord, l'entrée depuis la rue:
Entrée école primaire, vue de la rue
Certains ne pouvant s'imaginer que tout soit libre d'accès, comme une ancienne directrice d'Ecole qui nous avait rendu visite, voici une 2ème photo où une voiture passe dans la rue:

J'y suis allée à vélo et suis donc entrée librement dans la cour de l'école que j'ai photographiée, ici vue sur la rue au moment où passe une voiture, photo prise depuis le parking des enseignants.
On y voit la barrière automatique relevée, qui en semaine empêche d'autres voitures de venir s'y garer, mais les enfants peuvent entrer dans l'école aussi par ici:

Ici, vue de l'entrée de la cour de l'école sur le parking des enseignants, une voiture monte la côte:

Voici en contre-bas, le parking des enseignants, vu de la rue, on y voit la barrière qui se ferme en semaine pour ne laisser passer que les voitures des enseignants. Sur la gauche de l'image, l'escalier qui permet de passer au niveau supérieur :

Voici une vue depuis le parking des enseignants sur le 2ème niveau, ils entrent là où ils ont cours :

J'entre donc dans la cour et gare mon vélo sous le deuxième bâtiment couvrant la cour, voici la vue de l'intérieur vers la rue où passe une voiture:

J'y vois l'entrée de l'école primaire "Grundschule":

et j'entre à pied dans la première cour. On y voit une table de "ping-pong" sous un arbre:

Je continue dans la cour et arrive dans une partie arrondie, une sorte de 2ème cour, où se trouvent deux autres tables de "ping-pong", un filet de basket-ball et un certain nombre de possibilités pour s'asseoir, certaines sont faites de troncs d'arbres plantés dans le sol, d'autres de bancs fait avec des troncs d'arbres ou deux "buses" posées sur le sol, recouvertes d'une planche... :

Voici les troncs d'arbre plantés dans le sol pour s'asseoir en demi-cercle, discuter en groupes ou regarder ceux qui jouent au ping-pong ou au basket-ball.
Au fond, on voit un autre bâtiment et une 3ème cour avec des équipements de jeux, le bâtiment est en rénovation :

Voici quelques parties de jeux dans cette 3ème cour :

ou ici:

Voici une autre partie de la 2ème cour, un bâtiment scolaire et une partie pour les jeux, dont une table de "ping-pong":

Je m'approche des équipements installés sur le sable et constate qu'il y a un petit mur pour faire de l'escalade et tout un tas de possibilités de jouer avec son corps, de se détendre et s'étirer en tous sens, avant de reprendre les cours:

Voilà, je me redirige vers la sortie, passe devant une porte où est annoncé le 28ème championnat de ping-pong pour débutants le 10 octobre à 14h30 (l'école se termine à 13h) et sur l'autre porte, un papier informant les parents qu'il y a eu 2 cas de scarlatine dans l'école :

Je repasse devant un escalier qui mène au premier niveau, une cour avec de l'herbe et des arbres:

Je retrouve mon vélo garé dans la première cour

et rentre en vous laissant ce lien sur une autre cour d'école.
C'est peut-être pour cela que les enfants aiment aller à l'école en grande majorité et qu'ils disent s'y sentir bien...
Il y a quelques semaines j'étais allée à quelque 4-5 km de là voir une autre école primaire et sa cour. Mais je n'avais pu entrer. La voici:
Ecole primaire Grosblie
Ici, les enfants sont "encadrés" et "surveillés" car les adultes ont peur qu'ils ne sortent tout seuls et ne fassent des "bêtises".
C'est peut-être pour cela qu'environ 71% des enfants s'y ennuient et disent ne pas aimer l'école comme certains enseignants le constatent.
Si j'avais eu le choix lorsque j'étais enfant, je crois que j'aurais vite choisi, j'aurais préféré être responsabilisé dès la maternelle plutôt que d'être "encadrée" , "dirigée", infantilisée...
Mais les adultes pensent que le bonheur à l'école n'a pas lieu d'être pour apprendre, comme le constate Caroline Birzard du Nouvel Observateur:
et que la beauté de l'architecture scolaire, le design auquel sont impliqués les élèves, ne joue aucun rôle dans la formation du futur adulte.
Que penser ?
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Ce jeudi 20 janvier 2011...
j'ai repensé à cet article en passant devant l'école primaire lorsque je rentrais à pied de la piscine.
J'ai pris quelques photos avec mon portable pour les partager avec vous.
Il était 8h30 du matin, les cours avaient commencé.
Voici la vue de la rue, toujours pas de grilles ni de surveillants à l'entrée:

L'accès de l'autre côté est toujours libre, un prof semble se garer, les cours ont lieu dans les différents bâtiments:

Voilà...
Quand je lis et entends ce que vivent les enfants en France, cela fait mal... et pose des questions pour l'avenir du pays...


