AFFAIRE SATRAM-CORRUPTION : LES COLLUSIONS DE JEAN-PIERRE OYIBA

M. Jean-Pierre OYIBA M. Jean-Pierre OYIBA

Un fumet désagréable et des soupçons de moralité douteuse jalonnent le parcours de vie de celui qui se présente aux yeux des non-initiés comme un parent du défunt Omar Bongo Ondimba, et le protecteur autoproclamé, le rempart de son fils, Ali Bongo Ondimba contre le reste des personnalités de la province du Haut-Ogooué.

En réalité, en y regardant de plus près, entre affabulations, parenté fabriquée de toutes pièces et prévarications avérées, on a du mal à voir dans un parcours aussi sinueux, parsemé d’invraisemblables et de diplômes d’une véracité douteuse, qui est réellement Jean-Pierre OYIBA, puisque c’est de lui qu’il s’agit.

Revenons à l’affaire SATRAM

Dans un article en date du 6 juin 2018, je relatais le calvaire que vit jusqu’à ce jour le personnel de la société gabono-marocaine Satram-EGCA dont fait partie DRAPOR (Société de Dragage des Ports), filiale marocaine du groupe SATRAMMARINE. En effet, malgré les difficultés que traverse cette entreprise qui ne paie plus ses salariés depuis 12 mois, elle a trouvé des moyens d’offrir à M. Jean-Pierre OYIBA et ses comparses un voyage tous frais payés en terre marocaine.

Mais, au lieu de répondre aux interrogations légitimes que suscitaient les documents visibles et palpables joints à cet article, "Sa Suffisance" Jean-Pierre OYIBA a fait appel à nouveau à ses amis Marocains, et par le truchement de Monsieur AHMED SANI RAMZI, a fait un article pour me répondre non dans le fond mais en calembour indigeste. Ceci dit, derrière le verbiage pompeux mais vide de sens de AHMED SANI RAMZI, les mensonges et les approximatifs, on retient juste que la société SATRAM accuse la justice Gabonaise de l’avoir roulé dans la farine.

Les échanges entre Jean pierre Oyiba et Drapor-Prise en charge totale Les échanges entre Jean pierre Oyiba et Drapor-Prise en charge totale

L’indécence

L’aspirant candidat à la députation au 1er arrondissement de Franceville dans le département de la Mpassa pour le compte du parti démocratique gabonais (PDG) aux prochaines élections législatives, Jean-Pierre OYIBA, qui va se pavaner à Casablanca, ignore t’il les conditions de vie des employés de SATRAM ? N’est-il pas gêné d’avoir des accointances et des relations peu recommandables, incestueuses à tous points de vue, avec M. Mustapha Aziz, plusieurs fois condamné par les les tribunaux marocainss et gabonais?

Le calvaire des salariés gabonais de SATRAM

L’insensibilité de M. Jean-Pierre OYIBA face à des compatriotes abandonnés à leur triste sort choque. On est face à un personnage orgueilleux et centré uniquement sur lui-même et son bien-être.

Aujourd’hui, au moment même où j’écris ces quelques lignes, les employés du groupe SATRAM ne sont toujours pas payés. Ceux qui résident à Libreville, après avoir été expulsés par leurs bailleurs, sont allés s’installer avec femmes et enfants dans des conteneurs au port ANTARES situé au lieu-dit ACAE. Ceux du département de la marine quant à eux, sont partis des quartiers pour s'installer sur les bateaux du Groupe. Certains, chassés par les bailleurs, sont allés chercher refuge chez des proches parents. D’autres cumulent les mois de juillet 2017 à juin 2018, sans aucun salaire.

Si le personnel de SATRAM-EGCA réclame le retour de Maître Edo Rufin Dubernard, c'est parce qu'avec lui au moins, certains salariés avaient pu avoir les salaires de mars, et il préparait déjà les salaires d'avril et mai. Non seulement ça, il avait déjà prévu de payer ceux qui ont choisi le départ volontaire en novembre 2017, les retraités de la même année (2017) et les départs volontaires de 2018 pour diminuer le personnel, car actuellement, SATRAM compte 1400 ouvriers sans compter ceux qui ne sont pas dans le fichet du personnel (sans contrat de travail).

