Portfolio

Massive mobilisation syndicale à Clermont contre la retraite pour des nèfles

A l'initiative des organisations syndicales auvergnates et autres, listées en fin, la manifestation contre le projet-retraite de Macron qui organise la baisse des pensions pour tou.te.s, a battu des records de participation : plus de 20 000 personnes ont défilé de la place du Premier mai à celle de Jaude, sous un soleil radieux. Chronique d'une marche joyeuse et déterminée pour son retrait.
  1. Ils et elles ont bien fait les choses. Dès 9h du matin, pour un rendez-vous donné à 10h, dans le froid humide du début de matinée, les filles et les gars de la CGT proposent un café bien chaud qui ne donne pas seulement chaud aux mains et au gosier mais au coeur. Ah l'organisation, c'est pas du bidon !

  2. SUD-Solidaires se prépare sur le carrefour, à grand renfort de drapeaux colorés, à arpenter les rues de la ville auvergnate. La sono est puissante. Je l'sais, suis passé à côté ! Michelin, Volvic, C.H.U. de Clermont, et de tant d'autres boîtes pour gueuler la détresse, la rage et la dignité, l'avenir meilleur.

    Voir son site Auvergne : https://solidaires.org/Solidaires-Auvergne-1711

  3. Dans la fumée provisoire de quelques feux de bengale le cortège s'est ébranlé, long cortège emmené par la CGT très organisée. Combien sont-ils ? A la fin des prises de parole sur l'escalier de la préfecture, son permanent a dit 30 000, quand France-info TV dans la journée a dit 20 000 et le ministère de la peur 15 000. Bref, un record avec au moins 20 000 !

  4. Le C.H.U de Clermont dont le personnel est en grève depuis plusieurs mois et depuis des années déboule presque en tête derrière le camion-sono qui va donner à danser et à crier tout au long de la manif. A noter : des Gilets Jaunes sont au CHU plusieurs après-midi chaque semaine pour informer au passage des difficultés et revendications des hospitaliers.

    Voir : http://chuclermontferrand.reference-syndicale.fr/2018/08/2156/   

    et aussi : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/au-chu-clermont-ferrand-greve-postes-supplementaires-1360859.html

    et : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/chu-clermont-ferrand-pourquoi-infirmieres-aides-soignantes-sont-greve-1585631.html

     

  5. La CGT Michelin s'est déplacée en nombre : sa banderole proclame : " Pour les 32 heures, pour la retraite à 55 ans, contre les fermetures d'usine et les licenciements, pour l'investissement industriel en France". Dur combat !

    A Clermont-Ferrand, Michelin sur sept sites (Les Carmes, Cataroux, Le Brézet, La Cambaude, Les Gravanches, Chantemerle, Ladoux) , c'est 11 570 employés, chiffre de décembre 2018 (chiffres donnés par le journal "La Montagne", dans son édition du mardi 3 décembre).

    Pour plus d'infos syndicales : http://www.cgtmichelin.fr/

  6. La CGT-Banque de France passe enfin avec ceux du FILPAC - le livre - le papier et la comunication. Voir sur son site : https://www.filpac-cgt.fr/wp-content/uploads/2019/04/1maiFilpac29avril19.pdf

    Chapeaux et bonnets, nombreux sont sur les têtes. Fait pas encore bien chaud. Mais cris et slogans commencent à fuser.

  7. "Macron rend le pognon" ! La banderole commune SUD (Affaires sociales) / CGT (Travail-Emploi-Formation professionnelle) ne fait pas dans la dentelle (du Puy). On en sait pas encore s'il va le rendre. 150 milliards pour le CICE lit-on. "Cash investigation" du 19 novembre "Qui profite de nos impôts" avançait le chiffre de 100 milliards. Bon, de toutes façons c'est un chiffre astronomique !

  8. A gauche les militants d'ATTAC et leurs drapeaux rouges et blanc bien visibles, tandis que l'Union locale FO (la force syndicale) de Saint Eloy les Mines arbore fièrement sa banderole. Le rouge domine, en drapeaux en banderoles, en gilets.

  9. Revoilà les SUD-solidaires.

    Un groupe d'étudiants "Solidaires étudiant.e.s syndicat de luttes" les précède.  Nous les retrouverons plus loin pour lire leur banderole noire !

