E Badinter, J Baubérot et le retour de la question laïque par temps de forcing islamophobe et "féministe" du lepénisme

Les déclarations d'Elisabeth Badinter sur la laïcité qu'""en dehors de Marine Le Pen, plus personne" ne défendrait ont suscité une rude réponse de Jean Baubérot (à lire ici avec le lien vers le texte d'E Badinter).

 

Nous proposons pour éclairer la réflexion suscitée par cette controverse de renvoyer à un texte qui se veut sans concession avec un air du temps brouillant à souhait le rapport à la laïcité et au FN mais aussi, nécessairement, aux droits des femmes : Trente paradoxes de Pierre Tevanian. Brouillage sur lequel travaille le lepénisme relooké féministe et laïque pour renforcer sa stigmatisation des immigrés, des musulmans, etc. et ainsi accroître son impact politique en vue de la présidentielle.

 

Une pub sur laquelle Elisabeth Badinter n'a rien à dire, rien à redire (1)

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(1) Lire à ce sujet : Elisabeth Badinter, le coeur féministe, le portefeuille sexiste ? et Un féminisme sélectif

 

Images de femmes sur lesquelles Elisabeth Badinter a beaucoup à dire et à redire

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« Après que les plus hautes autorités religieuses musulmanes ont déclaré que les vêtements qui couvrent la totalité du corps et du visage ne relèvent pas du commandement religieux mais de la tradition, wahhabite (Arabie Saoudite) pour l’un, pachtoune (Afghanistan/Pakistan) pour l’autre, allez-vous continuer à cacher l’intégralité de votre visage ? Ainsi dissimulée au regard d’autrui, vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. Sommes-nous à ce point méprisables et impurs à vos yeux pour que vous nous refusiez tout contact, toute relation, et jusqu’à la connivence d’un sourire ? Dans une démocratie moderne, où l’on tente d’instaurer transparence et égalité des sexes, vous nous signifiez brutalement que tout ceci n’est pas votre affaire, que les relations avec les autres ne vous concernent pas et que nos combats ne sont pas les vôtres. Alors je m’interroge : pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes où nul ne vous demandera de montrer votre visage, où vos filles seront voilées à leur tour, où votre époux pourra être polygame et vous répudier quand bon lui semble, ce qui fait tant souffrir nombre de femmes là- bas ? En vérité, vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. Subversion, provocation ou ignorance, le scandale est moins l’offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez. C’est aujourd’hui votre choix, mais qui sait si demain vous ne serez pas heureuses de pouvoir en changer. Elles ne le peuvent pas... Pensez-y. »

 

Pour notre défenseuse des droits de la femme, les porteuses du voile intégral ne sont pas françaises, et il faudrait qu’elles aillent vivre sous la coupe de la secte barbare des Talibans, ou en Arabie Saoudite ! Il faut sauver les Afghanes des Talibans, mais leur envoyer en contrepartie les Françaises porteuses du voile intégral, qui font à Élisabeth Badinter l’affront de se soustraire à son regard ! Ou envoyer ces dernières en Arabie Saoudite, pays démocratique s’il en est ! [...]

 

Élisabeth Badinter défend les prostituées et les Afghanes, mais pas les voilées : les unes ont le droit de s’instruire, de s’émanciper et de disposer de leurs corps, tandis que les autres, qui n’habitent pas très loin de chez elle, n’y ont pas droit – et c’est l’Etat qui devrait décider à leur place ! Les femmes ont donc le droit de choisir leur mode de vie… sauf celles qui ne respectent pas le dress code d’Élisabeth Badinter.

 

Tiré de Un féminisme sélectif

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