Tout est ubuesque chez SATRAM; par des sources dignes de foi, on a appris que le directeur des ressources humaines et le DAF faisaient aussi un blocage pour qu'on ne paye pas les salariés. Le subterfuge de ces deux personnes cacherait le fait que ces derniers auraient gonflé les effectifs pour que l'argent des fictifs leur revienne. C'est comme si le Gabon n’avait aucune autorité; une société comme SATRAM agit en dehors de toute l’égalité. Il y a complicité manifeste du côté des dirigeants du pays.  Le ministre du travail qui a été maintes et maintes fois interpellé, répond qu’il ne peut pas agir car selon lui, la situation est au-delà de ses compétences. Pour le personnel, la vérité est ailleurs; certaines hautes autorités sont dans la poche de ceux qui rendent la vie dure aux gabonais.

Devant tant de désolation, Jean-Pierre OYIBA et ses acolytes n’ont pas trouvé mieux que d’aller se pavaner au Maroc aux frais de SATRAM. La vérité est que le "Grand Notable" de Franceville s’en fout royalement de la situation des salariés de SATRAM tant que tout marche bien pour lui, sans maladies et sans soucis d’argent.

TV5MONDE-Affaire SATRAM : le calvaire des salariés gabonais © anne marie dworaczek-bendome


Monsieur AHMED SANI RAMZI, la plume de Sieur OYIBA

En lisant les écrits et les jeux de mots de M. AHMED SANI RAMZI, plume de Sieur J.P. OYIBA, on sent des gens aux abois: tout est mensonge et injures gratuites dans leur intervention. On veut minimiser alors que le problème est sérieux. Un véritable mélange de genres où on veut ramener les choses à une querelle de bas étage alors que tout le monde sait que le groupe épinglé se balade ensemble depuis fort longtemps; tout le monde le sait à Libreville, à Franceville et partout où il déambule. On va épargner les lecteurs de détails embrouillés car la réponse de Mr. OYIBA et de ses acolytes ne convainc personne. Les factures d’hôtels n’ont jamais été publiques et à la disposition de tous ceux qui veulent les consulter comme ils le prétendent. Jusqu’à preuve du contraire, les invités sont toujours à la charge de celui qui les invite; pourquoi ne pas le reconnaître?

En qualité de quoi Mr. OYIBA a t’il été invité pour visiter les installations de "DRAPOR, société Dragage des Ports, filiale Marocaine de SATRAMMARINE" ? Il est de notoriété publique que Sieur OYIBA fourre son nez dans les affaires de SATRAM depuis qu’il a été Directeur Général de l’OPRAG dix ans durant. Mr. OKIKADI est un petit restaurateur du centre-ville de Libreville, tandis-que Mrs NDOUMBA et Mangama ne sont que d’illustres chômeurs. Employer des mots à tire-bouchon pour se défendre laisse transparaître un profond malaise. Seule la vérité blesse; Mme Bendome pour être « chiante » a mis un coup de pied dans la fourmilière, d’où cette sortie désordonnée d’éléments pris de panique... Pour la petite histoire, même Al Caponne malgré toute sa ruse a fini un jour par se faire avoir et termina ses jours en prison.

En dehors des injures et des profanations de tombes, en dehors des réactions épidermiques d’un homme surpris dans ses basses œuvres, et en dehors de toutes passions, le problème posé par la prise en charge totale des frais de séjour du gang de Libreville par DRAPOR, mérite au minimum une réflexion. Des paroles exécrables seules ne suffiront pas à dissiper le voile. Ce n’est pas en traitant les journalistes de crève-la-faim que ceux-ci s’abstiendront de faire leur travail de salubrité publique et de chasser les indélicats sans scrupules. Pendant qu’on y est: Sieur Oyiba peut-il justifier son immense fortune?

Puisque vous avez commencé, Parlons-en de vie privée:

Sur le plan moral, élu du peuple, député de Franceville, OYIBA alias "Morceau", grand gardien de buts de son époque, pouvait-Il accepter l’invitation du groupe SATRAMMARINE et se mettre à table avec des dirigeants qui ne payent pas leurs employés au Gabon depuis plusieurs mois? Où ont-ils trouvé l’argent qui leur permet d’inaugurer les chrysanthèmes?

Tout est faux chez ce monsieur, en commençant par les diplômes qui lui ont permis de travailler à l’OPRAG et d’occuper le poste de Directeur Général, notamment un Master obtenu à Londres alors qu’il ne parle même pas la langue anglaise.

