Certes, ‘‘indignez-vous’’ ne suffit plus, il date de 2010 et presque quinze ans plus tard nous cherchons encore une mobilisation contre les atteintes à la probité, à l’éthique, à la justice sociale. Et pourtant nos raisons de nous indigner sont nombreuses.
Les deux quinquennats de Macron, à eux seuls donnent à voir les manettes utilisées par le pouvoir, comment par l’appropriation de la démocratie en la détournant son clan se sert de l’État. Démantèlement du service public, les violences faites aux opposants notamment militants pour l’environnement, contre la réforme des retraites ou toute contestation organisée réclamant plus de justice et de liberté.Tout en érigeant en doctrine de l’État une politique favorable aux puissants groupes économiques qui dominent le marché.
Pratiquant la réduction des mesures indispensables et urgentes pour la protection de la nature et la défense de l’environnement, autorisant entre autres les pesticides, néfastes et graves pour la santé publique (et coûteuses pour la sécu...), le pouvoir entend plutôt réduire les prestations de la santé pour soi-disant faire des économies à la Sécurité Sociale.
Les options des gouvernements Macron, soumis aux lobbys de agro-industrie via Fnsea, les soutiens ouverts à l’enseignement privé ou la privatisation de la santé, l’utilisation de la police pour mater les manifestations déplaisant au pouvoir avec l’appuie du lobby de la police via son syndicat Alliance.
Pour poursuivre cette politique avec Bayrou, comme auparavant avec Attal ou Barnier, la Macronie avait besoin d’un cran au-dessus avec le pouvoir d’influence et, l’assurance d’un serviteur dans la plus haute juridiction de l’État. Le Conseil constitutionnel étant l'unique juge de la constitutionnalité des lois et renforcé dans ce rôle par la création du contrôle à posteriori. Ferrand, serviteur dès la première heure, soupçonné de conflit d'intérêts (et enrichissement pour sa compagne), ignorant le droit mais sachant s'en servir. C'est lui qui a nommé une Conseillère, Véronique Malbec, qui avait été procureure générale près la cour d’appel de Rennes en 2017, et donc responsable hiérarchique du magistrat du tribunal de Brest ayant classé sans suite l'enquête préliminaire sur l'affaire des Mutuelles de Bretagne qui le mettait en cause.
De l’édito du Monde de jeudi, voici un extrait qui souligne la responsabilité du président qui, par son choix contribue à "affaiblir le Conseil Constitutionnel au pire moment".
"[...] C’est pourquoi les conditions dans lesquelles a été validée, mercredi 19 février, la candidature, proposée par Emmanuel Macron, de Richard Ferrand à la présidence de cette haute juridiction, apparaissent inquiétantes. Si la candidature de ce fidèle du président de la République a été approuvée par un vote au sein des commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat, il s’en est fallu d’une seule voix que la majorité qualifiée des trois cinquièmes qui aurait entravé le processus ne soit atteinte. L’extrême faiblesse de cette confirmation affaiblit le chef de l’État, déjà impopulaire selon les sondages.
M. Macron ne semble pas avoir mesuré le risque qu’il prenait en faisant le choix − hasardeux − d’un fidèle aux compétences juridiques limitées et à l’indépendance contestable. Le président de la République ne semble pas non plus avoir anticipé le piège politique qui s’est refermé, mercredi, sur l’une des plus hautes institutions de la République".
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‘‘INDIGNONS-NOUS’’ j’ai envie de crier, de partager avec les autres citoyens.ennes, comment le pouvoir d’un président tout-puissant détourne et affaibli l’état de droit au bénéfice de son clan financier et idéologique...! Comment ce pouvoir nous jette dans les "arcanes" d'une extrême-droite aux aguets!
* * C’est mon 3ème billet sur la péripétie Ferrand... tant cette séquence de la politique de Macron me semble révélatrice du danger social, politique, démocratique pour le pays. Mais j’arrête là ma ‘‘petite campagne’’ que ni Ferrand, ni Macron ne liront et n’ont rien à secouer! -ferrand-1- * -ferrand-2-