Georges-André
Psychologue en retraite - Photographe et Journaliste-citoyen - Militant associatif - Animateur atelier d'écriture ....
Abonné·e de Mediapart

206 Billets

4 Éditions

Portfolio 30 nov. 2019

Contre l'hyperconsommation, ses arnaques, son agressivité : black friday ? Du balai !

Ce 29 novembre, à Clermont comme ailleurs, de multiples organisations se sont associées pour rejeter cette folie du vendredi noir comme nécessité pour vendre ou acheter toujours plus. Le centre commercial Jaude1 a été investi à cette occasion tandis que d'autres actions se déroulaient sur la place de Jaude tout au long de cette journée. La liste des organisations se trouve en fin de port-folio.

Georges-André
Psychologue en retraite - Photographe et Journaliste-citoyen - Militant associatif - Animateur atelier d'écriture ....
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

  1. GeorgesAndréPhotos

    Des 9 heures, des militants d'Action Non-Violente et d'Extinction-rébellion, des Gilets Jaunes se rassemblent devant Jaude 1 - le centre commercial majeur de Clermont -  pour manifester leur opposition à cette journée de surconsommation, d'arnaques au rabais (cf UFC-Que Choisir) et d'inutiles achats vite obsolètes pour combler le vide de nos sociétés. Les banderoles sont déployées, bien visibles devant l'entrée principale.

  2. GeorgesAndréPhotos

    Sur la place, les premiers consommateurs ou passants se fraient un chemin, parfois acceptent le discussion ou sans rien dire s'engouffrent dans le centre commercial.

    Cette action veut dire haut et fort que ce nouvel anniversaire à un mois des fêtes de fin d'année est une folie destructrice créée par ces sociétés internationales ou mondialisées qui veulent toujours plus s'enrichir. Face au bouleversement climatique qui est là (il n'est qu'à son début), le gaspillage des ressources et des stocks invendus, les pollutions de tous ordres, l'exploitation de ceux qui produisent sont une insulte toujours plus vive à ceux qui n'ont pas de quoi joindre les deux bouts et à ceux et celles conscient.e.s que les conditions de vie sur terre sont menacées et dégradées comme jamais.

  3. GeorgesAndréPhotos

    La porte-parole exprime les raisons de cette action inédite devant les militants qui se renforcent au fil des minutes.

    Cette action s'inscrit dans un ensemble plus vaste d'une journée festive, alternative et revendicative où marché des alternatives, mandala végétal, discussions, forums et à la fin une déambulation funéraire pour la  terre en péril, doivent se succéder sur la place de Jaude.

  4. GeorgesAndréPhotos

    L'entrée principale est ceinturée par les banderoles qui expriment toutes leurs désirs d'une autre direction des affaires mondiales aux affaires locales pour réduire au plus vite ce réchauffement climatique tout en anticipant et minimisant par la végétalisation des villes les canicules à venir.

    "Produire moins,  consommer mieux- faire du bien - Etre heureux"

  5. GeorgesAndréPhotos

    Les uns relaient les autres, sourire aux lèvres. Les discussions vont bon train. On apprend à se connaître. Une banderole toute en couleur proclame :

    "Soldes : 70% sur toutes les ressources de la planète jusqu'à épuisement des stocks"

  6. GeorgesAndréPhotos

    Dix minutes de méditation assis sur une chaise en demi-cercle sont proposées aux volontaires. Un moment de silence pour se recentrer sur soi, paix intérieure possible dans l'action non-violente néanmoins déterminée.

  7. GeorgesAndréPhotos

    Des discussions s'engagent ensuite pour ceux/celles qui le souhaitent avec éventuellement un passant ou un client : échanger ressenti et arguments, espérances et engagements.

    "Résistance - résilience face à la conso à outrance"

  8. GeorgesAndréPhotos

    Assis ou debout. De plus en plus nombreux. Le camion a livré du matériel  pour le mandala et le petit marché. Il ne pleut pas.

    "Cette prison nommée société de surconsommation"

  9. GeorgesAndréPhotos

    Une discussion s'engage assis au pied des escaliers. Dans le fond, l'entrée principale toujours ceinturée de banderoles tendues. A droite, un groupe de street médics vient à tout hasard ne serait-ce que pour dépanner en cas de défaillance individuelle. Les végétaux pour le mandala sont arrivés pour ravir nos yeux dans quelques heures.

    "Grande braderie de la planète, êtes-vous heureux ?"

