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Portfolio 8 janv. 2022

Dix expositions qui ont marqué 2021

Un classement est toujours arbitraire, qui plus est lorsqu'il s'agit de choix subjectifs. Voici donc dix expositions qui m'ont marqué en 2021, auxquelles on aurait pu ajouter celles de Shimabuku à Monaco, de Nicolas Deshayes au Frac Grand Large et au Creux de l'Enfer, de Noémie Goudal à Saint-Nazaire, de Marinette Cueco à Dunkerque, de Rayane Mcirdi à Gennevilliers ou de Tarik Kiswanson à Nimes.

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  1. Kick the Machine

    Arpichatpong Weerasethakul, Periphery of the night ( IAC, Villeurbanne) 

    Apichatpong Weerasethakul transforme l’espace d’exposition de l’Institut d'Art Contemporain en une machine à voyager dans le temps. Pour lui, l’image ne suffit pas à rendre compte de tout. Il la confronte à d’autres manières de percevoir. Fidèle à son équipe qui est la même depuis presque vingt ans, l’artiste pratique une forme élargie de l’attention, acérée et délicate à la fois, qui lui permet de saisir l’étrange beauté dans des fragments du quotidien. Ses journaux filmés, qu’il réalise avec la petite caméra qu’il garde en permanence avec lui, témoignent d’une bienveillance désarmante. On y retrouve les visages familiers de comédiens croisés dans ses longs-métrages. On y rencontre ses amis, humains ou animaux, figures hybrides parfois, filmés avec toute la douceur de son regard. L’art d’Apichatpong Weerasethakul convoque toutes les formes de vies avec la même attention à l’infime. Les entités invisibles peuplent les films de l’artiste. « Le cinéma tend à la préservation des âmes » dit-il, les comédiens apparaissant éternellement jeunes. Mais les fantômes sont aussi présents hors de l’écran. Ils nous entourent, nous accompagnent à l’image de la mémoire : « Un souvenir est comme un fantôme (…) apparaissant parfois, disparaissant parfois », et de poursuivre : « Je suis fasciné par l’obscurité ». Il y a quelquefois des nuits qui sont solaires.

  2. Lois Weinberger

    Lois Weinberger, Basics (Belvedere 21, Vienne)

    À Vienne, le Belvedere 21 accueille la dernière exposition personnelle de Lois Weinberger que l’artiste à lui-même pensé, y travaillant à partir de l’automne 2018 et jusqu’à son décès survenu brutalement le 21 avril 20202. Intitulée « Basics », la manifestation réunit une centaine de pièces réalisées entre les années soixante-dix et 2020. Plutôt qu’une rétrospective3, c’est à une traversée dans quarante-cinq ans de création qu’invite l’institution autrichienne, révélant une œuvre fondamentale qui interroge l’état de la société humaine et sa relation à la nature. Première exposition d’envergure depuis la mort de l’artiste, la monstration se mue ici en hommage national.

  3. Aurélien Mole

    Taysir Batniji, Quelques bribes arrachées au vide qui se creuse (Mac Val, Vitry-sur-Seine)

    L’œuvre de Taysir Batniji raconte les désastres du monde de son point de vue, à son échelle. Son atelier, sa valise, ses œuvres, sont autant de preuves de son existence. Suspended Time (2006), sablier posé sur son flanc, fixe le temps, le mouvement et l’espace, en immobilisant le sable. « Rien n’est permanent », affirme un dicton arabe que l’artiste prend soin de faire graver sur des centaines de savons empilés sur une palette et dont l’espérance fragile apparaît dans la double dissolution de l’œuvre – puisqu’à la matière précaire, soluble, s’ajoute le démantèlement : les visiteurs étant invités à repartir avec un morceau de savon. L’exposition du MAC VAL s’achève sur une vidéo dans laquelle Taysir Batniji se filme dans son appartement de Marseille en 2003, en train de danser sur I Will Survive de Gloria Gaynor, dans sa version revue et corrigée par la Coupe du Monde de football de 1998. La vidéo, surimpression de deux plans concomitants, est réalisée en réaction à la guerre en Irak. Les humains, comme les plantes, ont cette prodigieuse capacité à s’adapter à l’environnement dans lequel ils sont déplacés. Taysir Batniji incarne, à travers son travail, une poétique de la mémoire : celle des exilés, de ceux qui ne sont jamais tout à fait d’ici, plus vraiment de là-bas. Face à l’impermanence de son identité, la création plastique apparaît alors comme l’expression de son existence au monde.

