de Rugy: “pas de quoi fouetter un... canard”?

"Pas de quoi fouetter un ....Canard" a l'air de dire l'hebdo du mercredi, dont nous sommes nombreux à le réserver pour le menu du jour. Même s'il s'exprime peu sur l'im-partialité des commissions d'enquête il ne dédouane pas M de Rugy tout en minimisant la portée des révélations.

Canard enchaîné versus Mediapart?

Les commissions d'enquête laissent apparaître que les règles (on ne sait pas exactement lesquelles) ont été à peu près respectés, le “détournement de fonds publics” (verser les cotisations à son parti avec ses indemnités de frais de mandat) n'était qu'une avance de trésorerie, remboursée depuis. Ces libertés aux frais du contribuable rappellent que dans une société où tous les citoyens sont égaux, de Rugy fait partie de ceux qui le sont un peu plus que les autres...

On sait que le Canard n'apprécie pas toujours l'investigation à la mode de Mediapart. D'après ce que je peux comprendre étant lecteur des deux, la réciproque est vrai. Vraisemblablement le charisme de l'un n'est pas bien perçu chez l'autre et vice-versa. Pour autant, tous les deux “férus” défenseurs d'une presse indépendante me paraissent indispensables dans l'actuel panorama de la presse en France -papier ou en ligne-.

Et quand on dit presse libre, on est en droit de ne pas suivre l'un ou l'autre sur certains articles ou certaines prises de position. Un journal libre suppose que les lecteurs le soient également!

Aucun n'a l'exclusivité, et c'est bien ainsi, de la pertinence des sujets ni de l'impertinence des propos... et nous avons besoin des deux!

Le Canard rappelle tout de même que “le homard de Rugy n'est pas seul dans son casier” et ajoute plus loin “... en 2013 et en 2014, Rugy a puisé dans cette cassette pour régler sa cotise aux écolos et a profité, du même coup, d'une sympathique ristourne fiscal (6000 euros) au titre des dons aux partis. Une pratqieu interdite depuis la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique- ce que rappelle chaque année la Commission Nationale des comptes de campagne. Or, non seulement l'infraction est couverte par la prescription fiscale, mais en plus Rugy a réalisé une banale opération de trésorerie (c'est moi qui souligne), entre son compte IRFM et son compte courant”.

Du coup le palmipède rappelle qu'en 2010, “François Sauvadet (UDI), actuellement président du conseil départemental de la Côte d'Or, a fini de rembourser un prêt qui lui avait permis d'acquérir, en 1994, une sympathique bâtisse avec piscine pour 124 000 euros ; il en est toujours le proprio. L'ancien ministre de l'éducation de Sarko Luc Chatel, lui, a acheté sa permanence de Chaumont (Haute-Marne) en 2003 pour 211 000 euros et l'a revendue en 2014 pour 280 000 euros. Petit jouer...” conclu le Canard.

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de Rugy parti pour (trois fois) rien?”

D'ailleurs, le Journal du Dimanche titre, dans son édition de dimanche dernier: "François de Rugy est-il parti du gouvernement pour (trois fois) rien?"

Qu'au regard de beaucoup d'autres parlementaires peu scrupuleux, voire carrément “escrocs”, le de Rugy a été pris pour “pas grand chose” à ceci près que “le fait qu'il considère cela comme normal et injuste laisse entendre qu'il oublie l'humilité de la fonction, de la charge qui est la sienne, à un moment où des sacrifices sont constamment exigés des citoyens...”

Car “ce qui est injuste c'est qu'il est loin d'être le seul et que ces pratiques sont des habitudes dans lesquelles il a chaussé ses chaussons avec une très grande facilité alors même qu'il était le premier à faire des leçons d'éthique, de transparence et de rigueur”.

“Enfin le contrôle est interne et donc partial. Les députés au motif d'une vision bien caricaturale et étanche de la séparation des pouvoirs (il n'y a que dans ce cas qu'ils l'exigent ces députés godillots au service du pouvoir exécutif), n'acceptent aucun contrôle extérieur, même pas judiciaire. Heureusement que la Cour de Cassation a enfin mis fin à cette interprétation. Mais il faudrait que dans ce type de cas la HATVP intervienne. Et surtout que les frais de ces hautes fonctions soient réglementés. Le problème essentiel tient à l'absence de règles, ce qui pour un représentant de l'assemblée chargée de faire la loi ne manque pas de croustillant”, commentait Jérôme un de mes amis.

Apparemment en “haut lieu” ils pensent qu'il y a urgence. Même si le président dénonce la presse qui dénonce, le premier ministre et l'actuel président de l'Assemblée se sont empressés de publier des communiqués pour imposer des plafonds de dépenses et créer un « groupe de travail », dont « l’objet consistera à proposer toutes les mesures qu’il jugera utiles pour renforcer les règles et procédures budgétaires de la Présidence de l’Assemblée nationale ».

Tout ceci ce n'est pas “trois fois rien” et s'il n'y a pas de “pas de quoi fouetter un chat”, il y a de quoi exiger que les responsabilités ne soient pas diluées dans des discours ou des arguties juridiques et d'opportunité. Au fond de cette “corruption à petits pas des valeurs de la démocratie”.

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“Qui vole un œuf vole un bœuf”

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