Réponse à Paul Moreira

Paul Moreira a réagi dans son blog à certaines des critiques faites à son film « Ukraine, les masques de la révolution » par Benoît Vitkine dans Le Monde, dans le billet du Comité Ukraine sur le site de Libération et ici même sur ce blog. Voici notre réponse et, nous l'espérons, quelques éclairages sur les sujets déformés par le documentaire.

Paul Moreira a réagi  dans son blog à certaines des critiques faites à son film « Ukraine, les masques de la révolution » par Benoît Vitkine dans Le Monde, dans le billet du Comité Ukraine sur le site de Libération et ici même sur ce blog.

Nous le remercions pour sa réponse qui se place sur le terrain constructif de la discussion sur les faits et les sources, plutôt que sur celui, stérile, de la dénonciation. Nous sommes prêtes à passer sur l’oubli de l’une des coauteures dans son commentaire ; nous sommes même prêtes à passer sur la qualification de « blog militant », destinée à discréditer, au nom de sa soi-disant politisation excessive notre argumentaire en faisant l’impasse sur un travail de recherche de plusieurs années sur le terrain ukrainien. Notre réponse aura donc la lourdeur d’un texte universitaire, mais c’est le prix à payer pour ne pas s’en tenir à des analyses taillées à coup de hache.

Si Paul Moreira éprouve tant de difficultés à répondre à nos critiques, c’est bien en raison de sa méconnaissance de l’Ukraine, au-delà des clichés. Nous répondrons en donnant quelques éléments d’éclairage sur le drame d’Odessa, la question ethnique et linguistique dans le conflit, les bataillons armés et la menace qu’ils représentent pour l’Etat ukrainien.

Le drame d’Odessa était-il un massacre de Russes d’Ukraine par des milices nationalistes ?

 Alors que l’enquête est inachevée, le journaliste nous en donne déjà le verdict au terme de son investigation. « 45 Ukrainiens d’origine russe sont morts dans l’incendie d’un bâtiment provoqué par les cocktails Molotov de milices nationalistes ukrainiennes ».

Non, ce ne sont pas des « Ukrainiens d’origine russe », des « Russes d’Ukraine » ou des « russophones » qui ont été les victimes de la tragédie d’Odessa (qu’on ne qualifie effectivement pas de massacre, car seule l’enquête pourra juger de l’intentionnalité meurtrière). Odessa est une ville plutôt russophone, avec une population mélangée depuis des siècles et un fort sentiment de spécificité, irréductible à l’allégeance à l’Ukraine ou à la Russie. L’affrontement de 2014 consécutif  au Maïdan kiévien a opposé des partisans de la révolution (majoritairement russophones) et ses adversaires (majoritairement russophones). Les victimes auraient été des Russes, clame Moreira dans sa réponse, et c’est ce qui expliquerait l’omerta dont l’enquête ferait l’objet. Pour lui répondre, laissons une fois de plus la parole à Tatiana Guerassimova, dirigeante du « Groupe du 2 mai », ONG odessite qui milite pour une enquête indépendante sur le drame et dont les membres sont des journalistes présents sur les lieux au moment du drame, des intellectuels, des universitaires et mêmes des anciens de la police scientifique. Interrogée par Ioulia Shukan, elle répond : « C’est une drôle de manière de poser la question. En Ukraine, l’appartenance ethnique n’apparaît pas dans les papiers d’identité et nous ne savons pas à quel groupe ethnique appartenaient les victimes. Nous n’avons pas et n’avions pas de conflit ethnique et des personnes très différentes étaient présentes dans la Maison des syndicats [où les victimes ont péri]. Par exemple, Anatoli Kalin [l’une des victimes] était un adepte fervent des chemises brodées ukrainiennes et sa femme joue de la bandura [instrument traditionnel ukrainien] dans un groupe de musique. Alors que Igor Ivanov, l’un des [ultranationalistes de] Pravy Sektor n’est pas Ukrainien ».

