Démocratie à l'espagnoIe. Indépendantiste catalane, elle répond d'un délit d'opinion!

Mireia Boya était l'une des trois invitées d'honneur du grand meeting de Montpellier, le 9 janvier dernier, en soutien à la lutte pour la république catalane. Carles Puigdemont y avait pris la parole par vidéoconférence. Aujourd'hui, elle ouvre la nouvelle série des personnes menacées d'aller rejoindre les quatre prisonniers politiques liés au processus indépendantiste.

DERNIERE MINUTE (14 février)

Le défi indépendantiste au coeur du tribunal !

Monsieur le juge, je désobéirai toujours à la Constitution !

Mireia est sortie libre de sa comparution devant le juge auquel elle a transmis qu'elle désobéirait à la Constitution et qu'elle restait fidèle au mandat donné par le référendum d'autodétermination du 1er octobre. Celui d'aller vers la République indépendante de Catalogne ! Elle a également déclaré son exigence que les détenus politiques soient libérés !

Soyons conscient-es cependant que le juge n'a reculé que pour mieux sauter !

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Mireia à sa sortie du tribunal

Boya surt del Suprem: ‘He vingut a dir que vam fer un referèndum i el vam guanyar’

En directe: Mireia Boya surt en llibertat del Suprem sense mesures cautelars

 Boya, en libertad sin medidas cautelares

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Boya comparaîtra devant le Tribunal Suprême mais ne se soumettra pas

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Mireia Boya, l’ancienne députée de la CUP, est la première des nouveaux convoqués par le Tribunal Suprême à comparaître à propos du 1er octobre [référendum d’autodétermination]. Ayant décidé de répondre à cette convocation du juge Pablo Llarena, elle a annoncé aujourd’hui ce qu’elle expliquera au magistrat qui maintient en prison Oriol Junqueras [vice-président destitué de la Généralité], Joaquim Forn [conseller, ministre, à l'intérieur de la Généralité destitué], Jordi Sánchez [président de l’ANC] et Jordi Cuixart [président de l’Omnium].

«Ils disséminent la répression pour que nous ne nous rendions pas compte de l’importance qu’elle prend. Nous sommes dans un état d’exception », a dit Boya lors de sa conférence de presse où elle était accompagnée de son avocat. 

Comme tous les mis en examen, l’ancienne députée de la CUP a accusé le Tribunal Suprême d’engager une procédure judiciaire contre le procés [processus indépendantiste] : « La procédure du TS a été bâtie sur un rapport de la Garde Civile peu fondé objectivement, partial et partie prenante de ce sur quoi il rapporte ». Et, à l’instar des autres mis en examen, elle a réfuté avoir fait usage de quelque violence que ce soit : «  La Garde Civile échafaude un récit de violence qui n’a d’existence que du fait de sa propre action le 1er octobre devant les bureaux de vote. Cela a un nom, « droit pénal de l’ennemi » : on nous juge pour ce que nous pensons, pour ce que nous pouvons faire à l’avenir, et cela, en l’absence de garanties juridiques et avec la menace de condamnations disproportionnées ».

Boya dira à Pablo Llarena que « la défense du droit d’autodétermination des peuples n’est pas un délit. L’application d’un programme électoral, pour lequel j’ai été élue le 27 septembre 2015, n’est pas un délit. Il n’y a pas de délit de rébellion dans une revendication pacifique du droit de vote ».

« Nous avons bien vu qu’il ne sert à rien d’abjurer ses convictions idéologiques pour éviter la prison. Je préfère y aller sans détourner la tête. Nous avons fait un référendum et nous l’avons gagné. Revendiquons-le plus encore tous ensemble. Et si nous devons transformer l’accusation qui nous est faite en un véritable procès politique pour dévoiler la face honteusement antidémocratique de l’Etat, allons-y. Si nécessaire, nous saisirons les instances internationales. Ceux d’en face se croient judiciairement forts, nous, nous croyons que la justice politisée est le talon d’Achille de la démocratie dont se réclame l’Etat », tels sont les propos de Boya donnant le sens de sa comparution devant le Tribunal Suprême le mercredi 21 février à Madrid.

