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«AESH en colère, on ne va pas se laisser faire!»

Les Accompagnant·es d’élèves en situation de handicap, les AESH, étaient mobilisé·es le jeudi 8 avril. Malgré le confinement la journée de manifestations et de rassemblements s’est maintenue tant la colère est forte. À Paris, plus de 500 personnels ont manifesté, AESH et leurs soutiens syndicaux. Pour le respect de leur métier, un vrai statut, un vrai salaire.
  1. Être AESH c’est travailler 24 heures par semaine en moyenne pour un salaire de 760 euros par mois. C’est en dessous du seuil de pauvreté.

    Les AESH sont 110 000 dans l’Éducation nationale.

    La revalorisation salariale et la reconnaissance de leur temps de travail est un puissant moteur de la mobilisation, ça n’est pas le seul. La dignité est au cœur de leur combat.

  2. « Un vrai métier, un vrai statut, un vrai salaire ». Le triptyque est porté et décliné partout (une soixantaine de rassemblements étaient appelés le 8 avril).

    C’est une exigence forte de respect qui se fait entendre avec la mobilisation des AESH.

    Le mépris c’est de ne pas avoir versé la prime REP/REP+ à cette catégorie de personnel (comme les AED), de ne pas leur avoir versé la prime d’équipement informatique.

    Ce qui n’a pas empêché le Rectorat de Paris d’envoyer le 7 avril, veille de la journée de mobilisation, un courrier indécent disant aux AESH qu’elles et ils étaient « tenus » au télétravail. En plein bug des serveurs de l’Éducation nationale tant qu’à faire (pardon, en pleine « cyberattaque de l’étranger »…).

    La reconnaissance passe par la création d’un véritable corps de fonctionnaire permettant aux AESH de sortir de la précarité.

  3. Une des revendications est également l’abandon des PIAL (pour Pôles inclusifs pour l’accompagnement localisé) qui « mutualisent » les services des AESH : en clair c’est faire travailler une même personne en lui faisant suivre plus d’élèves sur plus d’établissements.

    Là encore, un mépris du métier.

  4. Près de 90 % des AESH sont des femmes. Obtenir un vrai statut pour les AESH, c’est permettre à 100 000 femmes d’en finir avec les contrats précaires.

    C’est ce que SUD éducation a rappelé le 8 mars, journée de lutte pour les droits des femmes.

  5. La mobilisation des AESH s’organise autour d’un travail intersyndical (CGT, FO, FSU, SUD éducation...) mais aussi de collectifs locaux et départementaux (comme ici dans le 95).

  6. Arrivée à son terme, la manifestation parisienne était attendue par un barrage de Forces de l’ordre (mais de quel ordre ?). Est-il normal de déployer des hommes en armes face à une manifestation de précaires de l’éducation ? Est-il normal de devoir négocier pour faire les derniers mètres du cortège, à l’angle de la rue de Grenelle, même pas sous les fenêtres du ministère ?

  7. Le ministre Blanquer n’était pas oublié des manifestant·es, dynamiques et déterminé·es. Il doit écouter les revendications des AESH, elles sont justes et légitimes. Nous continuerons pour cela à nous organiser, à résister ensemble, à nous entraider.

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