Avoir 20 ans dans cette «année 20-20»!

Après le «2019 rien de neuf», nous y sommes en 2020, dans cette magie des chiffres ronds, une sorte de 20 sur 20. Et près de moi, ils auront 20 ans. Mon petit-fils et mon neveu. Et je veux leur souhaiter un début de décennie d'enthousiasmes et de plaisirs partagés, d’engagement de vie et d’humanité autour d'eux!

L'un est à Paris, l'autre à Braga. Tous les deux, ont la chance de pouvoir grandir en fréquentant les bancs de l'université, en apprenant de nouvelles choses, d'étudier ce qu'ils ont choisi, de faire des rencontres qui leurs donnent des ailles et des idées. Des amitiés, des reconnaissances, de l'estime des autres et de soi! Heureux dans leurs passions, leurs musiques, leurs amours...

Et la capacité de confronter leurs certitudes juvéniles pour mieux mesurer la contradiction, accepter leurs doutes et être disponibles à la complexité des choses.

Et ils ont la chance de vivre dans des pays où la parole publique est libre, la croyance religieuse ou l'appartenance politique étant le choix de chacun.

Avoir 20 ans pour moi ce n'est pas qu'une date, un cap, une échéance! C'est que j'avais 20 ans quand je suis arrivé à Paris.

À la fois “pas le choix” du migrant, du réfugié. Et aussi le rêve -Paris- de celui qui n'avait jamais voyagé, qui avait beaucoup entendu parler, beaucoup lu. La découverte d'un autre horizon, d'une autre langue, d'un autre air... bref d'une autre respiration! Et surtout d'approcher la démocratie quand on fuit son pays, version totalitaire.

...le fil de leur temps.”

Mais depuis, “Mudam-se os tempos, mudam-se as vontades [Changent les temps, changent les volontés] dit le poète, Camões, si bien mis en chanson par José Mário Branco* et nous sommes et surtout ils seront, confrontés à des choix de vie plus forts, voire plus radicaux que je ne l'ai été.

Il me semble qu'avoir 20 ans, aujourd'hui, l'engagement qui les attend voire qui s'impose, c'est celui de la défense de l'environnement et contre la dérégulation du climat. La prise de conscience que la préservation du bien commun est aussi le combat contre les inégalités sociales. En même temps... “les fins du mois et la fin du monde”!

Ils seront aussi confrontés à cette moderne course vers le progrès, peut-être même seront-ils des acteurs. Mais parfois un progrès dont les conséquences peuvent déshumaniser, exclure, stigmatiser tous ceux qu'ont considère “pas à la hauteur”.

Quelle tâche, quel avenir et quel défi pour leur génération!

Pour moi, pour nous des générations d'avant, ce rappel de Confucius, “rappelle-toi que ton fils n'est pas ton fils, mais le fils de son temps... Et quel beau projet de vie, Nilam et Pedro, de pouvoir s'approprier et s'engager dans le fil de votre temps!

* *

Et peut-être pourront-ils s'y attarder..., une instructive phrase d'Edgar Morin, sur France Culture du 30 décembre 2019, qui va dans le sens de ce que j'aimerais savoir transmettre:

"Aujourd’hui, il y a deux barbaries qui nous menacent et s’amplifient, l’une très bien connue, vient du fond de l’histoire, c’est celle de la domination, du pouvoir, de la conquête, de la torture (…) L’autre barbarie moins visible, c’est celle de notre civilisation, la barbarie glacée du calcul parce que de plus en plus, la connaissance devient un rapport quantitatif, le taux de croissance, le PIB, les sondages d’opinion. Bien sûr qu’il faut s’aider du calcul, mais le calcul ne connaîtra jamais ni l’émotion, ni l’amour, ni la haine, tout ce qui fait notre nature humaine."

Résultat de recherche d'images pour "mafalda colère"

et si à Quino! merci.

"El amor es mayor que el odio y la esperanza mejor que el miedo"

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.