Catalogne. "Nous aussi devons faire de la politique devant les tribunaux de Madrid" !

Mireia Boya a expliqué devant le juge qu’elle a défendu la proclamation de la République car elle figurait dans le programme électoral de la CUP, qui avait été validé par le Conseil Electoral, et que c’est sur cette base qu’elle avait été élue députée ; « plus de 80% des Catalans voulaient résoudre le conflit entre la Catalogne et l’Espagne par un référendum ».

Développement ce jour de ce que j'exposais hier ici : Démocratie à l'espagnoIe. Indépendantiste catalane, elle répond d'un délit d'opinion!

Boya : "Nous aussi devons faire de la politique devant les tribunaux de Madrid"

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La cupaire [membre de la CUP, anticapitalistes de la Candidature d’Unité Populaire] Mireia Boya a exhorté les mis en examen du processus indépendantiste à coordonner leur défense : « Nous n’avons pas affaire à la justice, depuis Madrid, le juge Llarena, le procureur, font de la politique et nous, nous devons faire de la politique dans les tribunaux de Madrid » voilà ce qu’a affirmé l’ancienne députée à son retour à Barcelone après avoir comparu ce matin devant le juge du Tribunal Suprême, Pablo Llarena, au sujet du référendum du 1er octobre et de la proclamation de la République.

Elle a précisé : « Ce coup-ci le comité stratégique [la structure qui devait piloter le passage à la République indépendante dont Mireia est accusée d’avoir fait partie] n’existait pas mais peut-être faudra-t-il créer une sorte de comité pour coordonner toutes les défenses des mis en examen. Etant donné que nous sommes tous impliqués dans le même procès, nous devrions en parler plus entre nous et assurer notre défense en termes politiques ».

Deux à trois cent personnes se sont retrouvées vers 17 heures trente à la gare barcelonaise de Sants pour recevoir Boya de retour de Madrid. Parmi les présents on comptait l’ancien député de la CUP David Fernández et le militant indépendantiste historique Pablo Castellanos. Mireia était accompagnée du député Vidal Aragonés et de l’ex députée Gabriela Serra.

Quand elle est remontée du quai, elle a été reçue aux cris de « tu n’es pas seule », « nous sommes la république » et « liberté pour les prisonniers politiques ». La cupaire est apparue émue de l’accueil reçu mais elle a regretté qu’ « il y ait encore quatre otages dans les prisons de l’Etat espagnol ». Elle a eu aussi ces mots : « Cette joie si normale de nous retrouver ensemble ne peut faire oublier cette chose anormale qu’est la répression. Ce qui est normal c’est la liberté ».

Boya a aussi exprimé sa reconnaissance pour l’appui qu’elle a reçu ces dernières heures et qui l’a aidé à faire face à cette comparution. « Une fois que j’ai pris ma décision et surtout que j’ai vu la réponse des gens, j’étais devant Llarena et c’était ma voix mais j’avais derrière moi plus de deux millions de personnes. C’est ce que j’ai ressenti à tout instant », a-t-elle dit en guise de remerciement.

La cupaire a expliqué devant le juge qu’elle a défendu la proclamation de la République car elle figurait dans le programme électoral de la CUP, qui avait été validé par le Conseil Electoral, et que c’est sur cette base qu’elle avait été élue députée ; de même « plus de 80% des Catalans voulaient résoudre le conflit entre la Catalogne et l’Espagne par un référendum » alors que la réponse de l’Etat s’est inscrite dans une absence de dialogue remontant à plusieurs années et reposait sur une « interprétation partiale et biaisée de la Constitution ».

« Une fois que la loi sur le référendum [d’autodétermination] et sur la transition [vers la République indépendante] a été approuvée, elle devait s’appliquer, c’était la volonté majoritaire des gens qui étaient allés voter », a-t-elle ajouté en insistant constamment qu’elle était convaincue que c’est ainsi qu’allaient se passer les choses. « Cette loi n’a pas été mise en œuvre, d’abord à cause du coup d’Etat du 155 qui a envoyé cinq personnes en exil et d’autres en prison et ensuite, a-t-elle reproché, parce que le Govern n’a pas appliqué tout ce qui était prévu dans la loi de transition ».

Interrogée sur la nature symbolique de la déclaration d’indépendance, elle a répliqué : «  Si vous posez la question à tous ces gens qui sont derrière moi aujourd’hui, a-t-elle martelé, elle n’a pas été pour eux symbolique, elle devait devenir effective et nous la rendrons effective, nous la ferons advenir République ».

Le texte original : Boya: "Nosotros también tenemos que hacer política en los tribunales de Madrid" (El Nacional. Cat)

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Premières infos parues dans la journée

Le défi indépendantiste au coeur du tribunal !

Monsieur le juge, je désobéirai toujours à la Constitution !

Mireia Boya est sortie libre de sa comparution devant le juge auquel elle a transmis qu'elle désobéirait à la Constitution et qu'elle restait fidèle au mandat donné par le référendum d'autodétermination du 1er octobre. Celui d'aller vers la République indépendante de Catalogne ! Elle a également déclaré son exigence que les détenus politiques soient libérés !

Soyons conscient-es cependant que le juge n'a reculé que pour mieux sauter !

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Mireia à sa sortie du tribunal

Boya surt del Suprem: ‘He vingut a dir que vam fer un referèndum i el vam guanyar’

En directe: Mireia Boya surt en llibertat del Suprem sense mesures cautelars

 Boya, en libertad sin medidas cautelares

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