  10. Des militants CFE-CGC  arrivent dans le cortège avec le gilet bleu. La tête du cortège est arrivé au carrefour République/Italie tandis que la fin du cortège n'est pas encore parti de la place du 1er Mai.

  11. Les syndicats de la F.S.U sont là : SNUIPP, SNESUP, SNES etc. Sur une autre banderole, nous lisons plus loin : "Directeurs d'école, épuisés, excédés, à quand une reconnaissance de notre métier ?".

    Rappelons le suicide de Christine Renon, 58 ans, directrice d'école maternelle à Pantin qui s'est suicidée dans son école le 23 septembre 2019. Dans un courrier envoyé deux jours avant son suicide, elle mettait en cause l’Éducation nationale et ses conditions de travail rapportant « son épuisement », la solitude des directeurs, les réformes incessantes et contradictoires, l’accumulation de tâches « chronophages ».

  12. Le feu de bengale des pompiers n'allume pas la mèche mais le rouge bien choisi clame leurs griefs. Sur la manif, les sourires et discussions joviales témoignent de la solidarité joyeuse au pas lent des marcheurs de ce jeudi.

  13. Les A.E.S.H clament leur désarroi : déjà précaires au bas revenus, Quel espoir de retraite décente avec cette loi indigne ?

    Les AESH sont les Accompagnant.e des Elèves en Situation de Handicap. Nous avons tou.te.s entendu parler de cette précarité qui touchent ces personnes comme les élèves accompagnés, peut-être signés une ou des pétitions pour en finir avec cette précarité ou demander simplement la poursuite d'un contrat pour ces élèves qui en ont besoin ?

    On peut lire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accompagnant_des_%C3%A9l%C3%A8ves_en_situation_de_handicap

    et : http://www.cgteduc.fr/images/metiers/aesh/4_pages_AESH_rentree_2019.pdf

    et encore : https://www.sgen-cfdt.fr/actu/des-avancees-en-faveur-des-aesh-et-aed-a-concretiser/

  14. Les revoilà les étudiant.e.s de Solidarités. Banderole noire et slogan choc. "La précarité tue" C'est bien vrai qu'elle tue. Sous couvert d'un mot "précarité" qui fait peur, la réalité : "elle tue". Pas seulement par la mort, mais tout ce qui veut vivre et s'exprimer en chaque personne. Précaire,  qui use son temps et son énergie à compter, à se serrer la ceinture, à attendre d'en sortir. D'un coup, à lire sur fond noir, j'ai froid. "Mais la solidarité fait vivre" : radicalité de la simplicité. Nous le sommes en manif, pourquoi si peu ailleurs ?

  15. La foule parcourt les rues, avenue de la république, Avenue d'Italie,  bientôt cours Sablon. Les grand panneaux de bois de ces militants FO portés chacun par le couple-auteur a demandé du temps, de la patience mais démontrer la hargne à combattre cette loi pas encore écrite, pas loin de l'être dont on ne sait rien mais que nous comprenons bien pour ce qui est de la baisse des pensions pour tous et toutes et les autres s'il y en a.

  16. Dos au mur, elles se battent et battent le pavé. La fermeture du centre de recherche sur le site MSD-Chibret à Riom, propriété américaine, est d'actualité récente.

    On peut lire : https://www.lamontagne.fr/riom-63200/actualites/les-syndicats-de-msd-a-riom-montent-au-creneau-suite-a-l-annonce-du-plan-de-restructuration_13682484/

    et : https://image1.lamontagne.fr/theme/msdchibret/

  17. Les travailleurs de la verrerie de Puy-Guillaume sont là aussi

  18. Les métallos d'Ancizes derrière le podium où des forçats du bâton frappent les tambours en rythme et sans faiblir. Forçats ? Faites-le donc tout une manif et sans arrêt ou presque ! L'un des deux était couvert de sueur !

     

  19. Cours Sablon, la ligne est plus large et la descente aisée. En famille, copains ou militants. Une mère m'a indiqué que son bébé de 9 mois en était à sa deuxième manif. La première, il avait quatre mois. De quoi noter sur son agenda.

