ARLETTE CHARLOT
Indignée
Abonné·e de Mediapart

27 Billets

0 Édition

Billet de blog 6 avr. 2021

ARLETTE CHARLOT
Indignée
Abonné·e de Mediapart

Gianpiero COLLA, MBF Aluminium et la disparition de 10,5 millions € (modif le 20/04)

La fermeture de cette fonderie, annoncée sur ce blog dès 2018, risque de devenir prochainement une triste réalité. Cependant, malgré des prélèvements indus d’au moins 10,5 millions €, la responsabilité de l’actionnaire n’est guère évoquée. Les médias, les salariés et leurs représentants n’incriminent que le seul comportement des clients, PSA et Renault, pour le non-respect des engagements pris.

ARLETTE CHARLOT
Indignée
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Complément à la publication précédente

Le 20 avril 2021, le journal "Le Progrés" dénonce

les malversations de Gianpiero COLLA © Le Progrés (pdf, 206.4 kB)

sans la moindre complaisance. Il est bien regrettable que  les représentants du personnel, informés depuis 2018,  de ces détournements n'aient jamais demandé des comptes à leur Direction, certains même allaient jusqu'à soutenir cet escroc. Et pourtant, dés 2018, G Colla avait, en réunion de CE, menacé de m'attaquer en diffamation. Il ne l'a jamais fait !! Espérons que cet article du Progrés qui valide mon analyse et surtout la diffuse largement, n'arrive pas trop tard.
Quant à l'expert du CE, ses rapports d'expertise étaient bien timorés et n'alertaient pas vraiment les élus du CE. Et le commissaire aux comptes désigné par G Colla a validé sans la moindre réserve, les comptes de MBF.
Les principales victimes de ces agissements seront les salariés directs et indirects avec toutes les conséquences négatives sur la petie ville de Saint Claude dans le Jura.

Suite de l'article

Gianpiero Colla est un affairiste italien, grand spécialiste des  liquidations d’entreprises françaises . (voir l’historique de ses méfaits restés impunis, (Art. 2018) et (Art. 2020) ).

MBF aluminium dépouillée de ses ressources

Dés la reprise de cette fonderie jurassienne en juillet 2012, G Colla ne cessera de procéder à des transferts de fonds vers sa holding anglaise CMV .

G Colla investit 50 002 € et prélève 10,5 millions € entre 2013 et 2020

Des redevances (Management Fees) d’un montant cumulé de 4,7 millions € , sans aucune justification (Source : Projet de plan de continuation 25 mars 2021).

Des dividendes de 1,7 million €, versés en mars 2017 et prélevés sur les résultats passés (Source : Comptes 2017 et 2019) et « non déclarés » pendant plusieurs années. (Article) Mis en rapport avec le montant du capital investi, une telle rémunération paraît exorbitante.

Le non remboursement d’un prêt de 4,1 millions : en 2013, CMV emprunte 4,1 millions € à MBF, et durant les années suivantes, ne procède à aucun remboursement.
En 2019, G Colla déclare unilatéralement que CMV ne paiera pas sa dette, soit une perte sèche pour MBF de 4,1 millions €.
Le résultat 2019 en est lourdement impacté, un déficit de 7,6 millions €. (Source : Rapport sur les comptes 2019).

Les explications apportées ne sont guère convaincantes et procèdent plus d’un enfumage qui , malheureusement, semblent convaincre certains médias mais aussi  les salariés et leurs représentants.

Et ce n’est peut-être que la partie visible de l’iceberg 

L’importance des honoraires versés, 4,8 millions €, en cumul durant les 8 années de gestion de G Colla pourrait bien masquer d’autres transferts (Source : Projet de plan de continuation).
Comment justifier un tel montant de dépenses ? Il semblerait (Rapport 2017 de l’expert du CE) qu’une part importante est constituée de commissions commerciales.
Or l’activité de MBF, sous traitance pour deux constructeurs automobiles PSA et Renault, ne peut justifier de telles charges de marketing.

La masse salariale de la structure représente 30% de la masse salariale totale, soit 4,4 millions par an sur un total de 14,3 millions € (Source : Projet de plan de continuation et Comptes 2013 à 2019).
Ce montant particulièrement élevé s’ajoute aux frais de management fees, et d’honoraires. Le coût de gestion de la structure paraît ainsi démesuré et excessif.

Au 31 décembre 2019, un montant de 8,6 millions € reste dû à MBF (Comptes 2019). Qui doit cet argent à MBF ? Quand et comment sera-t-il remboursé ? Aucune explication n’est donnée dans le rapport de présentation des comptes 2019. D’autres prêts accordés à CMV ? A fonds perdus ?