Tous les commentaires
C'est outre-rhin ! j'allais régulièrement avec les élèves de section internationale ds ce même type d'établissement :)
c'est sûr qu'en France, ce n'est pas du tout la même approche....ni politique...
C'est outre-rhin ! j'allais régulièrement avec les élèves de section internationale ds ce même type d'établissement :)
c'est sûr qu'en France, ce n'est pas du tout la même approche....ni politique...
En France les parents sont ils prêts à laisser leurs enfants dans une école sans surveillance, sans portail, sans murs ?
Je n'imagine pas comment c'est possible en pleine ville, d'ailleurs.
En France il est obligatoire d'avoir un sol " mou " antichoc sous les jeux d'enfants, ( normes européeennes ) je vois que ce n'est pas le cas en Allemagne ?
En france tout est psychose! je ne vois pas ou est le probleme de laisser tout ouvert , plus vite vous responsabiliser les enfants mieux c'est .
J ai pas connu cette mentalité, à l'école primaire j allai à pied toute seule à l ecole et les autres aussi.on traversé tout seul, on savait qu il fallait pas s'arréter et parler à n importe qui et que si on avait peur fallai crier au secours lol.
Merci pour cet air frais ! Je soppose que l'école allemande n'est pas située dans un tout petit village perdu, vue sa taille...
Le livre japonais (de poche )"Toto Chan de Tetsuko Kuroyanagi nous fait vivre dans une école inouïe où "le directeur lui avait fait totalement confiance...et l'avait traitée comme un individu à part entière" ... " elle ressentit au plus profond de son coeur toute la gentillesse qui émanait de lui "... " La petite phrase qu'il ne cessait de me répéter m'a soutenue tout au long des années: "En vérité, tu es très gentille!"...on m'aurait collé l'étiquette de "méchante fille" quoique je fasse et mes complexes m'auraient empêchée de devenir une adulte épanouie ". Ce directeur trouve les exercices de sport dans lesquels l'enfant malingre sortira le meilleur !
Une école ouverte dans laquelle tout le personnel est impliqué dans la tâche éducative, avec des relations respectueuses de la place de chacun et coordonnées, où l'on sent la motivation et l'envie des adultes donne nécessairement aux élèves l'envie de recevoir, de proposer, de partager et de tavailler à la réussite .Le groupe est alors vécu comme une richesse où l'on se donne des coups de mains pour y arriver...
Tout cela concerne le recrutement des personnels, leur évaluation, leur coordination, le repect et les moyens de tous ordres qui leur sont affectés.
Voilà l'utopie que je propose à l'Education Nationale !
"une école inouïe où "le directeur lui avait fait totalement confiance...et l'avait traitée comme un individu à part entière" ..."
Mais un enfant qui naît est déjà "un individu à part entière".
Le considérer comme tel, le respecter et lui faire confiance lui permet de s'épanouir et de se sentir bien dans sa peau, il peut agir en être responsable dès son plus jeune âge.
Quand il est traité comme un être "immature" qui "fait des bêtises" , évidemment ce n'est plus du tout la même chose.
En corrélation à cet article-reportage, j'ai aussi écrit un article relatant l'apprentissage de la démocratie à l'école.
L'un et l'autre se tiennent. Voici le lycée dont est extrait ce texte
"En France les parents sont ils prêts à laisser leurs enfants dans une école sans surveillance, sans portail, sans murs ?
Je n'imagine pas comment c'est possible en pleine ville, d'ailleurs."
Personnellement, je connais plein d'écoles en ville, c'est exactement la même chose.
Par exemple cette école de Hambourg où chaque classe a sa plate-bande que ses enfants cultivent:
Voici l'école vue de Google Earth:
On y trouve aussi
ou
Je pourrais montrer des entrées d'école sans aucune grille ni barrière, entrée et sortie totalement libres, pas de pions ni de contrôles...
Pas de carnet de correspondance où l'on considère l'enfant comme rien et où la communication passe par-dessus sa tête... d'adulte à adulte...