  4. Brognon Rollin

    Brognon Rollin, L'avant dernière version de la réalité (Mac Val, Vitry-sur-Seine / BPS22, Charleroi)

    Les œuvres de David Brognon et Stéphanie Rollin entretiennent un évident rapport au temps et à l’enfermement. Dans la période actuelle, ça tombe plutôt bien. Les deux artistes se sont rencontrés il y a quinze ans au Mudam – le Musée d’art contemporain du Luxembourg, alors en pleine ouverture, où ils étaient employés, lui à la régie, elle assistante de la directrice d’alors. Leurs parcours artistiques diffèrent. Brognon vient de l’art urbain, Rollin s’intéresse à la question du design. Ensemble, ils vont développer un travail qui questionne le corps et le paysage, l’enfermement et l’attente, le statu quo et la précarité des frontières, pour mieux évoquer les déchirures du monde, celles qui leur apparaissent évidentes, en prenant soin de toujours être dans le réel, attentifs à la marge plutôt qu’au centre, à ces interstices flous dans lesquels la société cantonne celles et ceux qu’elle exclut. Être entièrement d’accord l’un et l’autre sur la finalité d’une œuvre est la seule condition à la création commune de leurs pièces. Une méthode qu’ils avouent quelque peu contraignante mais appropriée. « Nous sommes très différents, mais nous recherchons exactement la même chose » précise David Brognon. Le duo travaille par enlèvement, épure. Rien de superflu ici, juste la volonté d’aller à l’essentiel. « La création des projets s’adapte aux sujets » rappelle Stéphanie Rollin, avant de préciser qu’il « n’y a pas un type de processus qui va avoir lieu ». Face à un sujet, un médium, l’approche adoptée varie. David Brognon rappelle que « chaque sujet n’a qu’une seule réponse ». Le Mac Val Musée d’art contemporain du Val-de-Marne a eu la bonne idée de leur consacrer une exposition monographique, la première dans une institution française. Même première en Belgique où l'exposition est présentée depuis l'automne au BPS22 à Charleroi. Elle y prend une dimension plus sensible encore, le duo étant déjà intervenu dans l'ancienne ville industrielle aujourd'hui sinistrée.

  5. K. Kameli

    Katia Kameli, Elle a allumé le vif du passé (Frac PACA, Marseille)

    L’exposition monographique de l'artiste franco-algérienne est double. Sur le plateau 1, Katia Kameli présente pour la première fois en France et sous la forme d'une installation, la trilogie filmique « Le roman algérien » qu'elle a imaginé comme une immersion dans l’histoire algérienne et dans la mémoire des hommes et des femmes à travers une collection d’images et de documents. Dans le deuxième chapitre, la philosophe des images Marie-Josée Mondzain – qui est née à Alger en 1942 – propose une relecture du premier. Dans le suivant, elle pénètre l'image, s'efforçant de déceler le signifiant dans ses premières tentatives avortées d'accéder aux iconographies du roman national.

    Sur le plateau 2, l'installation « Stream of stories » explore les origines orientales des fables de La Fontaine. L'œuvre de Katia Kameli pose la question de la place des femmes dans l'histoire et dans ces histoires.

  6. Francis Alÿs

    Francis Alÿs, As long as I'm walking (Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne)

    L’importante exposition monographique que le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne consacre à Francis Alÿs se déploie sur l’ensemble des deux étages réservés aux monstrations temporaires, permettant d’aborder deux aspects fondamentaux du travail de l’artiste belge installé à Mexico City depuis 1986. Le premier étage évoque, à travers l’exemple afghan, pays dans lequel Alÿs s’est rendu à huit reprises entre 2010 et 2014, une pratique artistique qui s’inscrit dans une temporalité longue, quand le second se concentre sur la pratique de la marche à travers les actions dans l’espace urbain, qui permet une traversée dans l’œuvre de l’artiste.

    Penser la ville à partir de déambulations a priori anodines, y façonner des récits, cartographier le tissu social par des actions qui tirent, poussent ou portent un objet, repère permettant la lecture de l’histoire contée par les mouvements du corps. L’artiste n’a de cesse d’interroger le monde pour le penser autrement à travers l’observation de son environnement et le potentiel subversif du jeu et de la fiction. Tant que Francis Alÿs marche, l’espace urbain est réimaginé à chacun de ses itinéraires. 

  7. Aurélien Mole

    Eric Manigaud, La mélancolie des vaincus (Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole)

    L’exposition monographique que le musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne consacre à Éric Manigaud (né en 1971 à Paris, vit et travaille à Saint-Étienne) réunit une soixantaine de grands dessins qui reviennent pour la première fois sur quinze années de production artistique. Plus qu’une rétrospective, « la mélancolie des vaincus » s’apparente à une traversée dans l’œuvre du Stéphanois adoptif. Le titre même de l’exposition illustre sa volonté de donner une place centrale aux oubliés de l’histoire, les perdants, les sacrifiés : gueules cassées, victimes d’assassinats crapuleux, prisonniers de la folie, corps irradiés d’Hiroshima. Des figures qui renvoient souvent à un impensé, un non dit de notre mémoire commune, pointant des événements que l’on préfèrerait taire, effacer. La première confrontation avec l’œuvre d’Éric Manigaud est forcément brutale.

    L’artiste puise dans les photographies d’archives, publiques ou privées, les sujets de ses dessins, épisodes historiques plus ou moins identifiés du XXème siècle. Ils ne sont jamais isolés : Éric Manigaud travaille en série. Dans l’atelier, l’image est projetée, agrandie, avant d’être reproduite à l’identique sur papier, la densité des crayons gras et de la poudre graphite en plus. En augmentant volontairement la taille jusqu’à l’échelle humaine, l’artiste autorise l’immersion dans des représentations difficilement soutenables. Il ressuscite des images dont la plupart étaient en leur temps censurées ou confidentielles. Elles sont ici implacables dans la confrontation physique qu’elles engagent, faisant ressurgir du passé la douleur de faits trop longtemps refoulés. Ceux-ci apparaissent indissociables de la sidération qu’ils provoquent.