4/11/2020 : MBF Aluminium mis en redressement judiciaire

Le comportement de l’actionnaire n’est pas le seul responsable, mais contribue largement à la chute de MBF. En effet, outre cette perte de ressources d’au moins 10,5 millions €, MBF se heurte à la perte de confiance des financeurs extérieurs :  la présentation du déficit 2019, 7,6 millions €, ne les incite guère à accorder un soutien financier.

MBF n’obtient pas  de financement des banques, pas même le prêt garanti par l’Etat, (PGE, mesure du COVID), ni même une aide de la BPI - Banque publique d’investissement-.

La baisse des commandes de PSA et Renault, les profondes mutations du secteur de la sous traitance automobile constituent, certes, des facteurs d’aggravation de la situation financière de la fonderie jurassienne mais sont loin d’être les seuls en cause.

L’avenir pour MBF et les propositions de reprise

A ce jour, une seule proposition de reprise a été déposée par …. Gianpiero Colla.

Ses conditions (Source : Projet de plan de continuation)

Annulation des dettes sociales : 6,4 millions €

Versement d’une subvention de l’Etat : 6,5 millions €

Licenciement de 80 salariés sur un effectif de 282 salariés.

G Colla ose demander 12,9 millions € d’aide de la collectivité pour licencier 80 personnes. On reste stupéfait devant tant d’arrogance et de provocation !!!

Au lieu d’envisager des subventions à fonds perdus, ne faudrait-il pas, au contraire, exiger le remboursement des sommes indûment perçues par CMV, et procéder à d’éventuelles poursuites judiciaires.

Et pourquoi, avec ces 12,9 millions € d’aides, ne pas envisager une reprise par les salariés ? 

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Sobriété : le gouvernement a un plan, mais qui pour l’appliquer ?
L’exécutif annonce de nombreuses mesures pour réduire la consommation d’énergie de 10 % d’ici à 2024. Mais presque tout est basé sur le volontariat et les moyens de mise en œuvre restent flous. 
par Jade Lindgaard
Journal
Altice obtient une censure d’articles à venir au nom du secret des affaires
Le groupe de Patrick Drahi demandait en référé, au nom du secret des affaires, la censure de trois articles publiés par le site Reflets et exploitant des documents interne mis en ligne par des hackers. Le tribunal de commerce a rejeté cette demande mais ordonne au journal de ne plus écrire sur le sujet.
par Jérôme Hourdeaux
Journal — Migrations
En France, « rien n’a été prévu » pour accueillir les exilés russes
Depuis le début de la guerre d’invasion russe en Ukraine, des centaines de Russes sont venus chercher refuge en France. Confrontés à un manque criant de politique d’accueil et à des obstacles en tout genre, ils ont surtout trouvé de l’aide auprès de réseaux d’entraide.
par Nejma Brahim
Journal
Procès France Télécom : une condamnation pour l’exemple ?
Le 30 septembre, les anciens dirigeants de France Télécom ont vu leur condamnation pour « harcèlement moral institutionnel » confirmée en appel. Leur politique de départs forcés, menée à partir de 2007, avait débouché sur une vague de suicides. Mais les responsables échappent à la prison ferme. Quelle portée pour ce jugement ?
par À l’air libre

La sélection du Club

Billet de blog
Leur sobriété et la nôtre
[Rediffusion] Catherine MacGregor, Jean-Bernard Lévy, et Patrick Pouyanné, directrice et directeurs de Engie, EDF et TotalEnergies, ont appelé dans le JDD à la sobriété. En réponse, des professionnel·les et ingénieur·es travaillant dans l'énergie dénoncent l'hypocrisie d'un appel à l'effort par des groupes qui portent une responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Un mea culpa eût été bienvenu, mais « difficile de demander pardon pour des erreurs dans lesquelles on continue de foncer tête baissée. »
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
Transition écologique ou rupture sociétale ?
La crise actuelle peut-elle se résoudre avec une transition vers un mode de fonctionnement meilleur ou par une rupture ? La première option tend à parier sur la technologie salvatrice quand la seconde met la politique et ses contraintes au premier plan.
par Gilles Rotillon
Billet de blog
Doudoune, col roulé et sèche-linge : la sobriété pour les Nuls
Quand les leaders de Macronie expliquent aux Français comment ils s'appliquent à eux-mêmes les injonctions de sobriété énergétique, on se prend à hésiter entre rire et saine colère.
par ugictcgt
Billet de blog
Reprendre la main pour financer la bifurcation sociale et écologique
Attac publie ce jour une note intitulée « Reprendre la main pour financer la bifurcation sociale et écologique ». Avec pour objectif principal de mettre en débat des pistes de réflexion et des propositions pour assurer, d’une part, une véritable justice fiscale, sociale et écologique et, d’autre part, une réorientation du système financier.
par Attac