Ce sont les enfants qui sont chargés d'informer les parents, par une feuille qui contient les informations. S'ils oublient, ce sont eux qui en portent les conséquences. Cela ne se passe pas deux fois.
Mes gamins à Hambourg ont pris le métro tout seuls dès l'âge de 5 ans, sont partis seuls à vélo pour découvrir la ville à 9 ans. Etc... comme tous les autres.
Quand on responsabilise les enfants, ils se prennent fort bien en mains.
Ceux que cela intéresse pourront cliquer sur ces écoles primaires et regarder les photos:
http://schule-gartenstadt.hamburg.de/index.php
http://www.schule-hohe-landwehr.hamburg.de/index.php
http://www.schule-ratsmuehlendamm.hamburg.de/index.php
http://schule-schulkamp.hamburg.de
http://www.schule-laemmersieth.hamburg.de/ (voir la galerie de photos en bas, on y voit la cour et ses équipements)
http://www.schule-am-eichtalpark.hamburg.de/ (on y voit un cirque dans la cour)
Etc...
ont'il également supprimé les profs marxistes et les idéologues ?
Ainsi que les éducateurs publiant des ouvrages pratiquant l'apologie de la pédophilie ?
Ce serait un soulagement.
C'était juste pour le fun
Allez y notre bonne Etoile 66, enfoncez le clou, notre système scolaire est complètement à repenser....
Quand on le dit on nous prend pour un idéaliste irresponsable. Il suffit de voyager un peu sortir de nos petits débats franco-français...des petits gémissements dépressifs de nos enseignants dépassés.
En cherchant sur le serveur de l'Education de Hambourg, les écoles primaires pour en donner quelques photos, je suis tombée sur ce poster qui dit :
"Tout est difficile, avant de devenir simple"
J'ai habité juste à côté de cette école à Hambourg.
Je constate qu'ils ont construit un mur à escalader dans la salle de sport depuis notre départ:
Il suffirait juste de respecter l'enfant dès sa naissance et de le considérer comme une personnalité à part entière... sans l'infantiliser à outrance.
Il se prendrait en mains assez vite, comme le font tant d'enfants dans le monde, en toute responsabilité et liberté.
Ceci va de pair avec le respect de l'autre exprimé dans l'article:
Apprentissage de la démocratie à l'Ecole
Merci pour cet air frais ! Je suppose que l'école allemande n'est pas située dans un tout petit village perdu, vue sa taille...
Le livre japonais (de poche )"Toto Chan de Tetsuko Kuroyanagi nous fait vivre dans une école inouïe où "le directeur lui avait fait totalement confiance...et l'avait traitée comme un individu à part entière" ... " elle ressentit au plus profond de son coeur toute la gentillesse qui émanait de lui "... " La petite phrase qu'il ne cessait de me répéter m'a soutenue tout au long des années: "En vérité, tu es très gentille!"...on m'aurait collé l'étiquette de "méchante fille" quoique je fasse et mes complexes m'auraient empêchée de devenir une adulte épanouie ". Ce directeur trouve les exercices de sport dans lesquels l'enfant malingre sortira le meilleur !
Une école ouverte dans laquelle tout le personnel est impliqué dans la tâche éducative, avec des relations respectueuses de la place de chacun et coordonnées, où l'on sent la motivation et l'envie des adultes donne nécessairement aux élèves l'envie de recevoir, de proposer, de partager et de travailler à la réussite .Le groupe est alors vécu comme une richesse où l'on se donne des coups de mains pour y arriver...
Tout cela concerne le recrutement des personnels, leur évaluation, leur coordination, le respect et les moyens de tous ordres qui leur sont affectés.
Une utopie bien vivante !
Merci, pierrette11 de votre contribution.
A votre question:
"Merci pour cet air frais ! Je suppose que l'école allemande n'est pas située dans un tout petit village perdu, vue sa taille..."
je répondrais que ce genre d'écoles existent dans toutes les villes, avec beaucoup de "vert" et de nature, comme je l'ai montré ci-dessous avec des photos et en citant des liens pour aller vérifier.
"le directeur lui avait fait totalement confiance...et l'avait traitée comme un individu à part entière"
Ce devrait être la norme.
La confiance, la bienveillance comme première approche de tout être humain, le respect de sa personnalité, qu'il soit un nourrisson, un enfant de maternelle ou un adulte.
