Transition énergétique : pendant que journalistes et ONG ont les yeux rivés sur le débat franco-français, le sommet de l'Energie européen du 22 mai pourrait avaliser les gaz de schiste et minorer la lutte contre les changements climatiques au profit de « la compétitivité-coût et de la sécurité d'approvisionnement ».
La question mérite d'être posée tant le Medef et Laurence Parisot multiplient les actions de lobbying et interventions publiques pour bloquer toute avancée dans le débat sur la transition énergétique, tout en appuyant sans retenue l'exploitation des gaz et pétrole de schiste.
Promotion des gaz et pétrole de schiste, préconisation de politiques climatiques au rabais pour 2030, relance de l'inefficace et dangereux marché carbone, les instances de l'Union européenne multiplient les initiatives qui font fausse route. Etat des lieux.
En pleine déconfiture, le marché carbone est actuellement l'objet de propositions cosmétiques de la Commission européenne que le gouvernement français a décidé de soutenir. Et ce alors que le marché carbone entrave toute politique climatique sérieuse en Europe.
En publiant un rapport prônant une exploitation rapide des gaz et pétrole de schiste en en confiant un débat sur les gaz de schiste à un climato-sceptique notoire, l'Académie des sciences vient de perdre tout crédit en matière de transition énergétique.
Le débat sur les gaz et pétrole de schiste a tendance à se focaliser sur la seule méthode d'extraction, la fracturation hydraulique. Au point que les exigences climatiques sont évincées alors qu'elles imposent d'écarter définitivement toute exploration et exploitation d'hydrocarbures non conventionnels. Les pro-gaz de schiste sont-ils donc climato-sceptiques ?
Loin des prétentions affichées, les politiques menées par l'Union Européenne et la France en matière de lutte contre les dérèglements climatiques ne sont pas à la hauteur des enjeux. Au contraire, elles contribuent à détériorer la situation, et à bloquer toute possibilité de véritable transition écologique. L'aéroport de Notre-Dame des Landes n'est qu'un exemple parmi d'autres.
Expropriations. Délogements et destructions de maisons. Occupation policière et militaire. Gazages et arrestations. Le tout pour que la multinationale Vinci construise un aéroport inutile et absurde tout droit sorti d'un imaginaire issu du siècle passé. No pasaran.
La première journée internationale d'actions contre les gaz et pétrole de schiste du 22 septembre a été une réussite. Y compris en France, malgré les récentes déclarations de François Hollande. Les collectifs citoyens et organisations mobilisées ne manquent pas de raisons pour renforcer et étendre leurs actions, notamment dans la perspective du débat national sur la transition énergétique.
« La transition énergétique, ce n'est pas d'aller chercher de nouveaux hydrocarbures » déclarait Delphine Batho aux récentes journées d'été d'EELV. Dans le mille. Simple, concis, évident et efficace. Place à un moratoire, nécessairement international, sur tout nouveau projet d'exploration et d'extraction d'hydrocarbures.