Benoît Hamon pleurniche encore

Invité de Franceinfo le 12 juillet, Benoît Hamon a lancé une nouvelle charge contre Jean-Luc Mélenchon, jugeant que la stratégie d’opposition à l’Union européenne des Insoumis relevait du « nationalisme de gauche » une tendance qui finirait irrévocablement selon lui « en nationalisme tout court ».

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Alors que les élections européennes n'auront lieu qu'en mai 2019, la France insoumise est déjà vivement critiquée par Benoît Hamon pour ses positions souverainistes. Voir :Européennes 2019: la polémique commence

La bataille des européennes commence déjà, à moins d’un an du scrutin. la France insoumise (FI) propose de renégocier les traités et menace de quitter l’Union européenne (UE) en cas d’échec, alors que le Parti socialiste (PS), les écologistes et Génération.s refusent d’envisager un « Frexit ».

Petit historique des déclarations de Benoît Hamon :

22 mars 2017 : Le candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon a appelé aujourd'hui les communistes et le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon à "unir leurs forces aux (s)iennes"

18 mars 2018 : "J’invite les dirigeants de la France insoumise à mettre entre parenthèses leur stratégie solitaire pour ajouter leur force à la mobilisation unitaire"

Dimanche 13 mai 2018, Libération a publié un entretien avec le fondateur du mouvement Génération.s, Benoît Hamon, avec un titre pour le moins surprenant : « Nous sommes la gauche puisque tous les autres ne le sont pas ».

Il est à noter que pour Benoît Hamon comme pour quelques abonné(e)s sur Médiapart, l'ennemi ce n'est pas Macron et sa politique libérale, mais l'insoumis qui ne serait qu'un être sectaire soumis aux ordres d'un Gourou et donc tous les moyens sont bons pour abattre le Gourou.

 Le député LFI Adrien Quatennens a répondu aux questions de Marianne – et à ces remises en cause – en marge de l’université d’été du média « Le Vent Se Lève», à laquelle il participait.

« Le cadre des traités de l'UE ne laisse plus de place à une souveraineté pleine et entière des peuples. J'en veux pour preuve la déclaration de Jean-Claude Juncker selon laquelle il n'y a "peut pas y avoir de démocratie contre les traités européens". Y a-t-il une démocratie possible dans le cadre de ces traités ? Nous pensons qu'elle est très limitée. »

« On a des pays qui ne sont pas harmonisés socialement, pas harmonisés fiscalement, qu'on a empaquetés dans ces traités et à qui on a dit "battez-vous et que le meilleur gagne", dans le cadre d'une compétition généralisée. »

« A gauche, cela fait trente ans que certains disent "on veut l'Europe sociale, on veut l'Europe environnementale" : c'est de l'incantation »

Pierre Bourdieu, "Pour un mouvement social européen" - Monde diplomatique" de juin 1999 - : "Il n’est pas facile, quand on parle d’Europe, d’être tout simplement entendu. Le champ journalistique, qui filtre, intercepte et interprète tous les propos publics selon sa logique la plus typique, celle du « pour » et du « contre » et du « tout ou rien », tente d’imposer à tous le choix débile qui s’impose à lui : être « pour » l’Europe, c’est-à-dire progressiste, ouvert, moderne, libéral ; ou ne pas l’être, et se condamner ainsi à l’archaïsme, au passéisme, au poujadisme, au lepénisme, voire à l’antisémitisme... Comme s’il n’y avait pas d’autre option légitime que l’adhésion inconditionnelle à l’Europe telle qu’elle est et se prépare à être, c’est-à-dire réduite à une banque et une monnaie unique, et soumise à l’empire de la concurrence sans limites...

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