Tout cela concerne le recrutement des personnels, leur évaluation, leur coordination, le respect et les moyens de tous ordres qui leur sont affectés.
Une utopie bien vivante !
Pour la formation et le recrutement des personnels, j'en ai évoqué non pas l'utopie, mais la réalité depuis des décennies.
Regardez par exemple, avec quelle infantilisation et condescendance la ministre Valérie Pécresse s'adresse à un enfant de 12 ans, on dirait qu'elle parle à un débile:
Pas étonnant que les enfants ainsi traités depuis leur naissance ne deviennent des adultes habitués à l'infantilisation et ne réagissent même plus lorsqu'elle est utilisée dans la vie de tous les jours !
Le travail en entreprise ressemble furieusement au travail à l'école.
Nous sommes devant ce choix : société de défiance ou société de confiance.
Aujourd'hui dans l'éducation comme au travail la société met en place les signes et symboles qui expriment l'autorité, et règlent ainsi les comportements.
Merci Etoile66 de vouloir redonner sa vraie vie à l'enfance !
Je suis bien d'accord, avec vous, je posais la question de savoir si les parents étaient prêts, franchement je n'y crois pas; étant parent d'élève élue, je constate que ce sont les parents qui demandent plus de " sécurité ".
J'imagine leurs têtes si demain le maire de Villeurbanne annonçait qu'il fait détruire les grilles et barrières autour des écoles.
Nous ne sommes pas non plus au milieu des champs mais au bord des routes, en pleine ville, je veux bien rêver à beaucoup mieux pour nos enfants mais il faut être réalistes, non ?
Rentrée de Dijon je lis les nouveaux commentaires et trouve le vôtre.
Merci d'être venu sur mon blog :-)
Vous écrivez:
"j'imagine leurs têtes si demain le maire de Villeurbanne annonçait qu'il fait détruire les grilles et barrières autour des écoles."
Vous décrivez si bien la situation!
Elle montre clairement que c'est toute la société française qui a peur, peur de la mondialisation, peur du chômage, peur de la maladie, peur de la mort, peur que ses enfants se fassent "écraser", etc...
On a même fait inscrire en France le "principe de précaution" dans la Constitution.
Il n'est nullement question d'enlever les grilles et les "protections" du jour au lendemain, mais de réfléchir à l'EDUCATION des enfants dès leur naissance pour les amener à prendre leur vie en mains en toute responsabilité.
Et cela marche avec des enfants tout petits, de un an et moins.
C'est LÀ que devrait commencer le respect de la personnalité de l'enfant et la confiance en lui qu'il peut agir en être responsable.
La vie n'est faite que de dangers. Le mieux est donc d'armer les enfants à les maîtriser seuls le plus tôt possible.
Car les protéger les expose à davantage de risques.
C'est ce que disait justement le responsable "sécurité" de cette région où était cette cour d'école:
Il disait que les enfants faisaient davantage attention et se blessaient bien moins lorsqu'ils devaient eux-mêmes veiller à ne pas tomber ou se blesser. Tous leurs sens étaient en éveil et les statistiques montraient qu'ils étaient mieux "protégés" que ceux que l'on mettait à l'abri de tout risque.
Ils apprenaient l'équilibre, comment réagissait leur corps dans les différentes situations:
Voici une école de Hambourg par exemple (une ville de 1,8 millions d'habitants), la cour de l'école :
"Nous ne sommes pas non plus au milieu des champs mais au bord des routes, en pleine ville, je veux bien rêver à beaucoup mieux pour nos enfants mais il faut être réalistes, non ?"
Que signifie "être réalistes, non?" ?
N'est-ce pas sincèrement plus réaliste d'habituer les enfants au monde que de les en protéger ?
N'est-ce pas plus réaliste de les habituer à toutes les situations, voitures, circulation, rivière, dangers divers, en les amenant à affronter toutes les situations en êtres responsables après leur avoir expliqué les choses, que de les "mettre à l'abri" des dangers par des grilles ?