  10. GeorgesAndréPhotos

    Un groupe de jeunes collégiens vient d'arriver. Ils se reconnaissent dans Youth for climate. Des lycéens et étudiants viennent aussi peu à peu. Une formation accélérée à la désobéissance civile est donnée aux jeunes désirant intégrer la suite de l'action.

    "En a-t-on vraiment besoin ?" questionne avec simplicité une banderole. Question première essentielle.

  11. GeorgesAndréPhotos

    Les sourires ne manquent pas dans la gravité et l'urgence de la situation. Tout à côté, une porte-parole apporte sa plaidoirie, rappelle le but de cette manifestation.

  12. GeorgesAndréPhotos

    Maintenant, avec les différents renforts de la matinée, les banderoles s'étalent sur deux rangs. Les clients qui entrent à Jaude ont un petit couloir de passage.

    Bientôt tout va être prestement plié et tout ce monde se volatiliser pour une nouvelle action, cette fois dans le centre Jaude1.

  13. GeorgesAndréPhotos

    C'est fait, au rez-de-chaussée en plein centre, des dizaines de personnes se couchent par terre en guise de protestation. Les clameurs disent l'aberration de ce noir jour commercial. Au plus fort de l'action plus de soixante participants sont couchés sur le sol entourés par d'autres dizaines en soutien et protection.

  14. GeorgesAndréPhotos

    Vu du premier étage.

    Le "black friday" n'est pas une occasion commerciale de plus s'ajoutant à toutes les autres mais la tête de pont d'un nouveau monde capitaliste  dominé par la course aux soldes et le rabais permanent. Sa fonction essentielle est de faire disparaître le prix (le "juste" prix possible et le commerce équitable disparaît avec lui) pour ne donner qu'un taux, un pourcentage illusoire et fallacieux car intrinsèquement basé sur un prix qui n'existe plus qu'en référence-bidon. Au passage, cette société menace tous les petits commerces et les artisans-producteurs en les contraignant à une concurrence de rabais et de soldes qu'ils ne peuvent pas suivre.

     Comme le résume ce slogan crié avec force, il n'y a plus de place pour le citoyen mais pour le seul producteur-consommateur dans une boucle mortifère et destructrice de vie, pour des produits illusoires, malsains voire toxiques, sans cesse renouvelés sans réel bénéfice (!)  à l'obsolescence programmée, inutile et encombrant (dans tous le sens du terme) pour des besoins imposés par le marketing et la publicité quand la maison commune - la Terre - prend feu en raison même de cette orientation économique et sociétale du monde tout en laissant la plus grande partie de celui-ci dans la non-satisfaction des besoins primaires. On ne devrait pas s'étonner que cette seule et sombre perspective d'un idéal de courir les soldes et rabais laisse nos sociétés dériver et la démocratie se faire la malle. Pratiquer un juste prix est plus que jamais d'actualité.

    "Produis, consomme et ferme ta gueule"

  15. GeorgesAndréPhotos

    Des vigiles, certains très nerveux au début, tentent de bousculer quelques personnes pour laisser passer la clientèle. Ils essaient d'interdire photos et vidéos mais abandonnent. Peut-être le nombre de portables levés qui peuvent diffuser en direct appellent-ils à la sagesse ? Des militants entament le dialogue pour calmer cette nervosité et rassurer.

  16. GeorgesAndréPhotos

    "On ne nait pas consommateur, on le devient"

    Une autre pourrait dire symétriquement "A force de consommer, on finit même par mourir".

  17. GeorgesAndréPhotos

    Toujours allongé.e.s tranquillement, les activistes se reposent, toujours vigilant.e.s à l'environnement tandis que d'autres expliquent les raisons de cette manifestation à ceux et celles qui veulent bien tenter de comprendre. Certains d'ailleurs, un peu plus tard, tiendront un petit moment un coin de banderole pour montrer leur compréhension et leur aquiescement.

  18. GeorgesAndréPhotos

    Au milieu de l'action et de ses bruits : regard vigilant, visage apaisé. Ni colère ni nervosité. Simplement, être là, comme une évidence citoyenne, une responsabilité assumée.

  19. GeorgesAndréPhotos

    Tout le monde n'est pas sur le sol. On n'a pas tous les genoux ou le dos pour le faire. D'autres manifestants tiennent les banderoles. Peu à peu se sont mis autour de nombreux passants/clients qui écoutent, regardent, parfois questionnent. S'interrogent-ils dans leur for intérieur  ?

  20. GeorgesAndréPhotos

    "Combien d'esclaves pour mon nouveau portable ?"

