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Billet de blog 22 mai 2021

Macron et l'Afrique : de la poudre de perlimpinpin...

"Sans changements profonds et radicaux, ce sommet de Paris sur les financements des économies africaines, tout comme le sommet « Afrique-France » de Montpellier, désormais reporté à octobre prochain, ainsi que les grandes déclarations d’Emmanuel Macron, ne seront que de grossières manœuvres permettant à la France d'étendre son influence et sa domination sur le continent africain."

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"La France a accueilli ce mardi 18 mai, à l’invitation du président français, Emmanuel Macron, un Sommet sur le financement des économies d’Afrique subsaharienne avec une quinzaine de chefs d’Etat africains, ainsi que des responsables européens et d’institutions financières et commerciales internationales comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Il s’est agi, officiellement, de venir en aide à un continent pour lequel la pandémie s’est surtout manifestée sous la forme d’une grave crise économique encore pire que celle de de 2008. Il a ainsi vu une contraction son PIB de 2,1%, une première depuis 25 ans, mais aussi une chute des investissements directs étrangers ainsi que des transferts de fonds de la diaspora qui constituent une des principales sources de financement du continent, au moins deux fois plus que l’aide publique au développement. Selon le FMI, ces pays pourraient se trouver face à un déficit de financement de 290 milliards $US d’ici 2023 alors que, pour faire face aux effets de la pandémie, ils pourraient avoir besoin de 425 milliards d’ici à 2025."

"Cette fois-ci, avec ce nouveau sommet, il s’agissait pour Emmanuel Macron de mettre en place « un New Deal du financement de l’Afrique » reposant notamment « sur des solutions profondément novatrices ». Faut-il vraiment croire le président français sur parole ? Il est permis d’en douter. Les solutions envisagées n’ont rien de « novatrices », elles sont dans la droite ligne des remèdes infligés depuis des décennies, responsables des faiblesses structurelles des pays africains. Elles les ont notamment enfermés dans un modèle extractiviste ravageur et peu rémunérateur qui les rend, de surcroît, dépendants et extrêmement vulnérables aux chocs exogènes, comme on a encore pu le constater récemment lors de la chute du cours des matières premières.

Ce « New Deal » macronien est une déclinaison du « Consensus de Paris » exposée en novembre dernier, lors d’un entretien du président français au Grand Continent. Comme souvent avec Emmanuel Macron, sous un emballage se voulant disruptif, ce sont les mêmes recettes libérales éculées qui sont servies : il s’agit ici, en l’occurrence, malgré les dénégations, de remettre encore plus le sort des économies africaines entre les mains d’intérêts privés et de la finance. On s’en doute, leur préoccupation première n’est pas la philanthropie ou l’intérêt public mais le rendement de leurs investissements. L’un des outils de prédilection de cette politique ce sont les partenariats public-privé (PPP), ces conventions par lesquelles le financement et la gestion de services publics sont confiés à des prestataires privés. Décriés en Europe, notamment par la Cour des comptes européenne (CCE) pour qui ils « ne peuvent être considérés comme une option économiquement viable pour la fourniture d’infrastructures publiques », et en France, où la Cour des comptes a fustigé son coût et « son insoutenabilité financière », amenant le gouvernement d’Emmanuel Macron à y renoncer, les PPP font pourtant encore l’objet dune large promotion, y compris par la France, par le truchement de l’Agence française de développement (AFD), auprès des pays africains.

Plus profondément, derrière un laïus qui se veut moderne, se niche une vision du développement archaïque. Celle qui domine depuis le discours d’investiture de Harry Truman de janvier 1949 et qui le réduit à une dimension économique et comptable donnant aux pays du Nord vis-à-vis de ceux du Sud un objectif messianique prenant le relais de la « mission civilisatrice » du temps des colonies.

Non seulement la logique qui sous-tend le sommet de Paris est dangereuse pour les pays africains, mais elle est évite soigneusement d’aborder et d’interroger les causes profondes et premières de leur situation désastreuse"

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