Ne seront-ils pas plus sûrs d'eux et mieux dans leur peau que des enfants protégés de tout et élevés comme dans du coton ? Le choc de la réalité sera d'autant plus dur.
Je me souviens de mon fils de 7 ans à qui je disais - de manière stupide qui ne correspond en fait pas du tout avec mon éducation à la responsabilisation - "Fais attention en traversant ce grand carrefour"... il m'a répondu: "Maman, mais en traversant le carrefour, un météorite pourrait aussi bien me tomber sur la tête et me tuer"...
Avait-il tort? La vie n'est que la traversée de mille et un dangers qu'il vaut mieux affronter les yeux ouverts que de manière naïve et donc dangereuse.
Et toutes les écoles du pays où je vis sont SANS grilles, sans surveillants, sans contrôles partout et "encadrement" d'enfants qui pourraient potentiellement courir des dangers.
La vie est un danger, la mort est assurée pour chacun d'entre nous.
Tout anesthésier et écarter ne sert pas à affronter cette vie... fascinante mais pleine de dangers qu'il vaut mieux regarder dans les yeux le plus tôt possible pour ne plus en avoir peur.
Dans un pays où l'Etat protège de tous les risques, on a une Education nationale qui a produit des adultes très peureux qui surprotègent leurs enfants et les rendent par là-mêmes eux-mêmes peureux. La France dans son ensemble a peur de tout.
Vous le confirmez en écrivant:
"Nous ne sommes pas non plus au milieu des champs mais au bord des
routes, en pleine ville, je veux bien rêver à beaucoup mieux pour nos
enfants mais il faut être réalistes, non ?"
Si l'homme a construit des villes, il faut apprendre à ses enfants à y vivre et non à les surprotéger.
Que pensez-vous donc de cette école primaire sans grilles ni contrôles où les voitures passent dans les deux sens toute la journée? Voici une vue depuis l'autre trottoir, vue sur l'entrée de l'école:
Et voici une vue depuis la cour de l'école sur la rue, les voitures passent sans arrêt, et c'est une école PRIMAIRE :
Une anedocte pratique pour finir. Nous habitons à la frontière franco-allemande actuellement. Notre petite-fille vient d'avoir un an. Ses parents et nous l'avons habituée à se prendre en mains - à son niveau - depuis toujours. Elle ne marche pas encore toute seule, elle a encore besoin de tenir la main, mais elle marche à "quatre pattes" depuis plusieurs mois. Nous avons des escaliers dans la maison et deux marches pour descendre de la maison sur la terrasse et deux autres de la terrasse dans le jardin. Nous avons des carreaux en terre cuite sur la terrasse.
Eh bien, cette petite fille de 9-10 mois nous l'avons habituée à se déplacer toute seule, et elle descend les marches de la terrasse en faisant parfaitement l'équilibre de son corps pour ne pas glisser sur les carreaux ni tomber sur la tête. Elle fait les mouvements en conséquences et vérifie bien que son corps est en équilibre avant de descendre toute seule les marches à quatre pattes.
Une amie française était là la semaine dernière, sur la terrasse et a vu comment elle allait descendre les marches à quatre pattes pour aller dans le jardin. Elle s'est mise à crier "Attention!" en me demandant de regarder ce qu'elle faisait.
Je l'ai rassurée en lui disant qu'elle savait fort bien descendre les marches en gardant son équilibre.
Plus tard, l'enfant, voulant cueillir une fraise mûre, s'est tapé la tête contre une grosse pierre.
L'amie française a commencé à la plaindre, en prenant un ton "compatissant" et un peu larmoyant.
Je l'ai vite arrêtée et lui ai dit que c'était normal de se faire mal quand on tombait et que la prochaine fois elle ferait attention à la pierre.
L'enfant a regardé notre amie française qui s'appitoyait sur son sort et a commencé à pleurer, je lui ai seulement dit que c'était normal, que la pierre était dure et que tomber dessus n'était pas agréable, elle a immédiatement arrêté de pleurer.
L'amie française était stupéfaite, elle voulait la consoler, la plaindre, etc... et lui donner ainsi la conscience que c'était terrible de se faire mal.