  8. Arthur Péquin

    Absalon, Absalon (CAPC musée d'art contemporain, Bordeaux)

    À Bordeaux, dans la grande nef du CAPC – musée d’art contemporain, une exposition collective revisite l’œuvre de l’artiste franco-israélien Absalon à l’aune d’affinités formelles et conceptuelles contenues dans une sélection d’œuvres réalisées par différents artistes de sa génération. Guillaume Desanges et François Piron, les commissaires, ont choisi d’aborder le travail de l’artiste, prématurément disparu à l’âge de vingt-huit ans en 1993, selon une approche subjective, politique et concrète, contrastant avec la lecture habituellement très théorique qui en est faite. Surtout connue pour ses cellules architecturales à la couleur immaculée, la production d’Absalon a longtemps été comprise comme la continuation d’une abstraction radicale et mythifiée, sourde aux bruits du monde qui l’entouraient. Ce discours est nuancé ici par une lecture qui prend en compte les intentions culturelles de l’artiste. En faisant la démonstration du dessein unique, presque élémentaire, autour duquel est construite son œuvre, l’exposition « Absalon Absalon » va au-delà de ce minimalisme d’apparence. Elle donne ainsi à voir un corpus plastique qui interroge continuellement l’émancipation du corps physique par rapport au corps social.

  9. Photo : Marc Domage / le Crédac

    Derek Jarman, Dead Souls Whisper (1986-1993)  (Credac, Ivry-sur-Seine)

    Cinéaste par accident, peintre par nécessité, Derek Jarman a construit une œuvre qui s’appuie sur la philosophie et la littérature autant que sur sa vie personnelle pour interroger d’un point de vue critique le monde qui l’entoure. « La création a été pour lui une thérapie et une métaphore de sa propre survie[1] » écrit très justement Claire Le Restif. Tout à la fois peintre et poète, réalisateur et écrivain, jardinier et activiste, Jarman a joué un rôle prépondérant dans la reconquête mondiale du terme queer, offrant une alternative possible aux étiquettes et catégories rigides d’identité sexuelle et de genre. Le miroir est un motif récurent qui ponctue son œuvre. La question des reflets, de celui qui regarde, fonctionne comme une allégorie des faux-semblants de la société. Il rêve son jardin et parvient à le faire pousser et fleurir dans une région aride mais les débris transformés en reliques contenues dans ses tableaux noirs goudronnés resteront impuissants. De la fange ne naitra pas le miracle. Derek Jarman décède le 19 février 1994 au St. Bartholomew’s Hospital de Londres. Son œuvre à l’esthétique foisonnante, entre les ténèbres et la grâce, s’apparente à un autoportrait immense, un marqueur de son temps, une histoire de l’humanité.

    [1]  Claire Le Restif, « Un doigt dans la bouche du poisson », Derek Jarman in Please to meet you, n° 11, septembre 2021, p. 20.

  10. Damien Aspe

    Marion Baruch, une rétrospective (les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse)

    Marion Baruch construit un œuvre dans laquelle les formes s’affirment dans un état de présence absence. « Elle travaille aussi bien dans le champ de l’art que dans le domaine du design, n’excluant jamais de ses créations le lien entre production, contexte de production et de diffusion, dans cette perspective perpétuelle d’interroger la création à l’ère capitaliste » précise Annabelle Ténèze, directrice des Abattoirs et co-commissaire de l’exposition avec Noah Stolz. Le geste est surtout minimaliste, toujours conceptuel. L’artiste n’a eu de cesse de réinventer un langage artistique en interrogeant la matière textile de façon formelle, politique, sociale. Dans son travail, le dehors est dedans, l’extérieur est l’intérieur. L’artiste revendique la porosité des frontières, l’effacement des limites qui autorise une recherche de perspective, un montage expérimental évaluant les mécanismes d’intégration et / ou d’exclusion. Elle accorde une place fondamentale à la fonction sociale de l’art. Toute sa carrière est traversée par la manière de faire participer l’art à la vie, comme Charlotte Posenenske. Mais là où l’artiste allemande renonçait, en prenant acte en février 1968 « que l’art ne puisse pas contribuer à résoudre les problèmes sociaux les plus pressants », Marion Baruch continuait – et continue encore à 92 ans – à travailler les liens entre l’art et la vie, trouvant des points de passage à travers le possibilité du collectif, en favorisant son attention aux autres pour leur ménager une place dans son intimité, en faisant disparaître le seuil qui marque le passage entre l’intérieur et l’extérieur. Avec des gestes minimaux, Marion Baruch crée des œuvres visuellement puissantes. À travers sa façon de travailler les chutes du tissu, elle invente un espace physique imaginaire, une porte à même de traverser les murs.

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