  20. Le barreau de Clermont est aussi de la partie. Le régime autonome (et non spécial) des avocats doit aussi disparaître ! De quoi venir dans la rue.

    Lire : https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/les-avocats-de-clermont-ferrand-en-greve-pour-protester-contre-la-reforme-de-la-justice_13053141/

  21. Près du Boulevard François-Mitterrand, au loin le viaduc Saint-Jacques, barré par une moto de la Police Nationale. Le soleil est maintenant au rendez-vous. Il n'est pas pour rien dans la réussite de cette manif et son ambiance joyeuse.

  22. Les militantes CGT Santé et Action sociale ne manquent pas de revendications et de griefs à formuler... ici sur François -Mitterrand

  23. Ces Gilets Jaunes, l'un drapeau tricolore sous le bras, n'ont pas hésité à poser tranquillement en attendant la suite du cortège avant de s'engouffrer sur le boulevard Pasteur. Le casque moto peut être remplacé par un chapeau d'allure west american.

  24. Le cortège arrive à l'intersection et les banderoles semblent s'empiler les unes aux autres...

  25. ... et sur le boulevard Mitterrand, la foule se masse sur sa largeur et sa longueur.

  26. A ce projet de réforme, les retraités disent NON !Les organisations de retraités signent unitairement cette banderole soit : CGT, FO, FSU, solidaires, CFE-CGC, CFTC, UNSA, retraités Fonction Publique, USR, ADRA 63.

  27. Black Thursday proclame la banderole dans un sourire éclatant de ... la CGT commerces et services 63. "Nous ne laisserons pas négocier nos retraites au rabais : retrait immédiat du projet Macron-Delevoy".

  28. Devant la fontaine nous obliquons du boulevard Pasteur à l'avenue Julien. Pas possible de passer par Blattin comme prévu vu l'incendie, les pompiers sont sur place.

  29. Ce virage à 90° est l'occasion d'apercevoir davantage le cortège syndical avec ses blouses blanches.

  30. Dans l'avenue Julien, le cortège se rassemble pour arriver place de Jaude sous la bannière du retrait immédiat du projet Macron-Delevoy.

  31. C'est l'arrivée Place de Jaude des drapeaux et militants de la CGT au milieu des équipements de Noël, grande roue et sapin géant ( XR et ANV demande la végétalisation durable pas le grand sapin qui trépasse).

  32. Pas besoin d'être nombreux pour être remarqués, les techniciens GRDF se distinguent fort bien avec leur blouson professionnel d'intervention gaz.

  33. Lentement, un à un les groupes de manifestants entre sur Jaude pour se diriger sur les hauteurs de la Préfecture.

  34. Des Gilets Jaunes R.I.C. entrent à leur tour derrière leur superbe banderole. Cette même banderole du 1er mai 2019 : https://blogs.mediapart.fr/202127/blog/010519/1er-mai-clermont-deux-corteges-en-un-pour-deux-destinations-et-deux-combats

  35. La C.F.T.C. aussi est là, toute de bleu vêtue. Rare en intersyndicale pour être souligné !

  36. La musique dit ce que ne disent pas les mots mais quand même..."Modèle patriarcal, c'est fini, arrêtez de nous faire croire qu'on gouverne les entreprises avec des testicules".

  37. Les manifestants s'étalent sur la place. Ouf disent certains ! La CGT prépare une buvette bienvenue...

  38. Le plus gros du cortège monte vers les marches de la Préfecture boulevard Desaix, se massant sur toute sa longueur (et largeur)  pour écouter les différents orateurs qui se succèdent.

  39. La foule tient toute la rue jusqu'à la statue de Vercingétorix. Pour certains, il est temps de s'assoir.

    Plein succès pour cette manifestation, par le nombre, la tenue, l'ambiance détendue et motivée.

    Nous aurons d'autres rendez-vous.

     

    Les organisations qui ont appelé à cette journée de manifestations :

    Chôm'actif - AC ! 63 Agir ensemble contre le chômage - Ligue des droits de l'homme - Droit au logement - SNU TEFI FSU - Mouvement national des chômeurs et précaires - Arrac - C.G.T. Union syndicale Solidaires Auvergne - UNEF Auvergne -

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.