    Une banderole qui questionne notre responsabilité à consommer toujours plus - ici de portables - sans se soucier de qui le fabrique, quand un nouveau modèle vient de sortir.

  21. GeorgesAndréPhotos

    La troupe décide de se porter plus loin en avant. Pas question de se lever, bien entendu, et c'est donc en rampant, serrés les uns contre les autres, que le cortège se déplace au grand dam des vigiles qui cherchent à bloquer cette modeste progression.

  22. GeorgesAndréPhotos

    Cette fois, du premier étage, on voit bien toute la scène. De là-haut, premier et deuxième étages confondus, de nombreuses personnes s'attardent, prennent une photo. Insolite spectacle qui n'en est pas un !

  23. GeorgesAndréPhotos

    Désormais, beaucoup se sont assis ou sont remplacés par de jeunes collégiens et lycéens, tout à leur aise et en gaité. Au son du tambour de peau synthétique (m'a indiqué cette militante de One Voice), l'ambiance reste chaleureuse et rythmée. Bien sûr la photo ne rend pas l'ambiance sonore festive mais outre les slogans clamés avec puissance, les battements de main, de pieds, rythment ce sit-in à l'opposé des musiques pour acheter des centres commerciaux.

  24. GeorgesAndréPhotos

    Tout est calme dans la fièvre du vendredi noir ! Assis ou couché.e.s, certain.e.s se sustentent, boivent un peu d'eau. Concentrés et en forme. Sur les côtés, pas de panique, on passe ou pas et on va plus loin. De nouvelles personnes soutiennent les banderoles un moment. Certains consommateurs avec paquets aimeraient passer au milieu mais c'est franchement risqué, il faut parfois serrer les rangs !

  25. GeorgesAndréPhotos

    Une lycéenne a amené son carnet de dessin et sa palette. Peu à peu, sans se presser, elle dessine son impression du moment. La minute de silence de tantôt libère sa créativité : "Ecoutons l'orchestre de la consommation pendant cette minute de silence."

  26. GeorgesAndréPhotos

    Peu à peu les plus jeunes de Youth of climate ont pris place. il ne reste plus grand monde couché à même le sol. Ils sont assis en cercle.  Bientôt un étudiant va prendre le micro pour quelques minutés.

    Visiblement, la manifestation touche à sa fin. La porte-parole va bientôt signifier l'évacuation des lieux.

  27. GeorgesAndréPhotos

    Tou.te.s en farandole se tenant par la main. Longue chaîne de solidarités éprouvées dans cette action non-violente.

  28. GeorgesAndréPhotos

    Dehors, il a plu en début d'après-midi au démarrage du mandala végétal collant les feuilles au sol. Pas si mal ! Le petit marché des alternatives est installé sous des auvents.

  29. GeorgesAndréPhotos

    Chacun.e est invité.e à déposer un élément à ce mandala qui prend peu à peu forme. Sur la place de Jaude, il a belle allure. Pourquoi un mandala végétal ? Pour rappeler la nécessité de la végétalisation partout où le béton et les surfaces bâties amènent des ilots de chaleur supplémentaire quand la végétalisation diminue chaleur et apporte un surcroît d'humidité fort appréciable durant les canicules. L'urgence locale est là.

  30. GeorgesAndréPhotos

    Mahimata se presse d'un côté puis de l'autre pour mettre une touche de couleur ou de forme tandis que Noémie plus souvent courbée vers le sol - me semble-t-il - avec soin et art, cale, ajoute ou propose.

  31. GeorgesAndréPhotos

    Face au marché des alternatives dans le fond, le mandala poursuit sa croissance sans PIB. Une nouvelle initiative de "Cocon" toujours en beauté.

    C'est l'association Cocon qui organise ce mandala sur la place de Jaude. Artistes divers et diversifiés, ils veulent insuffler de l'art et de la culture dans les actions revendicatives. En septembre déjà, c'est eux qui avaient magnifiés par l'argile cette manifestation pour le climat, instant de grâce et de beauté : https://blogs.mediapart.fr/202127/blog/220919/une-marche-et-une-fete-pour-le-climat-et-la-justice-sociale-clermont-ferrand

  32. GeorgesAndréPhotos

    Voilà la fresque végétale terminée. Le mandala n'est pas le résultat d'une construction. Il est à la fois ce qui se construit à travers les moments de cette construction, comment et par qui il se construit. Ephémère, il s'inscrit pourtant dans le durable par son sens qui ne s'efface pas.

