Tajani, président du Parlement Européen et Mussolini...

Tajani avait accueilli en 2017 la petite-fille de Mussolini, figure qu'elle revendique. Aujourd'hui il voit lui-même du positif dans le fasciste italien. Récemment il interdisait l'accès du Parlement Européen à Puigdemont et au président de la Catalogne. Dans le même temps il permit au parti d'extrême droite espagnol Vox de tenir une conférence dans l'enceinte strasbourgeoise.

Le président du Parlement Européen : "Il faut être objectif, Mussolini a fait des choses positives"

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Tajani, le président du Parlement européen vient de déclarer que "Mussolini a fait des choses positives" ... des ponts, des routes, des installations sportives, ça ne s'invente pas ! Lire ici. Il a bien sûr assorti cela d'affirmations de son désaccord avec la politique d'ensemble du fasciste italien, en particulier les lois raciales, mais il en a appelé à la nuance, à l'équilibre dans les bilans à faire du régime fasciste italien. Vous savez, le coup du plus et du moins qui fait perdre de vue l'essentiel, à savoir que les régimes fascistes sont à rejeter TOTALEMENT car ils sont TOTALITAIRES.

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La poignée de main avec Alessandra Mussolini au sein du Parlement Européen

Et le petit jeu de pseudo balancement sur les bilans de ces Etats crapuleux, criminels et/ou génocidaires, sans oublier capitalistes, c'est exactement la démarche "petit bout de la lorgnette", pour accoutumer les esprits à toujours plus voir grand angle les avantages des solutions fascistes.

La manoeuvre est grossière et doit être mise en rapport avec l'accueil que Tajani a fait en 2017 à Alessandra Mussolini (voir la photo de l'article) qui se revendique haut et fort de son grand-père Benito. Et récemment, tout se tient, c'est lui, qui a pris la décision d'interdire Carles Puigdemont et le président de la Generalité de Catalogne d'entrer dans le Parlement Européen pour y rencontrer des député-es européen-nes. Et cela, alors que, dans le même temps, il a autorisé Vox, le parti d'extrême droite espagnol à tenir une conférence dans ledit Parlement. Seul un député flamand a protesté haut et fort et est allé porter la contradiction à Vox !

Le plus grave est là : la double décision et le deux poids deux mesures en faveur des ultras de droite est passée comme une lettre à la poste. A l'heure qu'il est, si le hongrois Orban est sur la sellette du PPE, les institutions politiques de l'UE laissent faire les dérives profascistes de Tajani et laissent, dans cette logique, l'Etat espagnol, celui qui tolère encore les hommages à Franco, s'attaquer, en toute impunité, aux libertés fondamentales. Seule encore la Justice européenne semble pouvoir dire le droit et constituer un recours contre les mesures liberticides espagnoles, tout comme les justices belge et allemande ont fait sur la question catalane, en rejetant les demandes d'extradition des exilé-es.

Curieux paradoxe, en forme de schéma inversé, d'une judiciarisation espagnole du politique en termes liberticides face à une judiciarisation européenne du politique en défense des libertés. C'est une contradiction, couplée à celle, interne à l'UE, entre sa politique proEspagne anticatalane et des décisions de ses justices protectrices des libertés en faveur des exilé-es indépendantistes catalan-e-s, sur laquelle il est fondamental de jouer. Mais dans la perspective de renforcer la mobilisation populaire qui est la seule garante que la démocratie, comprise dans son double versant (à intimement lier) politique et social (également national si émancipateur), pourra résister aux vents mauvais du moment.

Cibler Tajani, mettre le Parlement Européen au pied de mur sur ce qui se passe en Catalogne et dans l'ensemble de l'Etat espagnol, activer les solidarités dans celui-ci, comme dans toute l'UE, et travailler à reconstituer l'alternative au système "libéral-autoritaire" du capital qui sécrète ce retour du refoulé fasciste relooké, c'est tout un.

Et déjà, au moins par la pensée, et plus si possible, soyons tous et toutes Catalan-es à Madrid avec les solidaires "Espagnol-es" ce samedi pour leurs libertés qui sont aussi les nôtres (lire ici) ! Contre le procès politique en cours, pour l'abandon des accusations et la mise en liberté des détenu-es !

 

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