Ce petit exemple montre la profonde différence d'éducation, l'une incitant les enfants à se prendre en mains à leur niveau, l'autre les mettant dans un cocon et les plaignant quand ils se font mal, ce qui les rend peureux et incapables de prendre de risques.
Un proverbe français dit pourtant: "Qui n'ose rien n'a rien". Et cela commence dès la naissance.
C'est un long processus qui permet de découvrir le monde et de l'apprivoiser sans avoir PEUR.
J'aime bien lire Karlfried Dürckeim car entre autres c'est lui qui a fait découvert à l'Occident la sagesse orientale. Dans les années 20 il fit une lecture au Bahaus sur Lao Tseu et son ouvrage Tao tö King qui changea les mentalités, et inspira très fortement Mies van der Rohe sur la notion de vide.
Je voudrais juste citer un vers : " On façonne l'argile pour en faire des vases mais c'est du vide interne que dépend leur usage."
Ramené à l'éducation, à l'économie, etc. cette phrase veut dire : "On a beau structurer, la structure n'a de sens qu'avec un contenu, une âme".
Il est facile de structurer en légiférant sans arrêt, en créant sans arrêt l'organisation de l'organisation (le PS est très fort pour ça), en plaçant ici ou là des cartons jaunes ou rouges (je connais une entreprise qui fait ça, tous les lundi chacun reçoit son carton...)... Ce qui veut dire en fin de compte : tout faire pour ne pas affronter l'âme, soit l'humain.
Ah, que l'humain est dangereux !
Pour revenir à Dürckeim, il avait 3 préceptes essentiels pour l'éducation des enfants par les parents mais qu'on peut reproduire à l'école :
1- Laisser s'exprimer ses enfants d'une façon naturelle (soit arrêter de les refouler par des injonctions "tais-toi, etc. ou de les plaindre, ou de les traiter comme des peluches). A deux ans l'enfant a conscience de son Je. On peut donc s'adresser à son Je.
2- Comprendre le caractère spécifique, unique, singulier, de chaque enfant (il y a des minces, des p'tits gros, des rapides, des lents, des manuels, des doux, des cow boys, je voudrais inventer un etc puissance un million !)
3- Prendre le temps d'aimer ses enfants (l'amour n'existe que par le ressenti de l'enfant qui en reçoit les preuves)
Avons-nous ces qualités-là réunies à l'école ?
Une histoire m'est restée en mémoire depuis l'école maternelle - c'est dire si elle m'a frappé - symbolisant le manque d'amour, de compréhension et la difficulté à laisser s'exprimer un enfant. Je ne dis pas que toutes les maîtresses ressemblent à celle de mon histoire, heureusement...
Les enfants avaient l'habitude de faire des cadeaux à la maîtresse. Souvent c'était des fleurs achetées par les parents. Il y avait un enfant rom dans la classe. Les enfants avaient tendance à le trouver laid et pauvre. Je pensais peut-être aussi cela. Puis un jour, il arriva en retard, trempé par la pluie, et d'un seul coup il ma parut magnifique. Un autre jour il apporta à son tour des fleurs à sa maîtresse. Elle refusa le bouquet en lui disant : - Tu l'as ramassé dans une poubelle !
Merci de votre sensibilité tout simplement humaine...
Voir dans l'enfant une personnalité à part entière qui ne demande qu'à s'épanouir par le jeu et le respect, c'est ce qui manque si souvent en France où on les considère presque comme des "objets" immatures...
... Comme le médecin, toujours selon Dürckheim, qui ne considère pas la personnalité, et traite donc ses patients comme des "cadavres vivants".
Il est clair qu'il faut protéger les enfants de la circulation, et des grands méchants loups. Il faut toujours tenir compte de l'environnement avec lequel on est en contact. Complètement d'accord.
Ceci dit, l'idée, au bureau comme à l'école, est de ne pas ériger des murs et des grilles dans les têtes. L'autorité ubuesque incarcère les gens en eux-mêmes, le jeu n'existe plus. Sans jeu, pas de coopération, de motivation. L'apathie, l'indifférence s'installent et à la clef la violence.
"Il est clair qu'il faut protéger les enfants de la circulation"
Et quelle est la meilleure méthode pour ce faire ?
De les "enfermer" derrière des grilles ou de faire le parcours avec eux en en montrant les dangers éventuels et en les laissant faire le parcours seuls, sous l'observation bienveillante et quelque peu distante de l'adulte responsable ?