Mireia Boya s’est montrée ferme dans la défense de son positionnement politique, ferme aussi en prévision de son éventuel emprisonnement : « La CUP ne reniera pas même une virgule de son programme électoral. Si je vais en prison, je n’en sortirai qu’avec la République. Mon engagement, notre engagement, il est envers les gens, envers le peuple et en faveur de la construction de la République ».

Boya est la première à comparaître ce mercredi. Elle devait le faire en compagnie d’Anna Gabriel [la dirigeante, ancienne députée et porte-parole, la plus connue de la CUP] mais une requête de son avocat Benet Salellas a obtenu le report de cette comparution de l’ancienne porte-parole de la CUP au 21 février. Gabriel sera la dernière de la seconde série de personnes citées à comparaître, entre le 19 et le 21 février, à se présenter devant le juge. Elle le fera aux côtés de Marta Rovira [secrétaire générale des républicains de l’ERC], Marta Pascal [coordinatrice générale du PDeCAT de Carles Puigdemont], Artur Mas [ancien président de la Généralité, membre du PDeCAT] et Neus Lloveras [présidente de l’AMI, l’Association des Communes pour l’Indépendance qui en fait regroupe les élu-es indépendantistes à tous les échelons institutionnels de la Catalogne].

L'article original en espagnol Boya declarará en el Supremo pero no acatará (El Nacional Cat)

Traduction Antoine Rabadan

Mireia Boya, à gauche, en conférence de presse à Montpellier.

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Le meeting du 9 janvier à Montpellier

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Montpellier. Vidéo de la grande soirée de solidarité avec la Catalogne...

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Une avocate internationale française saisit, avec d'autres avocats européens, l'ONU et la Cour de Justice Européenne

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L'avocate française Rachel Lindon, membre de l'équipe d'avocats internationaux portant auprès de l'ONU le cas des prisonniers politiques catalans, est confiante dans l'issue de cette démarche. Elle ne mâche pas ses mots en accusant le gouvernement espagnol d'utiliser "des méthodes dictatoriales". Ses clients, déclare-t-elle, sont détenus arbitrairement et doivent être libérés immédiatement. Leur incarcération viole le droit international.

La justice espagnole transforme dangereusement le sens du mot violence en l'appliquant au simple fait d'exercer des droits civils comme celui de voter ou de se présenter à des élections. Rien, dans le processus catalan, ne saurait être décrit comme violent.

Les droits fondamentaux qui sont bafoués relèvent de la liberté d'expression, de manifestation, d'opinion, d'association et de participation. Egalement le droit de bénéficier d'un jugement juste. Il y a, dans cette affaire, de la discrimination pour des motifs politiques : les personnes touchées par ces atteintes à leurs droits se retrouvent en prison pour leurs idées politiques, pour avoir défendu le droit à l'autodétermination des Catalans.

L'argument avancé par le juge pour maintenir en prison Jordi Sánchez, à savoir qu'il persiste dans son positionnement politique, suffit à qualifier ce maintien en prison de mesure arbitraire car il est motivé par les idées de la personne en question.

Nus sommes confiants : les incarcérations actuelles ne resteront pas impunies devant la justice européenne. Par sécurité, nous saisissons aussi l'ONU.

Je confirme que le gouvernement espagnol a utilisé des méthodes dictatoriales. C'est une honte qu'un pays comme l'Espagne, qui a connu une très dure Guerre Civile et qui a subi le poids de la dictature de Franco, tolère un tel spectacle judiciaire.

Des déclarations publiques faites par des membres du Gouvernement espagnol, sont sans aucun doute possible, une violation de la présomption d'innocence et dérogent à l'indépendance de la justice en Espagne.

L'entrevue en espagnol est à lire ici

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Catalogne. La CUP rue dans les brancards...

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