  33. GeorgesAndréPhotos

    Sur ce côté de la place, les activistes et quelques passants continuent la discussion ou parcourent le petit marché.

  34. GeorgesAndréPhotos

    Pour finir peu avant la nuit, une déambulation funéraire fait le tour de Jaude, portant le cercueil "Terre". Est-ce pour dire que nous n'enterrerons pas la vie sur la terre, ni l'espoir d'un avenir que bien peu de monde a suivi ce cortège ? Une journée réussie pour une action non-violente qui veut le rester.

    Action non-violente, Extinction-Rébellion, Gilets jaunes, Youth for climate, Attac et Greenpeace ont organisé cette manifestation à Jaude 1. Le marché était dû au travail d'Alternatiba et Citoyens pour le climat. Le superbe Mandala est l'oeuvre de Cocon et des personnes qui ont apporté leur concours.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Les effets indésirables de l’office public d’indemnisation
Depuis vingt ans, l’Oniam est chargé d’indemniser les victimes d’accidents médicaux. Son bilan pose aujourd'hui question : au lieu de faciliter la vie des malades, il la complique bien trop souvent.
par Caroline Coq-Chodorge et Rozenn Le Saint
Journal
Les agentes du KGB étaient des Américaines comme les autres
Pendant la guerre froide, Russes et Américains arrivent à la même conclusion. Ils misent sur le sexisme de leurs adversaires. Moscou envoie aux États-Unis ses meilleures agentes, comme Elena Vavilova et Lidiya Guryeva, qui se feront passer pendant dix ans pour de banales « desperate housewives ». Premier volet de notre série sur la guerre des espionnes.
par Patricia Neves
Journal — Corruption
Le fils du président du Congo est soupçonné d’avoir blanchi 19 millions d’euros en France
La justice anticorruption a saisi au début de l’été, à Neuilly-sur-Seine, un hôtel particulier suspecté d’appartenir à Denis Christel Sassou Nguesso, ministre et fils du président autocrate du Congo-Brazzaville. Pour justifier cet acte, les juges ont rédigé une ordonnance pénale, dont Mediapart a pris connaissance, qui détaille des années d’enquête sur un vertigineux train de vie.
par Fabrice Arfi
Journal — Écologie
« L’urbanisation est un facteur aggravant des mégafeux en Gironde »
Si les dérèglements climatiques ont attisé les grands incendies qui ravagent les forêts des Landes cet été, l’urbanisation croissante de cette région de plus en plus attractive contribue aussi à l’intensification des mégafeux, alerte Christine Bouisset, géographe au CNRS.
par Mickaël Correia

La sélection du Club

Billet de blog
Transition écologique... et le train dans tout ça ?
La transition écologique du gouvernement en matière de transports ne prend pas le train ! Dans un billet, le 3 août, un mediapartien dans son blog « L'indignation est grande », dénonçait le « mensonge d’État » concernant l’investissement ferroviaire. Deux émissions sur France Culture sont révélatrices du choix politique de Macron-Borne ! Saurons-nous exiger le train ?
par ARTHUR PORTO
Billet de blog
Les perdus de Massiac
Par quel bout le prendre ? Dénoncer l'incompétence catastrophique et l'inconséquence honteuse de la SNCF ou saluer les cheminots qui font tout leur possible pour contrebalancer l'absurdité du système dont ils sont aussi victimes ? L'État dézingue d'abord chaque secteur qu'elle veut vendre au privé de manière à ce que la population ne râle pas ensuite...
par Jean-Jacques Birgé
Billet d’édition
Entretien avec Manuel Bauer, réalisateur du film documentaire « Vida férrea »
Entretien réalisé par Alice Langlois qui a mené un terrain anthropologique dans la région minière traversée par le film et le critique de cinéma Cédric Lépine, à l'occasion de la présentation du film « Vida férrea » à Visions du Réel, festival international du film documentaire de Nyon (Suisse) en 2022.
par Cédric Lépine
Billet de blog
Relancer les trains de nuit et améliorer l'infrastructure créera des emplois
[Rediffusion] Lorsque le voyageur se déplace en train de nuit plutôt qu’en avion, il génère davantage d’emploi. La relance des trains de nuit peut ainsi créer 130 000 emplois nets pendant une décennie pour la circulation des trains, la construction du matériel et l’amélioration des infrastructures. Bénéfice additionnel : les nouvelles dessertes renforceront l’attractivité des territoires et l’accès à l’emploi.
par ouiautraindenuit