Ce n'est qu'en répétant plusieurs fois, sans cesse, cet exercice que l'enfant le maîtrise en toute conscience. A pied et à vélo. Rien de tel pour sensibiliser les enfants aux "dangers" et aux "irresponsables" adultes.
Mais aujourd'hui, de nombreux parents viennent chercher leurs enfants à la sortie de l'école et les y emmènent en voiture le matin...
Pourquoi ? Parce que les parents se pressent le matin pour aller au boulot et déposer le "paquet de linge sale" chez la nounou ou la crèche...
L'autorité ubuesque incarcère les gens en eux-mêmes, le jeu n'existe plus. Sans jeu, pas de coopération, de motivation.
Absolument d'accord.
Etoile... Merci.
Et Dürckheim, dit encore : L'école de notre temps est la destruction de l'esprit humain. Très tôt, le problème de l'enfant est d'avoir de bonnes notes. (...) Seul le rationnel compte et rien d'autre. Plus tard, l'homme se retrouvera comme un fonctionnaire (dans le sens de fonctionner) dans un ordre préétabli et organisé rationnellement. À l'université c'est la même chose, l'âme en est exclue.
"L'école de notre temps est la destruction de l'esprit humain.
Très tôt, le problème de l'enfant est d'avoir de bonnes notes. (...) Seul le rationnel compte et rien d'autre."
Exact. D'autant plus qu'en France les arts, comme le théâtre, les arts plastiques, la musique en orchestre par classe, ou le sport sous différentes formes, ne sont pas pratiqués, pas plus que la cuisine, la couture créative ou les arts manuels, le jardinage et le soin des animaux, etc... ne font pas du tout partie de la semaine scolaire. On a réduit l'être humain à son cerveau.
Terrible réduction qui fait plus tard des adultes ayant besoin de psychotropes pour surmonter un trop de pressions... la France en détenant le record de consommation. Ce triste record devrait alerter tous les enseignants, car c'est LÀ dans la toute petite enfance que se posent les repères pour la vie d'adulte qui n'est pas que celle du cerveau plus ou moins humilié face à ceux qui sont "meilleurs".
c'est marrant. Cela me rappelle que j'ai fait mon service militaire dans les troupes de marine, au GITDM à Fréjus (74/75), et que le camp (ce n'était donc pas une caserne, comme en ville) était complétement ouvert, accessible à tout le monde ... Il fallait simplement avoir la tenue adaptée pour pouvoir franchir la frontière invisible qui séparait l'espace militaire de l'espace civil public. De la même manière, certains campus universitaires étaient aussi ouverts et libre d'accès ... Finalement, ne posons nous pas des barrières d'accès pour "protéger" les gens qui sont à l'intérieur de ces frontières et développer un sentiment d'appartenance, et non pas pour les enfermer et les empêcher de voir ceux qui sont à l'extérieur ?
"Finalement, ne posons nous pas des barrières d'accès pour "protéger" les gens qui sont à l'intérieur de ces frontières et développer un sentiment d'appartenance, et non pas pour les enfermer et les empêcher de voir ceux qui sont à l'extérieur ?"
Excellente question, à double-fond...
Je laisse les lecteurs en débattre.
Chris a publié une excellente vidéo que je partage avec vous:
Une vue passionnante sur l'impasse de notre système d'éducation
Ce jeudi 20 janvier 2011...
j'ai repensé à cet article en passant devant l'école primaire lorsque je rentrais à pied de la piscine.
J'ai pris quelques photos avec mon portable pour les partager avec vous.
Il était 8h30 du matin, les cours avaient commencé.
Voici la vue de la rue, toujours pas de grilles ni de surveillants à l'entrée:
L'accès de l'autre côté est toujours libre, un prof semble se garer, les cours ont lieu dans les différents bâtiments:
Voilà...
Quand je lis et entends ce que vivent les enfants en France, cela fait mal... et pose des questions pour l'avenir du pays...
Ajout 1er avril 2012:
Passée il y a quelques jours devant l'école en rentrant de la piscine, j'ai constaté que les enfants du primaire apprennent le chinois de manière naturelle: