Rapide mise au point sur la sécurité sociale et l'entreprise

Je ne compte plus les commentaires haineux sur la sécurité sociale... Les français ont complètement oublié son rôle crucial dans l'équilibre de notre société. C'est sûrement une des raisons qui explique la crise actuelle.

Je reviens donc ici rapidement sur le rôle de la sécurité sociale et le fumeux "coût du travail en France".

Ce billet est un complèment au billet que j'ai écrit voilà 2 ans maintenant.

Primo : Au sortir de la 2de guerre mondiale, le CNR a conclu que le nazisme n'était possible que dans une société exsangue, de miséreux sans avenir et totalement aliénés. Bref, il fallait absolument garantir une vie décente à TOUS, quelle que soit sa situation professionnelle et encore plus quand il s'agit d'enfants. Donc garantir la santé, le logement, des moyens pour élever ses gosses et un minimum pour vivre en cas de perte d'emploi ou d'arrêt d'activité. C'est ça la sécurité sociale !

La sécurité sociale est un bijou qu'il faut dorloter ! Sans elle, les salariés seraient encore plus les pantins du patronat, car tout dépendrait de votre patron. Il aurait un contrôle total sur vos vies.

Secundo : Et la sécurité sociale est la seule défense efficace des salariés contre les patrons parce qu'elle est prélevée directement sur le salaire ! Elle ne passe JAMAIS dans les poches du patron, elle passe directement en masse salariale, donc ne peut pas faire l'objet d'une optimisation fiscale. L'impôt au contraire s'applique sur les revenus. Partant de là tout et n'importe quoi est possible. D'autant plus que l'impôt est redéfini tous les ans dans la loi budgétaire. Bonjour l'instabilité.

Tertio : Pour info, je suis à mon compte. Travailleur indépendant. Je conseille des entreprises pour optimiser leurs activités (il y a du boulot...). Et bien croyez le ou non, le salaire n'est pas un problème en France. Au contraire même. C'est un facteur de croissance. Les salariés français sont très bons, très productifs, très efficaces, très autonomes. Très souvent, on ressort une entreprise du bourbier où elle est en réduisant les investissements et en augmentant la masse salariale. Et oui, car les coûts financiers, eux, sont exorbitants. Et un investissement est une mise en esclavage direct auprès des financeurs. La mécanisation et l'automatisation à outrance sont une hérésie qui mène tout droit à la faillite (on tombe sur le concept d'excès d'innovation de Keynes).

Parmi les autres vraies charges de l'entreprises on peut également parler du niveau de gaspillage des ressources. La logistique n'existe pas en France, les patrons n'y comprennent rien ! Ils pensent que logistique = transport... Débile. Or la logistique c'est savoir s'approvisionner, produire et distribuer des biens et des services adaptés à la demande du marché. Et là, c'est l'horreur. Notre niveau d'efficacité est nul. Et ça, ça pèse énormément dans notre efficacité économique : mauvais rendement, mauvaise productivité, déclassement de produits, invendus, mise au rebut....

Enfin un problème grave pour les entreprises aujourd'hui est la réduction drastique des contrôles de l'urssaf et de l'inspection du travail. Il n'y en a presque plus. Or ces contrôles sont une garantie pour les entreprises vertueuses de ne pas subir la conccurence déloyale de patrons malhonnêtes qui exploitent leurs salariés. Et oui, c'est ça l'avenir de la France avec les projets du PS, de l'UMP et du FN : un pays où seuls les entrepreneurs les plus excécrables gagneront. Plus tu seras une ordure, plus tu te feras du pognon. Je ne suis pas sûr que la majorité des patrons veuille une situation pareille, car la majorité des patrons n'est pas constituée de crevures et n'aurait pas le coeur à traiter ses salariés comme de la merde. Surtout quand le dit patron est lui-même un travailleur de l'entreprise... Donc tous ces patrons sympas se feront bouffer par ceux qui ne le sont pas et par les grosses boîtes sans scrupules, où les patrons n'en ont rien à taper de leur "masse salariale".

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.