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Gilets Jaunes à Toulouse: Acte 53 sous les gaz lacrymos!

Ce samedi 16 novembre 2019, pour l'acte 53 et la célébration du premier anniversaire du mouvement des Gilets Jaunes dans la ville rose, nous, citoyens, citoyennes, sommes arrivé.e.s au point de rendez-vous Place Jean Jaurès mais c'est avec du gaz lacrymogène que nous avons été accueilli. Quid de la liberté de manifester dans notre pays ?
  1. Pour l'acte 53 et la célébration du premier anniversaire du mouvement des Gilets Jaunes, le préfet de la Haute-Garonne avait interdit "tout rassemblement sur la place du Capitole de 13 à 20 heures". Le rendez-vous du départ de la manifestation était comme d'habitude Place Jean Jaurès mais comme l'explique France Bleu Haute Garonne : "À Toulouse, la manifestation partie à 14 heures du métro Jean Jaurès a été très vite stoppée sur les boulevards par les tirs de gaz lacrymogène des forces de l’ordre. Le cortège de 2 000 manifestants pourtant pacifiques s’est heurté au bout de dix minutes au barrage de CRS." 

    Et pour l'AFP via le média "La Croix" : "Dans cette place forte du mouvement depuis un an, les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et fait usage du canon à eau contre les manifestants seulement 20 minutes après le départ, à 14h00, du défilé, ont constaté des journalistes de l'AFP."

     

  2. Mais pourquoi donc cette répression si rapide des forces de l’ordre ? Comme l'affirme France 3 Occitanie, il y avait beaucoup de monde à Toulouse pour l'acte 53 : "Samedi 16 novembre 2019, date anniversaire du début du mouvement des Gilets jaunes, France 3 Occitanie a constaté une nette augmentation des manifestants, par rapport aux samedis précédents."

    Vous êtes sûrs France 3, c'est une information confirmée ? Il semblerait que oui : "Selon notre équipe sur place, 5 000 personnes ont ainsi formé un cortège, en début d'après-midi. C'est beaucoup plus que les samedis précédents, qui ont vu entre 500 et 1 500 manifestants." Pourtant, sur la Dépêche du midi on peut lire : "Un premier comptage fait état de 1500 manifestants, selon une source policière". Ils savent compter les policiers ? tongue-out Je pense que les journalistes de France 3 font un peu trop bien leur travail et qu'il faudrait les licencier et privatiser tout ça ! Trêve de mauvaises plaisanteries : il se passe quoi à Toulouse ?

    En avril 2019, l'Observatoire des pratiques policières - (Ligue des droits de l’Homme (LDH), la Fondation Copernic et le Syndicat des Avocats de France (SAF) - avait rendu public un rapport dénonçant "un dispositif de maintien de l'ordre disproportionné et dangereux pour les libertés publiques" à Toulouse. 

    Et en octobre 2019, l'Observatoire des pratiques policières s'insurgeait d'avoir été "insulté, menacé, gazé, frappé, matraqué alors que (5 de leurs membres) ne faisaient que remplir la mission qui leur a été confiée par leurs organisations". 

    Donc, "pour dénoncer ces violences qu’elle juge récurrentes", la Ligue des droits de l’homme (LDH) a déposé "plainte pour « violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l’autorité publiques et injures publiques ». Cinq plaintes ont été déposées, ainsi que deux autres supplémentaires au nom de la LDH et du Syndicat des avocats de France" rapporte 20 Minutes.

    « C’est la troisième fois que nous déposons plainte pour violences policières mais nous n’avons cependant aucune nouvelle des précédentes, explique Pascal Nakache, avocat de la LDH. Le 28 septembre, les cinq observateurs étaient seuls dans la rue, pas menaçants et identifiés. Ils ne représentaient pas de danger mais ont pourtant été chargés et violentés ». Police partout, justice nulle part ?

    A Montpellier, Camille Halut, observatrice de la LDH est également harcelée, arrêtée et mise en garde à vue. Comme l'explique la LDH dans ce communiqué, "elle comparaîtra devant le Tribunal correctionnel le 12 décembre 2019. Au moment de son arrestation, Mme Camille Halut était en train de filmer les forces de l’ordre, de façon pacifique, à l’écart des manifestants comme des forces de l’ordre, et ne gênait pas leur action. Au total Mme Halut a passé 56 heures en garde-à-vue depuis cinq mois."

    Je suis membre de la Ligue des droits de l’Homme et je vous invite à nous rejoindre.

    Et si vous étiez sur la planète Mars ces derniers mois ou que vous êtes porte-parole du Gouvernement, petit rappel :

    "Du début du mouvement #GiletsJaunes, en novembre 2018, jusqu'au 30 juin 2019, le documentariste David Dufresne a compilé sur son fil Twitter les violences policières. Plus de 850 faits regroupés et contextualisés. Un travail de sept mois devenu référence pour l'ONU, le Conseil de l'Europe, le Parlement Européen, et la presse française et internationale."

    "860 signalements
    2 décès
    315 blessures à la tête
    24 éborgné·es
    5 mains arrachées"

    https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan

    Bilan provisoire évidemment.

  3. Moment de répit sans gaz lacrymos : ces 3 personnes s'adressent aux CRS en face d'elles. 

  4. "Paix - RIC et ou RIP"

    "Education - Santé - Culture - Non-Violence - Ecologie"

  5. "On passe pas !"

  6. "Pourquoi on peut pas passer ?"

  7. "On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là, pour l'honneur des travailleurs et pour un monde meilleur..."

  8. "Humain prioritaire"

  9. Au square Wilson, un miracle, l'eau est jaune à Toulouse ! wink 

  10. Un an de colère mais aussi de partage, d'entraide, de solidarité, de fraternité et de sororité ! https://www.france.tv/documentaires/societe/1094377-femmes-en-jaune.html

    Conclusion :

    Gilets Jaunes à Limoux dans l'Aude: un an après, toujours là!

    https://blogs.mediapart.fr/105451/blog/151119/gilets-jaunes-limoux-dans-laude-un-apres-toujours-la

    «Gilets jaunes»: un an après, toujours présents

    https://www.mediapart.fr/journal/france/161119/gilets-jaunes-un-apres-toujours-presents

     

     

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