Paul Moreira persiste aussi à ignorer les conclusions de deux enquêtes dont le sérieux ne fait guère de doute. Il s’agit tout d’abord de l’enquête du « groupe du 2 mai » mentionné plus haut et qui a réalisé de nombreuses expertises à la Maison des syndicats, conduit des heures d’entretiens avec des représentants des deux côtés, des témoins, des familles de victimes, collecté et analysé des centaines de vidéos professionnelles et d’amateurs. La seconde enquête est celle du Conseil de l’Europe qui s’appuie, elle aussi, sur des matériaux réunis sur place.

Les deux enquêtes restituent avec finesse le contexte qui précède l’incendie, en pointant l’usage des armes à feu, dès les débuts des affrontements, par les deux camps. Elles soulignent que ce sont bien les tirs de l’un des membres des groupes armés pro-russes — Vitaliï Boudko alias Botsman— qui ont fait les premiers morts dans les rangs des pro-Ukrainiens, Igor Ivanov, évoqué précédemment, et Andreï Biroukov. Du côté des pro-Russes, trois personnes sont tombées dans ces affrontements de rue.

Les deux enquêtes mettent en exergue l’inaction des responsables policiers qu’il s’agisse des hauts gradés qui ont refusé de mettre en œuvre un plan anti-émeute pour séparer les parties en présence,  ou des agents de police déployés sur le terrain qui ne sont pas intervenus pas et ont laissé faire. Elles mettent également en évidence l’inaction des services de pompiers dont le standard a enregistré les alertes téléphoniques au sujet des incendies à la Maison des syndicats sans cependant y donner suite.

Les deux enquêtes sont enfin très explicites sur la qualification de l’incendie : il s’agit d’un accident dont les responsabilités sont partagées. À la page 13 du rapport du Conseil de l’Europe, on peut ainsi lire que « l’expertise médico-légale a établi cinq foyers de feu répartis entre le hall, dans les escaliers de gauche et de droite entre le rez-de-chaussée et le 1er étage, dans une pièce du 1er étage, ainsi que sur le palier entre le deuxième et le troisième étage. À l’exception du foyer dans le hall, les départs de feu dans d’autres endroits ne pouvaient résulter que des activités de personnes réfugiées à l’intérieur du bâtiment. L’expertise ne permet pas d’affirmer que ces départs de feu aient été causés de manière intentionnelle. Les portes fermées et l’effet d’aspiration dans la cage d’escalier ont contribué à une rapide propagation du feu à des étages supérieurs et surtout à l'augmentation extrême des températures à l’intérieur du bâtiment ». Au final, 42 personnes — et non 45 comme Paul Moreira s’entête à l’affirmer — ont péri à cause de l’incendie. 34 ont été asphyxiées à l’intérieur du bâtiment et 8 sont mortes des suites de leur chute alors qu’elles cherchaient à échapper aux flammes.

Le drame d’Odessa n’a sans doute pas reçu l’attention médiatique qu’il méritait. Les 43 morts de la Maison des syndicats sont sortis pendant longtemps du viseur médiatique, ajoutés à la longue liste des quelques 9000 victimes de ce conflit armé. Si les victimes d’Odessa auront toutes un nom et une histoire, des milliers de civils tués dans le conflit n’auront jamais ce privilège.

Un affrontement ethnique et linguistique ?

Le conflit ayant conduit au drame n’était pas ethnique ou linguistique mais politique, ce que ce blog a souligné à plusieurs reprises dès 2014. « Pour comprendre le conflit, il faut savoir une chose, explique le film. En Ukraine, il n’y a pas que des Ukrainiens, il y une énorme population russe. » Non, contrairement à ce qu'affirme d'une manière abrupte Paul Moreira, cela ne nous aide pas à comprendre le conflit. Si la société ukrainienne est effectivement diverse dans sa composition ethnique et ses préférences linguistiques, aucun signe de sécessionnisme ou de conflits interethnique n’était perceptible avant l’instrumentalisation par le pouvoir russe de l’argument du « soutien aux populations russes » pour justifier son intervention et dresser le Donbass contre Kiev. La confusion entre Russes et russophones est soigneusement entretenue par Moscou et le film se laisse facilement prendre à ce piège.

