Espagne. Le Coronavirus tue un irréductible antifranquiste... Billy el Niño respire !

Billy el Niño, Billy l'Enfant... Ironie terriblement amère du surnom. 'Chato' Galante : "C'est un tortionnaire compulsif, probablement l'image parfaite de ce que fut la répression de la dictature". 'Chato' Galante s'est battu comme un lion pour que son impunité (c'est un tortionnaire, non c'était...), comme celle de ses semblables toujours en vie, soit levée. Le Coronavirus a choisi son camp...

José María 'Chato' Galante, l'un des fondateurs et dirigeants de la Liga Comunista Revolucionaria (LCR), avait été arrêté à plusieurs reprises par la police franquiste et torturé par le tristement célèbre et toujours impuni Billy el Niño. Il était actuellement l'une des principales figures des activistes, anciens prisonniers politiques pour certains, mobilisés pour que cesse cette impunité qui est la tache originelle de la démocratie espagnole.

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Son engagement et celui de ses camarades les avaient amenés à prendre acte que l'Etat espagnol, tant du côté de la Justice que des politiques, feraient irrémédiablement barrage à toute tentative de rendre justice aux persécuté.e.s et assassiné.e.s par le franquisme ainsi qu'à leurs familles spoliées, discriminées et humiliées. Ils s'étaient alors tournés vers la juge argentine María Servini qui, au nom de la "justice universelle" et de l'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité, instruit les accusations contre les responsables de la dictature encore en vie, dont ce sinistre Billy el Niño mais aussi contre l'ancien ministre Martín Villa, responsable de la mort de 5 ouvriers grévistes de Vitoria en 1976. Relevons que Martín Villa, à ce moment-là, était ministre des Relations Syndicales du dernier gouvernement franquiste, celui de Arias Navarro, et que cinq mois après il allait devenir le Ministre de l'Intérieur, de celui que l'Espagne a célébré comme le grand artisan du retour de la démocratie, aux côtés du roi "affairiste" Juan Carlos, Adolfo Suárez...Tous des recyclés du franquisme...

Hommage donc à Chato Galante, victime du Coronavirus, pour une vie d'engagement pendant le franquisme mais aussi à contrecourant des mystifications sur lesquelles s'est fondé le retour de la démocratie espagnole en amnésie/amnistie de cette dictature. Ce fil rouge est précieux pour comprendre ce qu'est aujourd'hui, par-delà, les chatoiements d'un gouvernement "progressiste", la réalité politique espagnole : certes non dictatoriale mais non largement défranquisée...(lire ici en espagnol)

Chato Galante apparaît à plusieurs reprises dans le documentaire émouvant sur les fosses du franquisme : "Le silence des autres" (lire ici)

22h58

Dans la presse espagnole

Fallece el activista y preso del franquismo Chato Galante con coronavirus

eldiario.es

Chato, la tenacidad del rebelde | ctxt.es

Muere el activista por la memoria democrática José María Galante, "Chato" (InfoLibre)

Muere a los 72 años el activista y expreso político 'Chato' Galante por coronavirus (La Sexta)

On trouvera ici, dans un tweet d'hommage de Pablo Iglesias, la vidéo de son entrevue en 2018 avec José María dans son émission La Tuerka. Le lien sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?time_continue=69&v=8GoavbWpKx0&feature=emb_logo

Público

Una última de gambas, Chato. Por favor

El activista y expreso político del franquismo Chato Galante fallece por coronavirus

El testimonio íntegro de las torturas que sufrió: "Conseguí salir del 'reino de irás y no volverás' con dignidad"

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