Il est des heures lourdes comme les souvenirs, des heures plus longues que l’ennui, des heures passées à réfléchir, à méditer, à nourrir le désir de porter la parole – le témoignage –, à tenter d’éveiller les consciences comme l’on entretient un feu sacré.
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Chez tout être fragile, le double langage, le mensonge, la trahison engendre bien des désespoirs ; à contrario chez certains individus, fort peu semblables à la gent réactionnaire, il n’en est rien, et le ressentiment ne pousse point alors à l’auto-destruction, mais bien à la révolte : ceux-ci, plutôt que de se laisser abattre, agissent ; parfois, cette action, se veut singulière : la mendicité en est le parfait exemple…
Certains d’entre vous se sont égarés sur cette page, et ignorent encore où se situe la source de mon Nil. Celle-ci se nomme Solidaires, le syndicat dont je fus exclu, après avoir refusé de trahir les travailleurs, refuser d’abandonner les morts sociaux, victimes de mensonges émanant d’une déléguée du personnel et d’un secrétaire général. Ce que d’aucuns ignorent se trouve ici.
J’ai créé mon entreprise. Je suis le Président Directeur Général de la Mondiale Mendicité – ce nom prouve que je possède quelque ambition –. Son siège social se trouve au 13 bis rue Pierre Curie, sur le trottoir, juste en face de la « Maison des Syndicats » où les syndicalistes de Solidaires affirment sans craindre le ridicule qu’ils sont différents des autres.
Parfois, je regrette qu’ils ne soient pas semblables à tout un chacun et tiennent leurs engagements.
J’ambitionne néanmoins de trouver un véritable emploi : secrétaire, agent d’accueil, assistanat administratif, voire strip-teaseur : il n’est pas de sot métier.
Durant les mois ou années qui vont suivre, je tiendrai ce journal à jour. Seul un emploi, une froidure glaciale, une canicule, une maladie, un accident, une agression, une garde-à-vue, un emprisonnement, une mort ou un confinement obligatoire m’empêchera de le tenir.
Je serai peut-être chassé par la Bac ou la Municipale plus enclines à faire la chasse aux mendiants qu’à chasser les hordes de dealers afin d’éviter tout risque d’émeute au nom de la paix sociale que tout gouvernement, tout maire de quelque parti qu’il soit, tend à préserver.
A SUIVRE, CE WEEK-END :