La question linguistique a effectivement été utilisée dans le conflit, ainsi que Paul Moreira le souligne justement dans sa réponse. Oui, le vote par le parlement ukrainien du retrait au russe et à toutes les autres langues minoritaires de leur statut de langues régionales (pouvant être utilisées par les instances étatiques en parallèle de l’ukrainien) a été interprété par les populations de l’Est du pays comme une attaque contre eux. La loi n’a jamais été promulguée par le président, mais le mal était fait. La réputation d’anti-russophones a collé au pouvoir issu du Maïdan… une révolution en grande partie russophone et un gouvernement comptant plusieurs ministres ne parlant pas ukrainien. « A l’Est du pays, une grande partie de la population ne parle que le russe », dit le film. C’est faux : les enquêtes comme celles du Centre Razumkov et les travaux de chercheurs montrent que l’Ukraine est un pays bilingue, où plus de 90% de la population comprend les deux langues, mais où la majorité a une langue de préférence. De plus, le clivage n’est pas seulement régional mais bien plus complexe : les campagnes de l’Est sont souvent plus ukrainophones que les villes ; les jeunes souvent beaucoup plus ukrainophones que leurs aînés. Depuis le dernier billet de ce blog sur la question, la situation n’a pas beaucoup changé. 

Les groupes armés pro-ukrainiens : de quoi parlons-nous ?

Paul Moreira se dit, dans sa réponse, préoccupé du devenir des groupes armés ultranationalistes après la fin du Maïdan. Comme nous l’affirmions dans notre premier billet, c’est une question fondamentale et un objet d’investigation majeur pour les chercheurs comme pour les médias. Cependant, cette question ne peut être analysée en dehors du contexte du conflit armé qui a donné naissance aux bataillons et donné une légitimité nouvelle à des discours patriotiques et à tous leurs avatars.

En effet, l’Ukraine que Paul Moreira a découverte avec le Maïdan a profondément changé au cours de ces deux dernières années. Une société qui n’a pas connu de conflit armé sur son territoire depuis la fin de la deuxième guerre mondiale s’est retrouvée agressée sur son territoire par la Russie, puis plongée dans un conflit dans lequel le Kremlin a nourri les peurs, puis encouragé, armé et dirigé une insurrection armée à l’Est. Aucune étude sérieuse ne conteste aujourd’hui le poids déterminant du pouvoir russe dans l’insurrection et la guerre du Donbass. L’Ukraine n’est pas devenue russophobe pour autant, contrairement à ce que prétendent les analyses simplistes ; elle est en revanche clairement kremlinophobe.

