Le président de la Généralité catalane destitué !

La Junte Electorale Centrale vient de destituer Quim Torra de la présidence de la Généralité catalane. C'est la riposte de la droite juridico-politique espagnole à la gifle magistrale que l'Etat a reçue de la Cour de Justice de l'Union Européenne : celle-ci a remis en selle politiquement le précédent président de la Généralité destitué ? L'espagnolisme destitue l'actuel président...

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Voilà donc un véritable nouveau putsch, prenant appui sur la Loi Organique du Régime Electoral General (LOREG) qui est d'application immédiate, contre la représentation institutionnelle de la Catalogne : d'autant plus que la JEC a doublé cette destitution du président catalan, de l'annulation, en défi frontal à la Cour de Justice de l'Union Européenne, de l'élection d'Oriol Junqueras au Parlement Européen (1). Quelles en seront les conséquences alors que demain doivent s'ouvrir au Congrès des députés les séances d'investiture du socialiste Pedro Sánchez à la présidence du gouvernement grâce à l'abstention négociée des députés des indépendantistes de gauche d'ERC, le parti dudit Oriol Junqueras ? Ceux-ci qui avaient annoncé hier prendre le "risque" de permettre cette investiture, prendront-ils le risque, autrement plus élevé, auprès du peuple catalan, de donner l'impression d'avaliser cette double agression espagnoliste en reconduisant celui qui avait soutenu sans réserve la destitution de Carles Puigdemont et permis que les poursuites judiciaires contre les dirigeants indépendantistes aillent jusqu'à leur condamnation ? Exigeront-ils de Pedro Sánchez qu'il condamne ce coup de force contre la Généralité ? Ce "coup" de la droite (et de l'extrême droite) vise, en particulier sur le volet Oriol Junqueras, à mettre ERC dans l'inextricable position de devoir expliquer qu'il faudrait contrer cette droite en faisant le cadeau d'une investiture à un Pedro Sánchez qui a une responsabilité évidente dans l'incarcération et la condamnation de son dirigeant, la JEC et la droite qui la met en action ne faisant que radicaliser un processus de criminalisation politique dont le socialiste porte la pleine responsabilité, une responsabilité qu'il n'a, au demeurant, jamais reniée !

Sous réserve que le Tribunal Suprême, estimant que c'est à lui de se prononcer, prenne de façon improbable (mais qui sait ?) le contrepied de la décision de la JEC, voilà paradoxalement les frères ennemis de l'indépendantisme réunis par l'offensive déclenchée contre eux par l'appareil judiciaire espagnol à travers la double attaque contre le puigdemontiste Torra et le républicain Oriol Junqueras ! Sauront-ils relancer la dynamique unitaire du processus non biaisé de l'autodétermination et de l'indépendantisme au constat que décidément la tentative d'une de ses composantes (ERC) de ... composer avec une faction (de "gauche") de l'espagnolisme expose à la violente offensive de l'autre faction (de droite et d'extrême droite) de celui-ci ?

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Rassemblement immédiat en soutien massif à Quim Torra devant le Palais de la Généralité

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(1) Je renvoie à ce que j'écrivais hier sur le sujet : Espagne : la sentence de la CJUE redistribue les rapports de force politiques mais...

 Pour en savoir plus

Espagne. Sánchez et ses raisons de gouverner avec Podemos...

La Justice Européenne inflige un nouveau rude camouflet à la Justice espagnole !

Catalogne, Espagne, Europe.... A mes ami.e.s et camarades anticapitalistes

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