Histoire d'exil et de déserteurs !

«...No hay camino, se hace camino al andar...» [Il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant]. Cet extrait du beau poème d'Antonio Machado, pourrait être le fil conducteur du livre «Exilios», témoignages d’exilés et déserteurs portugais en Europe dans la période de 1961/74, sous le régime de Salazar et qui sera présenté à Paris le 21 mai 2016.
  • Date Le 21 mai 2016
  • Lieu Dans l'espace Lusofolie's * 57 avenue Daumesnil * 75012 Paris * métro Gare de Lyon samedi 21 mai à 16h30

 Ce livre retrace le «chemin» pris par chacun, au gré des rencontres, des circonstances, de la détermination, de la solidarité, témoignages qui nous rappellent comment les réfugiés vivent les conséquences de leur décision de dire Non.

Dans le Portugal des années 60, partir au-delà des Pyrénées, surtout en France mais aussi ailleurs, Luxembourg, Suisse, Belgique... pour les émigrés dits économiques, c'était une nécessité. À ce mouvement s'ajoutaient les déserteurs et insoumis, dont le refus correspondait à un engagement politique. Ce sont ces parcours dont il s'agit dans Exilios, qui nous instruisent sur les ruptures familiales et sociales, les motivations, les débats, les risques et finalement les multiples solidarités rencontrées.

Livre de témoignages, livre de mémoire

L'idée de ce livre date d'une vingtaine d'années à l'initiative notamment de Fernando Cardoso, aujourd'hui responsable au Portugal de l'Association des exilés politiques portugais, déserteur en 1970 réfugié à Paris, où il a milité auprès de la communauté immigrée. En France c'est l'association Memoria Viva [Mémoire Vive http://www.memoria-viva.fr/category/actualite/ ] qui diffuse l'ouvrage, ayant participé à sa conception dont Vasco Martins est un des animateurs et un des premiers à s'exiler en France en 1961.

Vingt-deux témoignages, dont un en chanson, celui de Tino Flores, chanteur populaire engagé dans la lutte politique de l'immigration du début des années 70. Un concert 'en live' à Malmö en Suède en septembre 1973. Une volumineuse et précieuse iconographie complète l'intérêt de cette édition. Presque intégralement écrit en portugais, avec un texte de Rui Bebiano traduit en français et en anglais, intitulé 'Expérience et mémoire de la désertion et de l'exile'.

«Je me souviens», après-midi de mémoire et d'amitiés!

Le livre Exilios sera présenté ce samedi 21 mai à 16 heures, dans l'espace Lusofolie's (57 avenue Daumesnil Paris, métro Gare de Lyon), par Victor Pereira, historien à l'Université de Pau.

Après la présentation, il y aura de la musique et des chansons engagées de cette période. Rui Meireles, déserteur d'Angola, chantera des chansons du poète et compositeur angolais, Rui Mingas. Également Arnaldo Franco, déserteur qui a participé au Teatro Operario (Théâtre Ouvrier) des années 70, et Pedro Fidalgo, jeune cinéaste qui chantera des chansons des «anciens» et des siennes. Grândola (chanson de la révolution des œillets) ne sera sûrement pas très loin...

Il y aura aussi une voix qui a marqué la chanson française de mai 68, Dominique Grange présente, chantera quelques chansons de son répertoire. Les moins jeunes se souviennent, 'à bas l’État policier' ou 'Nous sommes les nouveaux partisans', pas étrangères à l'actualité française d'aujourd'hui... Des mémoires multiples qui se retrouvent et qui transmettent.
Un billet plus complet sur la démarche de ce livre,iciHistoires d'exil... et de déserteurs!

Édition AEP61-74, 160 pgs. 2016 * http//aep61-74.org * geral@aep61-74.org

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