Des groupes armés issus du Maïdan ou des mouvements pro-révolutionnaires locaux ont commencé à s’organiser un peu partout dans le pays pour empêcher la propagation des insurrections anti-Kiev nourries par la Russie. A l’automne 2014, on comptait déjà une grosse trentaine de bataillons volontaires, composés d’hommes et de femmes de toutes les régions, de toutes les origines et de toutes les obédiences politiques. Azov et Pravy Sektor étaient de ces batillons ; Svoboda ne s’est par contre jamais rattaché à un bataillon spécifique, mais il semble que beaucoup de ses membres aient rejoint les bataillon Kyiv-2 ou Sych dont l’un des membres a lancé une grenade sur le parvis du Parlement fin août 2015. La relation à l’idéologie dans ces bataillons mériterait une étude spécifique : tous les observateurs pointent ainsi une très grande diversité des appartenances politiques et des opinions au sein d’un même bataillon. Ainsi, témoigne Stéphane Siohan au cours d'une enquête auprès du bataillon Aidar en février 2015, un antisémite virulent et un Juif étudiant la Torah le soir se sont ainsi retrouvés voisins de chambrée sur le front; des situations comparables pouvaient être observées dans d’autres bataillons.  Cette insensibilité idéologique ne peut être comprise que dans le contexte de la révolution et de la guerre où ces préférences idéologiques ont pu être reléguées au second plan dès lors qu’il s’agissait de faire face à un ennemi commun. De fait, ce sont les bataillons volontaires, équipés et nourris par les bénévoles et les milieux d’affaires, qui ont remplacé l’armée officielle dans les premiers mois de la guerre. Oui, « ils ont abandonné bâtons et boucliers en bois et manipulent maintenant de vrais fusils ». Encore faut-il expliquer pourquoi. Paul Moreira dit bien dans le documentaire que si les bataillons ont acquis cette importance, c’est du fait de la faiblesse et de la désorganisation de l’armée ukrainienne, mais il ne s’attarde pas sur le contexte spécifique de la guerre et ses conséquences. Si les bataillons « n’ont jamais rendu les armes », comme l’affirme à juste le titre le journaliste, c’est parce qu’une guerre est toujours en cours.

Les bataillons, quelle menace pour l’Etat ukrainien ?

Sommes-nous ici en train de chercher des excuses aux mouvements ultranationalistes, de pinailler sur les nuances allant du « néo-nazi brun-foncé au beige clair du nationalisme », comme le suggère Paul Moreira dans sa réponse ? Bien au contraire.

Dès l’été 2014, l’Etat ukrainien a cherché à reprendre contrôle des bataillons volontaires en les intégrant aux forces armées régulières. En effet, ces bataillons que l’Etat ne finançait pas et ne contrôlait pas vraiment commençaient à constituer une menace pour son autorité et une gêne pour la conduite stratégique de la guerre dont ils représentaient pourtant la force principale. L’essentiel des bataillons a rejoint le Ministère de la Défense ; le bataillon Azov n’a pas été intégré à l’armée mais à la Garde Nationale qui relève du Ministère de l’Intérieur (encore une erreur factuelle du film) et Pravy Sektor est le seul à s’être maintenu comme un électron libre. Ses combattants ne sont aujourd’hui ni reconnus, ni soutenus, ni financés par l’Etat.

Les bataillons sont composés, depuis janvier 2015, de soldats sous contrat (dont beaucoup d’anciens combattants volontaires, mais aussi de nouvelles recrues) et de soldats mobilisés au cours de plusieurs vagues de conscription.   Même intégrés dans les forces armées étatiques, ces bataillons continuent pourtant à poser problème à l’Etat. Si ce dernier est effectivement parvenu à reprendre le contrôle du recrutement et de la gestion des combattants, le ravitaillement des corps armés reste encore en partie dépendant des financements privés, des dons et du travail des bénévoles et la question du degré de contrôle étatique reste toujours ouverte, notamment lorsque des commandants charismatiques (Biletski mentionné dans le film, mais aussi d’autres) restent en fonction. L’enquête de Paul Moreira échoue, hélas, à nous apporter des réponses à ce sujet.

Reste aussi à solder les arriérés des premiers mois d’une guerre conduite par des combattants mal formés et souvent livrés à eux-mêmes. Une  question a fait ainsi couler beaucoup d’encre des deux côtés de la ligne de front : celle des exactions et violations des droits de l’homme commises par certains bataillons. Le sujet n’est plus tabou en Ukraine, en dépit du grand respect que la population a pour ses combattants, et a été abordé dans plusieurs rapports des organisations des droits de l’homme. Tout en soulignant que l’échelle et la nature violences rapportées côté ukrainien sont sans commune mesure avec les exactions commises par les pro-séparatistes, un rapport conjoint Centre de Libertés Civiques (CCL)-FIDH 2015 fait le point sur les cas aujourd’hui recensés.  De nombreuses poursuites en justice ont été lancées contre les combattants ukrainiens soupçonnés de violence à l’égard des civils. Ce ne sont toutefois pas les bataillons idéologiquement les plus orientés qui sont principalement dans le viseur de la justice, mais d’autres moins « marqués », comme Aïdar ou Tornado dont plusieurs dizaines de membres ont été accusés d’enlèvements, d’extorsion ou de torture. Aucun fait de haine raciale n’a été mis à jour. Aveuglement de l’Etat qui épargne ses éléments les plus extrémistes dans cette guerre ? Pourquoi pas et c’est une hypothèse, mais le film de Paul Moreira n’apporte aucun élément tangible qui nous permette d’en savoir plus.

