“Qui vole un œuf vole un bœuf”

Haro sur Mediapart pour avoir mis en cause un respectable président de l'assemblée de la République et ministre d’État pour une histoire de “homards géants et grands crus made in France”! Mais voilà, François d R. qui s'est indigné et juré que jamais il ne mangeait de crustacés, avait dans son palmarès d'autres trophées. Le proverbe populaire, pour réducteur qu'il soit, ne se trompait pas!

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Que se cache sous le homard?

C'est qu'en effet l'attitude de prendre des largesses avec les deniers publics (repas “somptueux” aux frais de la princesse), donne envie ou peut-être inspire d'autres libertés avec l'argent des contribuables.

Les personnages de cette trempe s'estiment en quelque sorte au dessus “de tout et de tous”, légitimant comme un droit-personnel de toute puissance, propre à son rang...

L'occupation d'un logement, à vocation sociale, utilisé certains week-ends pour exercer un droit d'hébergement suite à une séparation. Le ministre n'aurait pas été informé, du caractère social de ce logement principal, ce qui est surprenant pour un homme public, aussi engagé que lui dans ces questions et qui ait ignoré les conditions de son logement!

Le clou étant le fait qu'il se sert des deniers publics pour verser un peu à son parti et ensuite le déclare pour bénéficier d'une réduction fiscale. Voilà ce qui cachait le homard...

L'autre aberration pour un ministre d’État sensé défendre l'environnement. Pour ces virées hebdomadaires dans son coin, il prenait le train, son chauffeur la voiture et comme ça il avait à sa disposition pour le week-end la voiture et le conducteur. Même si pour les questions de sécurité (son argument) la Préfecture était en capacité de lui fournir le nécessaire (c'est sa responsabilité et sa fonction), on pourrait surtout dire que “pour être proche des "gens", faire des économies et protéger l'environnement, monsieur le ministre prend le train!”

Rappelons que l'ex-ministre avait été candidat à la primaire socialiste pour la présidentielle 2017, et qu'il s'était engagé à respecter le résultat (il avait obtenu 3,9%). Mais le vent tourne, il court vers l'écurie En Marche et, une fois élu, devient Président de l'Assemblée nationale. Ralliement bienvenu qui lui a porté bonheur avant de devenir ministre à la place de Hulot qui habiterait un logement "vétuste" selon de Rugy... d'où la nécessité de travaux coûteux!

Nos combats: corruption et écologie!

Cette démission ouvre à la réflexion car elle englobe bien deux aspects de nos combats actuels. Celui de la corruption et celui de l'écologie.

Le discours sur la “moralisation de la vie politique” me paraît en deçà de l'exigence démocratique et de l'attente des citoyens. C'était dans le programme de Macron, on voit le résultat ou la volonté politique. Il ne s'agit pas de moral -ou que de moral- mais de respect du bien commun et des valeurs de la démocratie. Ces comportements de "petit propriétaire" des biens de la République, accroché à ses avantages ministérielles, pourraient être considérés comme des actes de “corruption de la démocratie”.

C'est de la corruption dont il s'agit et on voit bien que sans la presse les Cahuzac, Benalla... courraient toujours. Les journalistes ce ne sont pas des “justiciers” mais ils sont dans leur rôle d'apporter des informations aux citoyens, aux électeurs, aux contribuables sur ceux qui, une fois élus s'estiment propriétaires de la démocratie, au-dessus de tout soupçon ... et de l'éthique!* Diffuser l'information et participer à l'action d'Anticor c'est une façon, entre autres, de rester en alerte et activement contre la corruption.

L'autre combat est celui de l'écologie. Une sensibilité forte s'est manifestée lors des européennes, comme une prise de conscience de l'urgence climatique et environnementale. Et pourtant, c'est toujours comme avant.

En deux ans c'est le troisième ministre, le premier est parti dénonçant les lobbys et les atermoiements de la Macronie en matière environnementale. Le deuxième s'étouffait avec les homards qu'il ne pouvait pas manger, sans avoir laissé la trace de ses engagement dans la lutte pour l'environnement, même pas la défense des crustacés. Et la troisième, le jour de son investiture annonce que le train des fruits et légumes qui desservait Perpignan-Rungis -MIN (marché d’intérêt national)- est suspendu jusqu'au 1er novembre. 1 train=3 tonnes de CO2 remplacé par 50 poids-lourds=44 tonnes de CO2. Notons que cette troisième ministre n'est plus Ministre d’État comme les deux précédents. Symboliquement, et pas que, c'est un signe que l'écologie, après de Tugy compte moins dans la hiérarchie du gouvernement...

Le président Macron s'engage pour le climat...* et là aussi ce ne sera que la mobilisation citoyenne, et le comportement engagé de chacune et chacun de nous, qui pourra faire évoluer la prise de conscience écologique au quotidien, sachant que ce quinquennat, pas mieux que les autres, ne manifeste pas dans les actes une volonté politique pour l'écologie.

Vendredi 12 juillet, des manifestants demandaient la reprise du train reliant Perpignan et Rungis. C’est chose faite depuis lundi 15 juillet.

Vendredi 12 juillet, des manifestants demandaient la reprise du train reliant Perpignan et Rungis. C’est chose faite depuis lundi 15 juillet... mais suspendu jusqu'au 1er.novembre. In Le Parisien *  AFP/Raymond Roig 

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