Avertissement : concernant la page Commentaires de ce billet, lire la note à la fin de ce billet.
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Aux élu-es de la région Occitanie (municipalités, conseil départemental, Région)
Mesdames et Messieurs,
Nous, Collectif de Solidarité avec la Catalogne, nous adressons à vous, élu-es à divers échelons de l’Occitanie, pour attirer votre attention sur la situation que connaît la Catalogne, de l’autre côté des Pyrénées, à seulement quelques centaines de kilomètres de nous.
Le grand meeting de Montpellier le 9 janvier (liens en fin de page)
Nous ne doutons pas que vous ayez connaissance des événements qui s’y sont produits entre le 1er octobre de l’an passé et aujourd’hui… Il nous semble cependant qu’ils ne sont pas toujours évalués à leur juste mesure, à leur juste gravité, car trop de choses ont été passées sous silence ou ont été déformées sur ce qui motive notre action de solidarité avec la Catalogne. Nous voulons parler, entre autres, des violences policières qui se sont exercées, ce 1er octobre, contre une population qui n’aspirait qu’à une chose, s’exprimer démocratiquement et pacifiquement sur la possibilité, ou pas, de faire de la Catalogne une république indépendante.
Nous voulons seulement rappeler ceci : les Catalan-es ont toujours fait le choix des urnes pour exprimer leur volonté politique et ils ont ainsi expérimenté, pendant quarante ans, dans le cadre d’une Constitution dont nombre d’historiens ont montré qu’elle n’était pourtant pas issue de procédures démocratiques aussi évidentes qu’il est souvent dit, ce que l’on a appelé le régime des Autonomies. En 2005 un réaménagement du Statut régissant l’Autonomie catalane a été approuvé par le Parlament, le parlement catalan, mais aussi par le Congrès des député-es espagnol ainsi que par référendum en Catalogne. Or ce texte a été « nettoyé » jusqu’à en rendre méconnaissables les avancées pourtant approuvées aux trois niveaux consultatifs évoqués, sur saisine du Tribunal Constitutionnel par le Parti Populaire alors dans l’opposition. C’est sur la base et seulement sur la base d’un tel déni de démocratie que le peuple catalan, par les mandats qu’il a, par la suite, légalement octroyés à ses représentant-es élu-es, a fait le choix de s’exprimer sur l’option alternative à un « autonomisme » ayant épuisé sa capacité à répondre à ses aspirations, la consultation référendaire d’autodétermination. Principe d’autodétermination qu’il estime être un des droits fondamentaux de la citoyenneté européenne.
Se refusant à accepter la main tendue du Govern catalan de négocier ce référendum, le gouvernement de Madrid a tout fait pour empêcher qu’il se tienne. Cela s’est traduit par des violences policières, dont nous avons parlé, qui se sont exercées contre une population pacifique désireuse seulement d’exprimer ses choix civiques et, malgré tout, ce sont plus de deux millions de personnes qui ont affirmé ce droit d’expression et, à une écrasante majorité, ont confirmé le mandat donné à leurs élu-es d’organiser le passage à une République indépendante. La réponse du gouvernement central, avec l'appui d'un Tribunal Suprême et d'une Cour Constitutionnelle, dont certains juristes espagnols mettent en doute l'impartialité, s’est traduite par le renversement du Gouvernement catalan, l’emprisonnement de certains de ses membres ou l’obligation faite à d’autres de partir en exil, également par les poursuites judiciaires à leur encontre, ou encore la dissolution du Parlament. Toutes ces mesures extrêmes n’auront pourtant pas empêché qu’à l’élection législative catalane de décembre dernier, décidée par l’Etat espagnol lui-même, le mandat donné par le référendum d’autodétermination ait été largement confirmé. Or le gouvernement de Madrid, désavoué dans les urnes, maintient « l’état d’exception » dont parle un éminent juriste espagnol, peu suspect de sympathies pour l’indépendantisme : des élu-es à cette consultation, ainsi que deux responsables associatifs, sont toujours emprisonné-es, l’investiture parlementaire du nouveau Govern et de la Présidence de la Généralité se voit conditionnée aux desiderata de Madrid et non fondée sur la volonté populaire exprimée, par majorité absolue, dans les urnes.
Notre objectif n’est pas, par cet exposé des faits auquel peu de médias français ont procédé, de vous convaincre de soutenir la décision d’indépendance républicaine qui est le choix de la majorité des Catalan-es. Seulement de bien vouloir considérer, avec nous, que ce n’est pas par la violence, la judiciarisation de la politique, la destitution des représentants du peuple, que l’on règle des différends politiques du type de celui que nous venons d’évoquer.
Nous vous demandons de ne pas cautionner, par une absence de prise de position, l’anomalie démocratique qui s’est installée en Catalogne. Nous souhaiterions que vous délibériez, dans vos instances respectives, sur ce qui est aussi une anomalie préjudiciable pour l’Europe elle-même, dans l’espoir que vous choisissiez, selon l’expression à votre convenance, de demander la libération des prisonniers politiques, la cessation des poursuites judiciaires dont ils sont l’objet, ainsi que d’autres visant des personnes qui sont provisoirement laissé-es en liberté. Il nous apparaît aussi important que vous envisagiez d’émettre le vœu solennel qu’une négociation soit mise en place pour que soient respectés les choix politiques de la population catalane et que donc il soit mis fin, suite à l’élection du 21 décembre, à l’application de l’article 155 de la Constitution, dont au demeurant des juristes contestent le bien-fondé … constitutionnel. Ce qui permettrait que tant le Gouvernement que le Parlement catalans retrouvent, sans plus tarder, leurs prérogatives institutionnelles. Rien ne doit empêcher quiconque, pas plus le Président destitué qu’un-e autre élu-e, de (re)prendre ses fonctions si tel est le vœu du Parlement nouvellement élu.
Il en va de la démocratie outre-Pyrénées mais aussi de la démocratie de ce côté-ci des Pyrénées car la défense des droits qui sont associés à cette idée de démocratie est, devrait être, transfrontière.
Dans l’attente de connaître les décisions que vous aurez été amené-es à prendre suite à la lecture de cette adresse et comptant sur votre compréhension du sens que nous donnons à cette démarche, recevez, Mesdames et Messieurs, nos meilleures salutations.
Le 15 février 2018
Collectif Catalogne de Montpellier
A l'actif du Collectif Catalogne de Montpellier
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Note
Un lecteur cherchant à défouler ses obsessions à partir de mes billets sur la Catalogne, pollue systématiquement les commentaires qu'ils suscitent. Les propos les plus délirants y sont tenus et je me rends compte qu'il m'entraîne sur le terrain glissant de la colère.
J'en viens à penser que tout cela est une perte de temps et d'énergie, doublée d'une dérive vers une polémique dans ce que cela a de plus stérile. Je vais donc mettre un terme à ce que ce "délirant" stérilise les discussions à partir de mes billets: je ferme définitivement la page Commentaires desdits billets. Il va falloir que ce méchant personnage aille défouler ses aberrations sous d'autres cieux... Ceux et celles qui voudraient m'entretenir sérieusement, objections aidant si nécessaire, sur ce que j'écris, sont invité-es à le faire sur ma messagerie personnelle du blog.