Il ne dit rien non plus de la place du nationalisme dans la société ukrainienne contemporaine, au-delà du cliché de la révolution ultranationaliste. La pluralité idéologique du Maïdan – de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par un éventail de préférences et d’indifférences politiques, - est passée sous silence et donne l’impression d’une révolution dont le bras armé serait exclusivement néonazi. Nos enquêtes de terrain, tout comme celles de nos collègues, donnent pourtant une image bien différente qui sans nier l’implication des groupes extrémistes, leur redonne leur juste place : des groupes tolérés, minoritaires mais non insignifiants, unités parmi d’autres unités sur le Maïdan. Leur visibilité est en partie le résultat d’une stratégie de communication : ainsi, dans les manifestation pro-Kiev en 2014, Svoboda et Pravy Sektor étaient parmi les rares groupes à sortir des drapeaux, rendant moins visibles les groupes politiques plus modérés. Cette analyse est d’ailleurs partagée par des chercheurs critiques du Maïdan comme Volodymyr Ishchenko. Découvrant le Maïdan sur son écran de télévision et sur la chaîne Youtube, Paul Moreira a confondu l'abondance des images avec l'échelle réelle des actions.

Le postulat de la contamination automatique qui sous-tend le raisonnement de Paul Moreira ne semble pas validé en Ukraine : la présence de groupes d’extrême droite sur la place n’a pas eu pour effet de « diffuser » leur idéologie dans le milieu des révolutionnaires et dans la société ukrainienne, comme en attestent la faiblesse des scores obtenus par les candidats d’extrême droite lors des élections présidentielles et législatives. Aucun des partis ultranationalistes n'a en effet réussi à franchir le seuil minimum permettant d'entrer au parlement. Les scores obtenus sont en nette diminution par rapport au parlement précédent, même si une dizaine d'ultranationalistes ont été élus à titre individuel. Non, les groupes ultranationalistes n’ont pas pris le pouvoir en Ukraine. L’une des raisons de cette relative faible diffusion réside sûrement dans l’abondance de propositions politiques nationalistes modérées dans la société ukrainienne. La question de l’acceptation large d’un nationalisme réactif en Ukraine mérite, elle aussi, toute notre attention critique.

Pourquoi cette réaction vive au documentaire de Paul Moreira ?

Le lecteur de ce billet pourra sans doute se dire que Paul Moreira a eu raison de se lancer dans une enquête sur les groupes armés, tant ceux-là semblent poser question dans l’Ukraine contemporaine. Nous le pensons également. Nous pensons aussi que les changements profonds qu’un conflit armé ou une préoccupation sécuritaire entrainent dans une société sont un sujet de préoccupation majeur, y compris chez nous en Europe de l’Ouest. Cependant, jouer sur les peurs et la diabolisation n’est pas le meilleur moyen de comprendre et de faire comprendre. Ce que nous regrettons, c’est que forte d’une intention initiale louable, l’enquête de Paul Moreira ait à ce point manqué de rigueur, s’appuyant sur des sources peu fiables et se laissant entrainer sur la pente glissante du sensationnalisme et du complotisme. Dans ce conflit elle est devenue, hélas, une arme de guerre.

 

Anna Colin Lebedev, chercheuse au Centre d'étude des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC EHESS)

Ioulia Shukan, maître de conférences à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense

 

 

 

 

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