Macron extraderait-il Puigdemont contre la décision de l'Allemagne ?

Puigdemont bientôt à Perpignan ? Un avocat espagnol le met en garde : Macron pourrait bien déroger à la décision du tribunal allemand rendant impossible en Europe une extradition vers l'Espagne sous le chef d'accusation de rébellion et sédition. Raison pour laquelle au demeurant le juge espagnol a retiré son mandat d'arrêt européen. Et pourtant...

Gonzalo Boye, l'avocat de deux ex membres du Govern catalan exilés en Belgique, réitère son conseil à Carles Puigdemont de ne pas se rendre à Perpignan (cliquer sur le lien de l'illustration ci-dessous pour accéder à l'article source en espagnol). Celui-ci a en effet énigmatiquement laissé entendre que, s'il ne savait pas s'il mettrait 20 ans pour fouler le sol espagnol, il savait en revanche qu'il ne mettrait pas 20 ans pour fouler le sol catalan. Ce qui a été compris comme une volonté de se rendre en Catalogne nord, côté français donc, possibilité qui recoupe l'invitation faite à Puigdemont par le parti de Catalogne Nord Unitat Catalana (Unité Catalane) à participer le 4 septembre à Perpignan à une réunion portant sur le "procés" indépendantiste mené de l'autre côté des Pyrénées. Théoriquement la décision du tribunal allemand de rejeter les accusations de rébellion et de sédition présentées par le juge espagnol à l'encontre de l'ancien président de la Généralité et le retrait dépité/piteux par ledit juge de la demande d'extradition, permettent au premier de se déplacer librement dans l'Union Européenne, sauf bien sûr en Espagne.

Capture%2Bd%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran%2B2018-08-10%2Ba%25CC%2580%2B10.52.21.png

Cliquer ici

Mais, comme il l'avait énoncé précédemment, en juillet, Gonzalo Boye estime que la France est le seul pays de l'UE, de par sa législation spéciale de collaboration avec l'Espagne (une convention hispanofrançaise d'arrestation "à chaud"), qui accepterait, contre l'avis des juges allemands, de faire arrêter par sa gendarmerie Puigdemont avant d'engager une procédure d'extradition.

On voit par là l'image qu'a la France sur les questions de droits et de liberté, la mettant du coup en porte-à-faux avec la majorité de l'UE, à commencer vis-à-vis d'une décision de justice d'un pays européen. Et cela au profit d'une Espagne dont il est de plus en plus évident qu'elle se rapproche, malgré le paradoxe d'une arrivée du PSOE au gouvernement ne changeant rien de décisif (rapprochement des prisonniers politiques en Catalogne) à la persécution judiciaire anticatalane, de pays comme la Hongrie ou la Pologne (l'Italie prenant le même chemin) qui sont gangrénés par la poussée d'une extrême droite parvenue au gouvernement ! A suivre donc, au cas où le conseil de prudence adressé à Puigdemont n'aurait pas porté ses fruits, pour relancer la mobilisation internationale contre l'éventualité que Macron commette l'impardonnable.

Sur le même sujet sur mon blog en juillet : Catalogne. L'Espagne désavouée par la justice allemande, Macron est avec elle !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.