Au fait, monsieur OYIBA, vous souvenez-vous de l’étonnement de votre ancien supérieur à l’OPRAG, celui dont vous convoitiez le poste à l’époque, lorsqu’il s’était étonné de votre gros et grand diplôme obtenu en Angleterre alors que vous ne parliez même pas un seul mot d’anglais? Le Gabon est petit; il ne faut pas se foutre du monde. Au lieu de publier des insanités moribondes, on vous met au défi de publier votre curriculum vitae, ainsi que vos diplômes, et nous serons édifiés car pour l’instant, nous n’avons aucun document clair qui justifie l’ascension de Mr. Jean-Pierre OYIBA dans la haute administration gabonaise.

Qui est Jean-Pierre OYIBA pour traiter dans un article commandité, Mme Anne-Marie Dworaczek-Bendome d’indic du système, d’informatrice du pouvoir? Ne fait-il plus parti de ce système qui l’a fabriqué en faisant de lui un prince du royaume des intouchables? Est-il en rupture de ban? Est-il de ceux que dénonçait Ali Bongo Ondimba lui-même lors du 11 ème Congrès Ordinaire du Parti Démocratique Gabonais en décembre 2017, comme des malfaisants tapis dans l’ombre ?

Personne ne peut envier une vie, un parcours fait de mensonges, de détournements, une richesse bâtie sur la spoliation des contribuables gabonais. Pendant ce temps, ses enfants font des études dans des écoles privées aux États-Unis d’Amérique, et les fils et filles des gabonais pauvres sont assis à même le sol.

111e Congrès ordinaire du Parti démocratique Gabonais: l'heure de vérité a sonné © anne marie dworaczek-bendome

Moralité douteuse

Traffic d’influence, fabrication de parenté sur mesure, Mr J.P. OYIBA possède des biens mal-acquis en France, notamment 2 appartements de luxe à La Défense, quartier d’affaires chic de la capitale française; vivement que les juges Français chargés d’enquêter sur les "Bien mal acquis" s’occupent de son cas, voilà, qui pourrait agrémenter ses multiples séjours parisiens.

Parenté fabriquée: c’est son défunt père, le vieux OYIBA, qui aurait été le concubin de la maman de feu le général André OYINI, ancien commandant en chef de la garde républicaine Gabonaise et par ailleurs l’un des neveux d’Omar Bongo Ondimba.

Le général André OYINI était de Ngouoni, une petite commune de la province du Haut-Ogooué, tout comme Jeanne Ebori, la mère d’Omar Bongo Ondimba.

En dehors du fait que le père de J.P OYIBA fut boy-cuisinier du père d’Ali Bongo Ondimba, Il n’y a aucun lien de parenté entre eux. C’est uniquement la proximité, l’ethnisme et le régionalisme qui ont permis au fils du chargé de confectionner les repas d’Omar Bongo Ondimba, de bénéficier des avantages indus des promotions. C’est également ce trafic d’influence qui lui a permis de noyauter sans remords et sans vergogne d’autres cadres plus brillants de sa province d’origine, et même du Gabon tout entier.

Côté vie personnelle, l’homme n’a jamais dit "oui" devant Monsieur le Maire. Il vit en concubinage.

L’une des dames qui partage sa vie est l’une des nombreuses filles du défunt SOUAH Thomas, Solange, elle est de la jet-set gabonaise, quoi qu’élevée par sa mère dans une modeste villa de la Société Nationale Immobilière (SNI) dans la petite commune D’Owendo, voisine à la ville de Libreville.

L’autre, c’est Nadine Diouf, ex pédicure-manucure qui officiait dans des petits salons des quartiers populaires de la capitale, avant que son concubin ne devienne le grand milliardaire que nous connaissons aujourd’hui. Nadine était une bonne professionnelle qui savait nettoyer les pieds de ses clients. Nombreux en ont gardé un souvenir agréable; comme quoi, monsieur OYIBA, il n’y a pas de sots encore moins de sous métiers, il n’y a que de sottes gens. Tout travailleur mérite respect et considération. Jean Pierre OYIBA, un prévaricateur mythomane qui profite de la misère de ses compatriotes, à SATRAM, ceux qui attendent leurs salaires ne sont pas dupes; ils savent quelle est la main noire qui compose avec leurs bourreaux.

 

Affaire à suivre...

 

Anne Marie DWORACZEK-BENDOME
18 juin 2018

 

 

 

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